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Ebtissam Zayed : Je suis la première cycliste égyptienne à intégrer le top 100 UCI

Marianne Youssef , Vendredi, 07 avril 2023

La vedette de la sélection de cyclisme Ebtissam Zayed, 28 ans, revient sur sa participation à la Coupe du monde de cyclisme sur piste, qui s’est achevée la semaine dernière au Caire. Interview.

Ebtissam Zayed

Al-Ahram Hebdo : Vous avez participé à la Coupe du monde de cyclisme au Caire. Pouvez-vous nous en parler ?

Ebtissam Zayed : Il s’agit de la deuxième étape de la Coupe du monde dont la première a été tenue en Indonésie en février dernier. Quant à la troisième, elle est tenue à Milton au Canada en avril. Les trois étapes attribuent des points pour la qualification olympique. Ce rendez-vous mondial, qui a été tenu à l’International Cycling Track au Stade du Caire, est une compétition organisée par l’UCI qui regroupe plusieurs épreuves de cyclisme sur piste. Bien que la chance ne m’ait pas souri, puisque j’ai été classée 15e en course à l’élimination et 20e en omnium, j’ai participé à cette coupe afin de poursuivre la collecte des points que j’avais accumulés lors de la première étape de la Coupe qui s’est déroulée en février dernier en Indonésie. Si le résultat n’est pas à la hauteur de mes espoirs, c’est parce que la concurrence était féroce, notamment face aux Etats-Unis et à la Nouvelle-Zélande. A titre d’exemple, en omnium, j’ai fait face à des cyclistes très fortes comme la championne olympique américaine Jennifer Valente.

— Quelles sont les étapes qui vous restent pour assurer votre qualification aux Jeux Olympiques (JO) de Paris ?

— Il me reste encore cette étape en avril à la Coupe du monde à Milton au Canada. L’objectif est de collecter des points pour réaliser le minima qualificatif fixé par l’Union internationale de cyclisme. Il s’agit pour moi de ma troisième participation olympique. En effet, je suis la seule cycliste égyptienne à participer à deux JO, à savoir ceux de Rio, où j’ai remporté une 27e place à l’épreuve de vitesse, et de Tokyo, où j’ai remporté une 18e place à l’épreuve d’omnium.

— Pouvez-vous nous parler de vos débuts ?

— Je suis originaire de la ville de Suez. J’ai nourri une passion pour le vélo dès ma plus tendre enfance. A l’âge de 15 ans, j’ai commencé à pratiquer la natation au club de l’Institution militaire du gouvernorat de Suez. Mais j’ai vu un jour un groupe de jeunes filles qui s’entraînaient sur leurs vélos. C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’intégrer l’équipe de cyclisme du club. C’était pour moi une discipline particulière, où l’on est seul face à soi-même pour maîtriser le temps, dompter le vent et supporter les moments de souffrance. Grâce à mes bons résultats dans les compétitions nationales, j’ai intégré la sélection junior à l’âge de 13 ans. Mes résultats m’ont donné l’envie de continuer le vélo, même s’il s’agit d’un sport qui ne jouit pas d’une grande popularité. A 17 ans, j’ai intégré la sélection dames, où j’ai continué à enchaîner les bonnes performances. J’ai ainsi été sacrée championne d’Afrique de 2011 à 2022.

— Quels sont vos plus grands exploits ?

— Mon plus important exploit, ce sont les 3 médailles d’or et une d’argent obtenues au Championnat d’Espagne de cyclisme en 2022. J’ai raflé 3 médailles d’or dans 3 épreuves (scratch, course à élimination, omnium), une d’argent dans l’épreuve de la course à l’américaine et une de bronze dans l’épreuve de la course aux points. Je suis la première cycliste égyptienne à intégrer le top 100 UCI (Union internationale de cyclisme). J’ai également raflé 30 médailles d’or tout au long de mon parcours et je domine le podium africain depuis 2011. Je suis fière de réaliser ces exploits alors que le cyclisme est toujours resté dans l’ombre en Egypte, sans grands résultats sur la scène africaine ou internationale. Le cyclisme est un sport qui n’attire pas les jeunes, vu qu’il ne peut pas être pratiqué dans les clubs. Pour s’entraîner, on a besoin de longues routes goudronnées. Et vu que ce sport ne se pratique pas dans les clubs, il est difficile pour les parents d’accompagner leurs enfants pour l’entraînement.

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