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Mohamad Safouat : Si j’intègre le top 200, je pourrai participer aux JO de Rio 2016

Mirande Youssef, Lundi, 30 septembre 2013

Le tennisman Mohamad Safouat, 24 ans, 245e ATP et nº 1 égyptien, revient sur sa performance cette saison qui lui a permis de gravir le classement mondial, pour devenir le premier Egyptien à atteindre le top 300 à cet âge. Interview.

Mohamad Safouat
Mohamad Safouat

Al-Ahram Hebdo : Comment avez-vous pu améliorer votre classement mondial en 6 mois, pour atteindre le top 300 ?

Mohamad Safouat : C’est vrai. J’ai pu en 6 mois intégrer le classement mondial. En mai dernier, mon classement mondial était 340 ATP (Association of Tennis Professionals), mais aujourd’hui, j’ai atteint le top 300, car je suis actuellement 245 ATP. Cette amélioration est due essentiellement à ma participation aux nombreux tournois qui m’ont permis de gagner des points. Le Championnat international de Charm Al-Cheikh, qui a commencé en janvier 2013 et se dispute toutes les semaines, m’a permis de récolter un bon nombre de points. J’ai participé aussi à des tour­nois Challenger en Turquie, au Maroc, au Qatar et en Ouzbékistan. C’est une première pour un tennisman égyptien d’être dans le top 300 du classement ATP à ce jeune âge. Le seul Egyptien qui a pu atteindre le top 200 était Tamer Al-Sawi, qui était 125 ATP.

— Pouvez-vous nous donner plus de détails sur le Championnat de Charm Al-Cheikh qui se déroule depuis le début de l’année ?

— Il faut préciser d’abord qu’en tennis, le nombre de tournois influence le classement des joueurs. C’était là l’un des problèmes des tennismen égyptiens, car la Fédération égyptienne de tennis n’avait pas les moyens financiers pour permettre aux joueurs de participer à beaucoup de tournois. Beaucoup d’entre eux ont un bon niveau, mais n’arrivent pas à améliorer leur classement mon­dial. Mais la Fédération a réussi, en coopération avec la Fédération internationale de tennis, à organiser ce championnat toutes les semaines et à l’intégrer dans la liste des tournois qui permettent de gagner des points. Ce championnat a réuni des joueurs du monde entier et a aidé les tennismen égyptiens à améliorer leur classe­ment sans se déplacer à l’étranger. C’est un tournoi Future qui est la première catégorie de jeu et la plus facile. En 2014, la Fédération organisera des tournois Challenger qui sont plus diffi­ciles et qui accordent aux tennismen plus de points. Cela me per­mettra d’atteindre le top 200 dans quelques mois.

— Vous vous entraînez en Espagne depuis 2008. Quel est votre programme d’entraînement ?

— Oui. C’est vrai. Je m’entraîne depuis 2008 à l’Académie Juan Carlos Ferrero en Espagne, l’une des grandes nations de tennis sous la houlette de l’entraîneur espagnol José Lido. Je passe 8 mois dans cette académie, et le reste de l’année je m’entraîne en Egypte avec mon entraîneur Mohamad Nabil. Le fait d’avoir un sponsor, le club Wadi Degla, m’a aidé à bénéficier de ce genre d’entraînement de haut niveau. Grâce à ce sponsoring, j’ai pu progresser et entamer l’étape de professionnalisme. Ce genre d’entraînement de haut niveau m’a beaucoup aidé à améliorer plusieurs techniques comme la volée de revers, et aussi la vitesse et la force.

— Vous dites être le seul Egyptien à bénéficier d’un sponsor. comment cela se fait-il ?

— C’est la chance qui m’a permis de rejoindre le club Wadi Degla en 2008. Vu mes bons résultats, le président du club, Khaled Al-Chawarbi, a décidé de me sponsoriser pendant dix ans. Il faut noter que l’affaire du sponsor est un vrai problème, surtout pour le tennis égyptien, car les hommes d’affaires ne sont pas enclins à dépenser de l’argent pour ce sport qui n’est pas rentable et qui n’est pas populaire en Egypte comme le football. Je suis tenu d’atteindre un objectif chaque année. Par exemple, la saison dernière, le but était d’atteindre le top 400 et j’ai pu le réaliser. Pour cette année, je dois atteindre le top 300, et j’ai pu le réaliser aussi. Si j’échoue, je serai menacé de perdre le sponsoring. Voilà pourquoi le manque de sponsoring affecte le niveau de la discipline en Egypte. Si cette opportunité est fournie à d’autres tennismen, on verra dans quelques années des tennismen professionnels.

— Quels sont vos objectifs pour la période à venir ?

— Je vise le top 200. Je dois donc bien travailler ces deux sai­sons pour améliorer mon classement. J’ai besoin de 100 points pour réaliser ce but. Si j’intègre le top 200, je pourrai participer aux JO de Rio De Janeiro 2016, car seuls les joueurs du top 200 y participent.

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