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Ali Farag : Mon principal objectif est de conserver ma place de numéro 1 mondial

Chourouq Chimy, Mardi, 12 mars 2019

Le joueur égyptien de squash Ali Farag, 26 ans, a réalisé ce mois-ci deux exploits. Il a décroché pour la première fois le titre de champion du monde de squash hommes et est devenu numéro 1 mondial. De Harvard aux courts professionnels, il revient sur son parcours atypique. Entretien.

Ali Farag

Al-Ahram Hebdo : Avant de devenir champion du monde de squash, quel chemin avez-vous parcouru ?

Ali Farag: A l’âge de 6 ans, j’ai joué au squash pour imiter mon frère, Waël Farag, que je consi­dère jusqu’à maintenant comme mon idole. Et dès la première minute, je suis tombé amoureux de ce sport. Mes parents don­naient toujours la priorité aux études et devaient me tirer du court tous les jours. Je continuais à jouer bien sûr, mais sans espoir de devenir un jour un joueur pro­fessionnel de squash. Mon rêve était alors de remporter le titre de champion du monde juniors, tout en menant à bien mes études. Mais en étant contraint de me consacrer complètement à celles-ci, je n’ai pas pu réaliser ce rêve. A ce moment-là et précisément en 2010, j’ai décidé d’arrêter le squash. Mais mon frère a refusé cette idée. Tout en m’encoura­geant à poursuivre mon parcours, il a promis de m’entraîner. Je me suis alors beaucoup plus consacré à l’entraînement et j’ai intégré la sélection égyptienne. Deux ans plus tard, on a remporté les Championnats du monde par équipe.

— Vous avez joué sous les couleurs de Harvard, une des plus prestigieuses universités au monde. Cela a-t-il boosté votre carrière?

— Ça a été une chance de jouer sous le nom de Harvard. Durant mes études, j’ai été deux fois champion des universités améri­caines et une fois champion par équipe en 2014. Toutefois, je n’ai jamais pensé à continuer à jouer. De retour en Egypte, je préparais mon mariage avec Nour Al-Tayeb, actuelle n° 3 mondiale. Et je prévoyais de réaliser des exploits dans le domaine de l’in­génierie de l’énergie solaire. J’avais alors 22 ans quand mon épouse, mon frère et mon entraî­neur Mike Way m’ont convaincu de continuer en circuit profes­sionnel de squash. Cela a été une importante étape de ma vie, car j’ai alors décidé de mettre mes études entre parenthèses et de poursuivre mon parcours de joueur du squash. Cela n’a pas été facile de repartir à zéro, en étant classé 88e joueur mondial. Mais, j’ai durement travaillé pour améliorer mon jeu, mes résultats ainsi que mon classement mondial. Mon objectif était simple : battre n’importe quel joueur et gagner tous mes matchs.

— Votre parcours jusqu’au titre de champion du monde a-t-il été facile ?

— Les Championnats du monde individuel sont l'un des événements les plus importants et prestigieux de l’agenda du circuit de squash, notamment depuis la hausse des prix, estimés à 500000 dollars. Donc, tous les joueurs participants, même ceux qui ne pensent pas décrocher le titre ou atteindre les finales, s’entraînent intensivement pour bien préparer cette grande compétition. La concurrence y est donc très rude. A cela s’ajoute le fait que mon tirage m’a mis face à des adversaires très forts. En quarts de finale, j’ai joué un match très difficile contre le Néo- Zélandais Paul Coll, actuel n° 7 mondial et qui possède la meilleure condi­tion physique dans tout le circuit hommes de squash. En demi-finale, j’ai rencontré l’Allemand Simon Rosner, actuel n° 5 mondial et qui est également un adversaire à craindre. Arrivant en finale, j’ai rencontré mon compa­triote Tareq Moëmen, actuel n° 3 mondial. Une finale très intense et diffi­cile qui a duré 76 minutes, car notre niveau est proche et on connaît chacun notre style de jeu. Mais celui qui possédait une forte men­talité et une grande motivation a remporté le titre. Je suis très content de l’avoir fait.

— A quoi attribuez-vous vos récentes performances ?

— L’expérience m’a beaucoup aidé. En outre, depuis un an et demi, je joue sous le nom du club de Wadi Degla, après avoir quitté Héliopolis, mon club de toujours. A Wadi Degla, je joue avec Karim Darwich, ancien joueur de squash et qui s’occupe actuelle­ment du secteur du sport au sein du club. Darwich m’a beaucoup aidé, notamment au niveau men­tal. Il m’a appris à gérer la pres­sion psychologique pendant les matchs. Une chose qui me man­quait et qui a eu des répercussions positives sur mes résultats.

— Pour la première fois de votre car­rière, vous êtes numéro 1 du classement mondial PSA. Commen y êtes-vous parve­nu ?

— Premièrement, ce classement est dû à un effort assidu sur de longues années. Devenir n° 1 mondial, ce n’est pas comme décrocher le titre de champion du monde lors d’un seul tournoi. Occuper la première place mon­diale n’a rien du hasard. Deuxièmement, je réalise depuis quelques mois de bons résultats, collectant de nombreux points, ce qui m’a permis de me hisser en tête du classement mondial. Au mois de novembre et de décembre 2018, j’ai remporté l’Open Black Ball en Egypte et j’ai terminé fina­liste de l’Open de Hongkong. Ensuite, j’ai remporté pour la pre­mière fois l’Open du Qatar. Au mois de janvier, j’ai remporté pour la première fois le tournoi des champions. Avec tous ces bons résultats, j’avais la certitude d’ar­river en tête du classement au mois de mars. Je me suis senti très fier et heureux lors de la publication officielle du classement du mois de mars, en plein Championnats du monde. Mais j’ai fait de mon mieux pour ne pas me laisser déconcentrer par ce succès en finale.

— Selon les experts de squash, vous devez votre succès sur le court à votre agilité et à votre rapidité. Qu’en pensez-vous ?

— C’est vrai. Je bouge facilement et agilement sur le court et fais le minimum d’effort en jouant. Je bats donc mon adversaire en le fati­guant, alors que je reste en forme. En outre, je m’entraîne à bien contrôler mes nerfs face à n’im­porte quelle forme de pression. On m’a conseillé d’être plus agressif en plein court. Toutefois, depuis mon enfance, mon message est qu’on peut être calme et poli et en même temps remporter des victoires.

— Dans quelle mesure votre mariage avec la joueuse Nour Al-Tayeb a-t-il influencé votre carrière ?

— Mon mariage avec Nour Al-Tayeb a influencé positivement ma carrière. J’ai de la chance d’être marié avec elle, car elle comprend très bien mon style de vie. Le rythme de vie d’un sportif est différent de celui des autres gens. C’est difficile d’être marié avec un joueur qui voyage 12-13 fois par an, mais Nour m’accompagne dans tous mes déplace­ments. De plus, puisqu’il est difficile, d’un point de vue financier, d’être accompagné par mon entraîneur, la présence de Nour joue ce rôle important et me donne de l’énergie.

— Quels sont vos objectifs d’ici la fin de l’année ?

— Mon principal objectif est de conserver ma place de numé­ro 1 mondial. Au mois de novembre 2019 se déroulera la prochaine édition des Championnats du monde indivi­duel. J’espère conserver mon titre. Ce n’est pas facile de maintenir le niveau du succès, mais je suis plein d’enthou­siasme et d’ambition et j’espère remporter d’autres victoires.

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