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Une étoile montante de la lutte féminine

Mirande Youssef , Mercredi, 03 avril 2024

Nada Medani, 23 ans et pesant 50 kg, a décroché son billet olympique pour Paris 2024 en se hissant en finale de sa catégorie lors du tournoi de qualification Afrique-Océanie qui s’est achevé la semaine dernière à Alexandrie. Portrait.

Une étoile montante de la lutte féminine
Nada Medani vise le podium aux JO de Paris.

Un parcours qui ne doit rien au hasard, une détermination sans faille, un mental d’acier et de grandes capacités sportives : la jeune Nada Medani possède tous les atouts nécessaires pour devenir une grande lutteuse. Nada a brillé lors du tournoi de qualification Afrique-Océanie qui s’est achevé la semaine dernière à Alexandrie. En quarts de finale, elle a battu la Kényane Emma Wangila sur le score de 11 à 0. En demi-finale, dans un match très disputé, elle a vaincu la Nigériane Miesinnei Mercy sur le score de 7 à 5. « J’ai réalisé cet exploit en battant une adversaire très forte, classée 9e mondiale. Cette performance est d’autant plus précieuse que c’est grâce à elle que j’ai pu concrétiser mon rêve d’aller à Paris. Il s’agira de ma première participation aux Jeux Olympiques (JO). J’ai également amélioré mon classement de la 39e à la 7e place mondiale », affirme fièrement Nada, qui est la seule lutteuse de l’équipe féminine à avoir décroché son billet olympique lors de ce tournoi de qualification. Quant aux hommes, 8 lutteurs ont validé leur billet pour Paris (4 en lutte libre et 4 en gréco-romaine).

Originaire de la ville d’Assouan, Nada a débuté sa carrière à l’Institution militaire d’Alexandrie où elle réside depuis son enfance. Rien ne la prédestinait à pratiquer la lutte. A l’âge de 14 ans, elle pratiquait le kung-fu. Elle a commencé la lutte par curiosité et a rapidement constaté que ce sport lui convenait mieux que le kung-fu. « Je me sentais épanouie en le pratiquant. J’ai découvert que ce sport correspondait davantage à mes aptitudes que le kung-fu et j’ai pu assimiler rapidement les techniques, ayant déjà développé ma condition physique grâce à ma pratique antérieure du kung-fu. Mon entraîneur, chargé de détecter les talents, a vite remarqué mes aptitudes et m’a proposé un programme d’entraînement plus intensif », raconte Nada.

Pour progresser dans cette discipline, Nada doit faire preuve d’une grande détermination et d’une persévérance sans faille face à des entraînements intensifs. « Depuis mes débuts à l’âge de 13 ans, je m’investis pleinement dans ce sport qui requiert non seulement une grande puissance physique et musculaire, mais aussi une volonté de fer. C’est un sport extrêmement exigeant et la plupart des lutteurs abandonnent vite », souligne-t-elle. Après avoir intégré l’Institution militaire d’Alexandrie, elle possédait une performance qui lui avait permis d’intégrer l’équipe des juniors à seulement 15 ans. « Sa soif d’apprendre et sa passion pour la lutte l’ont aidée à progresser rapidement et à se consacrer pleinement à ses entraînements. Je suis convaincu que Nada possède toutes les compétences nécessaires pour réaliser des succès significatifs dans le monde de la lutte », confie son entraîneur. Cette jeune lutteuse a surpris l’équipe technique en 2016 en remportant une médaille de bronze aux Championnats du monde des moins de 17 ans. Championne d’Afrique juniors et féminine depuis 2016 jusqu’en 2023, elle a également obtenu sa seconde médaille de bronze aux Championnats du monde des moins de 23 ans en Espagne en 2022.

Après avoir obtenu sa qualification pour les Jeux de Paris, Nada se concentre sur son objectif : se préparer en perfectionnant sa technique, son endurance, sa résistance et son mental. Tout est mis en oeuvre pour réaliser le meilleur parcours possible aux JO de Paris. « Mon objectif est d’acquérir davantage d’expérience, de perfectionner mes techniques afin de faire mes premiers pas vers le professionnalisme et de gravir les échelons jusqu’à la plus haute marche, à l’image de la lutteuse Samar Hamza qui est pour moi un modèle », conclut-elle.

L’ambition de Nada est d’atteindre le sommet du classement mondial, à l’instar de la championne Samar Hamza, première lutteuse à avoir fait connaître cette discipline, habituellement associée à un univers masculin, chez les femmes.

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