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Handball : Sanad, meilleur ailier droit de France

Marianne Youssef, Mardi, 07 juillet 2020

Le handballeur égyptien Mohamad Sanad, 29 ans, qui évolue au club français Nîmes, a remporté le trophée du meilleur ailier droit de la Ligue Nationale de Handball (LNH) en France pour la saison 2019-2020. Portrait de ce handballeur qui est parvenu à s’imposer au hand en Europe.

Handball : Sanad, meilleur ailier droit de France

Dans une campagne de vote organisée sur la page Facebook de la Ligue Nationale de Handball (LNH), le handballeur Mohamad Sanad a remporté le vote en s’adjugeant le titre du meilleur ailier droit pour la saison 2019-2020. Ce handballeur professionnel, qui évolue actuellement dans le club français Nîmes depuis 2017, a pu s’imposer parmi les handballeurs des 14 clubs professionnels que regroupe la LNH. « Je suis fier de gagner le trophée du meilleur ailier droit. Je suis reconnaissant pour tous ceux qui ont voté pour moi. J’étais honoré par la presse française en me comparant au footballeur Mohamad Salah. La presse a écrit : Liverpool football club a Mohamad Salah et Nîmes en handball a Mohamad Sanad », dit-il avec fierté.

Les débuts de ce handballeur étaient en Egypte dans une famille où le sport occupe une place importante, surtout le volley que son père pratique par plaisir. Après la natation et le squash, « Momo » comme on l’appelle dans son club, découvre le handball vers ses 8 ans, poussé par son père. « Comme j’avais toujours une balle à la main, il m’a dit : je pense que tu devrais essayer le hand ».

La découverte est rapidement concluante et cet enfant semble fait pour ce sport. C’est au club Héliopolis qu’il commence ses premiers pas. Il gravit tous les échelons avec une étonnante précocité. Un petit prince du hand qui intègre l’équipe première chez les seniors à seulement 15 ans. « J’ai eu la chance de commencer dans ce club et d’avoir un coach qui aimait bien les jeunes », raconte Sanad. En 2011, il intègre le club Zamalek.

Pendant deux saisons, l’équipe de Sanad prend le pouvoir et rafle tout sur la scène nationale et continentale : Championnat d’Egypte, une Ligue des champions et deux Supercoupes d’Afrique. Avec la sélection égyptienne, Sanad a réalisé de nombreux exploits. En 2012 et 2014, il réussit avec la sélection égyptienne de handball à décrocher une médaille de bronze aux Championnats d’Afrique des nations et une autre médaille d’or lors des mêmes championnats en 2016.

La même année, il participe avec la sélection aux JO de Rio où l’Egypte a remporté une 9e place. En 2017, il rafle avec la sélection égyptienne de handball une 13e place aux Championnats du monde en France. En 2018, il est finaliste des Championnats d’Afrique des nations et vainqueur des mêmes championnats en 2020.

Le rêve européen

Mohamad tente de concrétiser un rêve qui l’anime depuis le début de sa carrière qui est de jouer au hand en Europe. Des recherches vaines qui le contraignent à retourner dans son club formateur d’Héliopolis en 2013, l’obligeant également à occuper une autre activité à côté du handball. Ayant fait des études supérieures en architecture et en finances, il est embauché comme analyste financier. Mais Momo n’a qu’une obsession et ne lâche pas facilement son rêve. « J’ai sollicité au moins une dizaine d’agents. Je leur ai envoyé des vidéos et des CV », se souvient l’ailier.

En 2015, il reçoit une offre d’un club hongrois, Komlo, promu en première division hongroise. « C’était un petit club, mais je ne voulais pas regretter 10 ans après. Je n’avais rien à perdre, alors j’ai pris le risque », se rappelle-t-il. Après cette première expérience où il passe une seule saison, Momo voit sa carrière européenne débuter et il est repéré par le club de La Rioja qui est en train de s’implanter parmi les plus grands en Espagne. Il participe à la Ligue des champions européenne, mais doit quitter le club à la fin de l’année encore à cause d’un problème financier. « Le club a perdu son sponsor numéro 1 et 10 joueurs sont partis, dont moi », explique-t-il. Son rêve éveillé de jouer en Europe ne peut pas s’arrêter en si bon chemin. Il part donc en quête d’un nouveau challenge sauf que personne ne se bouscule.

« Le club Zamalek m’appelait 10 fois par jour pour revenir, mais je le faisais patienter au cas où, car je ne voulais pas rentrer. Durant ces trois mois, j’étais en dépression, jusqu’au 23 juin 2017 ». Une date dont il se souvient parfaitement, le jour où il signe son contrat avec le club de Nîmes. « Mon entraîneur Franck Maurice m’a proposé au président du club, David Tebib, qui a visionné plusieurs matchs dans lesquels j’ai participé. Il m’a ensuite intégré dans l’effectif nîmois », raconte Momo. Là-bas, Momo trouve une grande opportunité de jouer en Lidl Starligue qui est l’un des meilleurs championnats au monde regroupant les meilleures stars de la discipline. « Avec le club Nîmes, mon niveau a nettement progressé. J’ai disputé l’intégralité des journées du Championnat de France lors de ces premières saisons. J’ai réussi à devenir un des meilleurs buteurs du Championnat de France avec 288 buts pour une moyenne de 5 buts par match », dit Momo avec fierté.

Si le Pharaon a accompli son rêve de jouer en Europe, il n’est pas encore rassasié. Et pour arriver au sommet de la pyramide, Moma aspire à gagner encore des titres puisqu’il sera parmi le club nîmois jusqu’en juin 2023. « Je suis ambitieux et pas encore satisfait. J’ai encore beaucoup de rêves à réaliser pour honorer l’Egypte », conclut-il.

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