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La pongiste Dina Meshref au sommet

Mirande Youssef, Mercredi, 04 novembre 2020

Dina Meshref, 25 ans, est la première pongiste égyptienne à évoluer dans un club allemand et à atteindre la 32e place mondiale. Portrait de cette jeune pongiste, auteure d’une belle réussite.

La pongiste Dina Meshref au sommet
Dina Meshref vise une médaille olympique.

Une première pour le tennis de table féminin en Egypte, Dina Meshref est 32e au classement mondial et évolue dans l’un des plus grands clubs allemands de tennis de table, Langstadt. Dina dispute actuellement avec son club la Ligue allemande (Bundesliga), la plus haute division professionnelle de tennis de table opposant les meilleurs clubs allemands. Depuis son intégration au club, elle a rem­porté deux matchs aux premiers tours de la ligue, menant son club à la première place du classement. « C’est un plaisir pour moi d’être la première pongiste égyptienne à évoluer à l’étranger. Dans ce club, les conditions de jeu et les moyens mis à la disposition des joueuses sont énormes. J’ai rencontré l’élite mondiale et j’ai attiré vers moi les regards. Ici le niveau est semblable aux Jeux Olympiques (JO) », dit Dina avec confiance. Dans son club, cette jeune pongiste est une adepte de l’attaque. Elle maîtrise l’art de « la poussette », cette technique qui consiste à renvoyer dans le camp adverse une balle coupée pour gêner les attaques puissantes de l’adversaire ou encore le pousser à la faute. « J’ai appris dans ce club beaucoup de techniques de jeu. A titre d’exemple, j’ai appris à mieux déstabiliser mes adversaires, et ce, en variant mes coups et en les accélérant », assure-t-elle.

Dina a grimpé les échelons du classement mondial pour devenir la première pongiste égyptienne à figurer au sein de l’élite mon­diale de la discipline. En 2017, Meshref est passée en une seule année de la 92e place à la 40e place. Elle a amélioré son classement pour atteindre le top 40 grâce à ses bonnes perfor­mances lors de nombreux tournois, où elle a raflé des médailles d’or comme aux Championnats d’Afrique. Elle a atteint le stade des 16es de finale lors de plusieurs Coupes du monde. « J’ai pu atteindre ce clas­sement grâce au nouveau système mis en place à partir de 2017 par la Fédération Internationale de Tennis de Table (FITT), selon lequel les pongistes récoltent des points à travers les meilleures performances réali­sées dans les 8 tournois internationaux dispu­tés durant la saison. En vertu de ce nouveau système, j’ai pu collecter un bon nombre de points. Je dois tout mon succès à mon père Alaa Meshref, ex-président de la Fédération égyptienne de tennis de table, qui a assumé tous les frais de mes stages et tournois », explique Dina.

Du tennis classique au tennis de table

Dina a parcouru un long chemin depuis sa première raquette. C’est à l’âge de 7 ans au club Ahli qu’elle a commencé à pratiquer le tennis classique. Son père étant un ancien entraîneur de tennis de table, elle l’accompa­gnait pendant l’entraînement. « C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir une passion pour le tennis de table. J’ai décidé de quitter le tennis », raconte Dina. A l’âge de 12 ans, elle intègre la sélection junior de tennis de table et réalise son premier exploit en rempor­tant le Championnat d’Egypte alors qu’elle avait 13 ans. A 15 ans, elle capte l’attention lors de sa première participation africaine, car malgré son jeune âge, elle remporte une médaille d’or aux Championnats d’Afrique junior. En 2015, elle réalise un autre exploit en remportant la médaille d’or aux Jeux africains. « Grâce à cette médaille d’or, j’ai pu me qua­lifier pour les JO de Rio 2016. C’était ma deuxième participation aux JO, car j’avais déjà participé aux JO de Londres 2012 », assure Dina. En 2015, cette jeune pongiste commence son parcours professionnal en évo­luant dans un club turc pendant la saison 2015-2016. « Cette chance d’évoluer dans ce club turc m’a aidée à atteindre un statut pro­fessionnel. J’ai eu la chance d’effecteur avec ce club de nombreux stages d’entraînement en Chine, ce qui m’a aidée à améliorer mon style offensif », explique-t-elle.

Voulant à tout prix poursuivre son parcours vers le professionnalisme, Dina a accepté une offre d’intégrer les rangs d’un club suédois pour les saisons 2018-2019. « Mon adhésion à ce club était un vrai renfort pour moi, car j’ai disputé des matchs avec de grands clubs sué­dois, ce qui m’a certainement aidée à progres­ser. J’ai fait de mon mieux avec ce club et cela m’a donné l’opportunité de recevoir d’autres offres », raconte Dina. En 2020, elle a intégré le club allemand de Langstadt, où elle a eu la chance de côtoyer les légendes de la disci­pline. « J’avais entendu des choses très posi­tives sur ce club et les coachs me l’ont recom­mandé. Donc, j’y suis allée sans hésitation. Je pense que j’ai fait le bon choix, car j’ai beau­coup progressé », ajoute-t-elle.

Actuellement, Dina a les yeux braqués sur les prochains JO. En fait, l’Egypte a composté son billet olympique par équipe, mais elle l’a raté en individuel. « J’ai assuré ma qualifica­tion par équipe à travers les Jeux africains au Maroc où mon équipe a remporté la médaille d’or. J’ai plusieurs étapes à franchir : rempor­ter une médaille d’or à la Coupe du monde de Chine prévue en novembre, décrocher la Ligue allemande avec mon club et, enfin, obte­nir une médaille olympique à Tokyo ».

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