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Georges Dany : C’est un honneur de diriger l’équipe nationale mais c’est une responsabilité aussi 

Mirande Youssef, Lundi, 14 avril 2014

L’Autrichien Georges Dany, 53 ans, a signé un contrat d’un an renouvelable avec la Fédération égyptienne de judo pour diriger la sélection nationale. Il fait le point sur la discipline qui a connu une régression ces dernières années. Interview.

Georges Dany
Georges Dany.

Al-Ahram-Hebdo : Vous avez accepté le poste de directeur technique de la sélection nationale de judo, pourquoi ?

Georges Dany : Avant tout, je veux souligner que c’est un honneur pour moi que la Fédération égyptienne de judo me propose la direction de la sélection nationale. C’est une équipe respectable qui a réalisé de nombreux exploits au niveau africain et international. C’est vraiment un honneur, mais une grande responsabilité aussi. J’ai accepté cette mission pour plusieurs raisons. J’ai suivi le judo africain et arabe durant ma carrière en tant que coach de certaines sélections africaines comme celles de l’île Maurice, du Népal et des Seychelles. L’Afrique a eu beaucoup de stars. Concernant l’Egypte, j’ai découvert que le judo est une discipline phare en Egypte qui a réalisé plusieurs exploits. Les stars égyptiennes sont connues depuis les années 1980, comme le judoka Mohamad Rachwane qui a décroché une médaille de bronze aux JO de Los Angeles en 1984. Plus récemment, j’ai pu suivre les exploits de Hicham Mesbah et de Ramadan Darwich qui ont décroché chacun une médaille de bronze aux Mondiaux 2007. Ajoutons aussi l’exploit réalisé aux JO de Pékin 2008 par Hicham Mesbah, médaillé de bronze. C’est donc une bonne équipe qui possède des judokas prometteurs. Je suis sûr qu’ils m’aideront à mener à bien ma mission.

— Vous avez commencé votre mission il y a quelques semaines. Qu’avez-vous réalisé depuis ?

— Il faut d’abord préciser que je suis le directeur technique de toutes les équipes, toutes catégories d’âge confondues, et que mon contrat est d’une année renouvelable. J’ai commencé mon travail dès mon arrivée, le 20 janvier dernier. En premier, j’ai demandé aux responsables de la Fédération de regrouper les judokas de tous les clubs afin d’effectuer des éliminatoires pendant trois jours et de sélectionner les meilleurs éléments. Mon objectif était de former une nouvelle équipe solide et jeune regroupant les meilleurs judokas d’Egypte. Après ces éliminatoires, j’ai réussi à créer une équipe de 30 judokas dont les trois quarts sont âgés entre 17 et 19 ans. Ensuite, je vais entamer un programme d’entraînement, qui débutera par un stage fermé au Centre olympique de Maadi en vue de connaître de près les judokas. Vers la mi-février, l’équipe se déplacera au Japon pour un stage. Mais avant de commencer à travailler sur la technique, je m’intéresserai plus à la forme physique, car c’est le point de départ de tout judoka compétent.

— Quels sont vos objectifs principaux ?

L’équipe a connu un déclin depuis 2010, car aucune bonne performance n’a été réalisée. Aux JO de Londres en 2012, l’équipe a été éliminée dès le premier tour. Mon objectif est d’améliorer la compétence de l’équipe pour rééditer les exploits du passé. J’ai des objectifs à court terme et d’autres à long terme. A court terme, c’est la saison 2014 qui comprend plusieurs tournois importants. Pour les seniors, l’objectif est le titre des Championnats d’Afrique en juin prochain au Tchad. Les Mondiaux qui auront lieu en Russie en août prochain seront un autre objectif. C’est un grand défi pour moi. A long terme, je dois également bien préparer l’équipe pour Rio De Janeiro 2016. Pour les juniors, il y a les Championnats d’Afrique en mars prochain, en Tunisie, qualificatifs pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ).

Je compte aussi assurer des sessions de formation pour les entraîneurs égyptiens. J’ai un diplôme d’entraînement de l’Université de Bucarest. C’est pour cette raison que la Fédération a inclus une clause dans mon contrat concernant la formation des entraîneurs.

— Pour réaliser ces objectifs, quelle sera votre stratégie avec l’équipe nationale ?

— J’ai bien étudié les points forts et faibles de l’équipe nationale. Les judokas sélectionnés sont connus par leur force physique et musculaire, ce qui est très important pour un sport de combat comme le judo. Mais je dois travailler avec eux sur la condition physique. La souplesse est nécessaire pour l’accomplissement des différentes techniques comme la technique de projection qui vise à déséquilibrer l’adversaire pour le faire tomber et la technique de contrôle visant à dominer l’adversaire. La souplesse est ce qui manque aux judokas égyptiens, rendant ainsi la réalisation des techniques très faible. L’expérience est un autre facteur absent au sein de l’équipe. Cela ne peut être acquis qu’à travers l’augmentation du nombre de tournois.

Parcours

1989-1995: Entraîneur et manager du club High Performance Judo Club Manner en Autriche.

2001-2003: Directeur technique de la sélection qatari.

2005-2008: Coach de la sélection autrichienne.

2009 : Coach au Népal.

2010 : Directeur technique de la sélection des Seychelles.

2010-2011: Directeur technique de la sélection algérienne.

2012 : Coach dans une école de judo en Afrique du Sud.

2013 : Coach dans une école de judo en Chine et coach de la sélection de l’île Maurice.

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