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Samar Hamza : Mon prochain objectif sera de hisser le drapeau de mon pays aux prochains Jo de Tokyo

Mirande Youssef, Dimanche, 21 mars 2021

La lutteuse égyptienne Samar Hamza (-76 kg) a réalisé une première en lutte féminine en se classant deuxième mondiale et en remportant une médaille d’argent au tournoi international d’Italie qui s’est achevé la semaine dernière à Rome.

Samar Hamza

Al-Ahram Hebdo : Vous avez gagné une médaille d’argent au Championnat international d’Ita­lie. Que représente cela pour vous ?

Samar Hamza: Je voudrais préciser qu’il s’agit de la deuxième édition de ce tournoi international intitulé Ranking Series. Il est organisé par la Fédération internationale de lutte qui a pour but d’améliorer le classement mondial. C’est un tournoi qui rassemble les meilleurs lutteurs et lutteuses du monde. C’est un honneur pour moi d’être la première lut­teuse égyptienne à réaliser un tel exploit pour la lutte féminine. Grâce à cette victoire, je suis promue 2e au classement mondial. C’est un bon indicateur de mon niveau et un excellent test avant les prochaines échéances. Dans l’en­semble, je suis satisfaite de la manière dont j’ai lutté, surtout après la suspension des activités sportives due à la pandémie du Covid-19. Cette victoire me montre que je suis sur la bonne voie. J’ai été transportée de voir le dra­peau égyptien flotter parmi les grandes nations de la discipline. Mon prochain enjeu sera le titre olympique et je ferai tout mon possible pour voir s’élever à nouveau les couleurs de mon pays aux prochains Jeux Olympiques (JO) de Tokyo.

— Pouvez-vous nous donner les détails de votre épopée romaine ?

— La concurrence était très rude, car toutes les lutteuses sont des championnes internatio­nales et olympiques.Au final, j’ai réalisé un excellent parcours. En quarts de finale, je n’ai trouvé aucune difficulté à éliminer mon adver­saire italienne Mathilde Caldarelli, 10-0. En demi-finale, j’ai continué mon chemin en bat­tant, lors d’un combat acharné, l’Italienne Enrica Rinaldi, 11-0. Mais en finale, j’ai été battue par la Canadienne Erica-Elisabeth Wiebe, 0-10, championne olympique de Rio 2016 et tenante du titre de la dernière édition de ce même tournoi.

— Comment êtes-vous parvenue à un tel niveau ?

— Pour survivre dans cette discipline, il faut beaucoup de courage, car les entraînements sont ardus. C’est le fruit de longues années de travail et de persévérance. Depuis que j’ai commencé à pratiquer à l’âge de 16 ans, je me réalise totalement dans ce sport qui exige non seulement une puissance physique et muscu­laire, mais aussi une volonté de fer. C’est une discipline très exigeante et la plupart des lut­teuses abandonnent très tôt. Je poursuis un programme sévère d’entraînement depuis 2012. Je suis passée outre les critiques qui entourent la pratique féminine de ce sport considéré trop viril. Mais j’avais une volonté implacable qui m’a aidée à ignorer tous ces préjugés.

— Pouvez-vous nous donner une idée de ce qu’ont été vos débuts ?

— Je suis originaire de la ville d’Alexandrie. Je n’ai pas pratiqué cette discipline depuis ma tendre enfance. Ce n’est qu’à l’âge de 16 ans que j’ai décidé de quitter le karaté pour lui pré­férer la lutte. J’ai découvert que ce sport me convenait mieux. J’ai pu assimiler rapidement la technique de jeu, car le karaté m’avait permis d’atteindre la forme physique nécessaire. J’ai intégré la sélection dames en 2013 grâce à mes bonnes performances au niveau national. Dès ma première participation internationale, j’ai surpris l’encadrement technique en décrochant une médaille d’or aux Jeux méditerranéens d’Italie en 2015 et en remportant également le titre africain la même année.

— Quelles sont vos récompenses les plus notoires ?

— J’ai commencé à confirmer mes aptitudes en 2016 et les succès se sont enchaînés. En 2016, j’ai glané une médaille d’or aux Championnats d’Afrique. Aux JO de Rio en 2016, j’ai créé la surprise en me classant 12e. J’étais la première Egyptienne à attirer l’attention sur la lutte féminine peu connue, peu médiatisée, voire négligée par les responsables en Egypte. Depuis ma performance à Rio, les cadres de la Fédération égyptienne de lutte ont commencé à porter plus d’attention à la lutte féminine en réalisant qu’elle pouvait apporter une plus-value à la discipline. L’année 2018 fut une année faste pour moi, car j’ai réalisé d’ex­cellentes performances en me classant 5e aux Championnats du monde et en prenant une troisième médaille d’or aux Championnats d’Afrique. En 2019, j’ai décroché une médaille de bronze aux Jeux africains et une d’argent aux Championnats d’Afrique. En 2020, j’ai remporté le titre de championne d’Afrique.

— Quelles sont vos ambitions pour la période à venir ?

— Avant tout, j’espère que le classement mondial que j’ai réalisé à Rome aidera à pro­mouvoir cet art martial en Egypte et à attirer l’attention des dirigeants. Mon graal représen­terait une médaille olympique à Tokyo 2020 afin que la lutte féminine s’impose comme une discipline phare en Egypte. A l’avenir, je vais travailler avec mon entraîneur pour conserver mon niveau et perfectionner ma technique de jeu. Je suis consciente que mon rêve est sur le point de devenir réalité. C’est dans la perspec­tive de cette ambition que je vais oeuvrer ardemment pour me donner toute entière à l’en­traînement .

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