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Zamalek, le choc

Mohamad Mosselhi, Mardi, 20 mars 2018

Zamalek a été éliminé de la Coupe de la Confédération dès les 16es de finale, suite à sa défaite 3-4 aux tirs au but contre Wolaitta Dicha, dimanche 18 mars, au Caire. Une défaite humiliante pour les Blancs, qui vivent une saison des plus décevantes.

Zamalek, le choc
Malgré le doublé de Madbouli, Zamalek a quitté tôt la Coupe de la Confédération. (Photo : Yasser Al-Ghoul)

Pour la majorité des Zamalkawis, la défaite de l’équipe 1-2 contre la formation éthiopienne de Wolaitta Dicha, lors du match aller à Addis-Abeba, était inacceptable, vu la grande différence qui existe entre les deux équipes. Mais malgré leur colère, les supporters restaient convaincus que leur équipe allait écraser les Ethiopiens lors du match retour, dimanche 18 mars au Caire, surtout que l’adversaire, malgré la victoire, semblait à la portée des Blancs. Ils se sont ainsi dirigés vers le stade d’Al-Salam, lieu du match retour, en s’attendant à un festival de buts lors de cette rencontre, mais leur rêve a viré au cauchemar lorsqu’ils ont vu leur équipe favorite quitter la Coupe de la CAF dès le premier tour.

En effet, les Blancs ont présenté une performance décevante tout au long de la rencontre, donnant l’occasion à leur adversaire de prendre confiance sur le terrain et de se mesurer à Zamalek, cinq fois champions d’Afrique. « Nous étions très inquiets concernant notre sort contre Zamalek. C’est une grande équipe, qui possède un grand nom sur la scène africaine. Mais après notre victoire lors du match aller, nous avons senti que nous pouvions réaliser la surprise et nous avons achevé notre mission. Notre coach nous a demandé de nous battre contre Zamalek, et je pense que nous avons été à la hauteur de notre mission », a déclaré Arafat Djqko, attaquant de l’équipe éthiopienne, après la rencontre.

Les débuts de Zamalek lors du match retour étaient assez calmes, la première occasion pour les Blancs se produisant à la 30e minute, grâce à un tir non cadré de l’attaquant de l’équipe, Bassem Morsi. Le capitaine de l’équipe, Hazem Emam, a gagné un penalty à la dernière minute de la première mi-temps, converti par le milieu Ahmad Madbouli. Ce dernier a doublé la mise deux minutes après la pause. Mais les Ethiopiens ont répondu rapidement, en profitant d’une grave erreur du gardien international de l’équipe, Ahmad Al-Chennawi. Les Blancs avaient presque 35 minutes pour marquer un troisième but et tuer la rencontre, mais leurs tentatives n’ont pas abouti, parfois à cause de la nonchalance des joueurs et d’autres fois à cause du manque d’imagination des attaquants, qui sont restés impuissants face à une défense éthiopienne non organisée, mais enthousiaste.

Ihab Galal, directeur technique de Zamalek, a essayé de redresser le niveau de l’équipe avec ses deux milieux offensifs, Ayman Hefni et Mohamad Ibrahim, qui ont pris la place de Mohamad Antar et du Ghanéen Nana Poku. En vain, puisque la rencontre s’est achevée sur le même score que le match aller, 2-1. Les tirs au but ont été synonymes d’échec complet pour le gardien de Zamalek, Ahmad Al-Chennawi, qui n’a su bloquer aucun tir des Ethiopiens, alors que ses coéquipiers, Ayman Hefni et Mahmoud Abdel-Aziz, ont manqué deux tirs, donnant l’occasion aux visiteurs de sortir vainqueurs sur le score de 4-3 aux tirs au but. « Nous avons réalisé une victoire surprenante. Je remercie mes joueurs pour leurs efforts tout au long de la rencontre et surtout aux tirs au but », a déclaré le directeur technique de Wolaitta Dicha après la rencontre.

Cette élimination est la première des Blancs du premier tour depuis 2004, quand Zamalek a quitté la Ligue des champions d’Afrique après sa défaite contre l’équipe rwandaise d’APR. « Je suis complètement déçu de la performance de Zamalek lors de cette rencontre. Les joueurs ne méritent pas le maillot du club. Perdre contre une équipe comme celle de Wolaitta Dicha est inacceptable et intolérable », a déclaré Ahmad Hossam, dit Mido, ancienne star et directeur technique de Zamalek.

Une série d’échecs

Même si Zamalek ne vit pas ses meilleurs moments cette saison, personne n’a prévu que l’équipe pourrait quitter la compétition africaine dès le début et face à une modeste équipe comme celle de Wolaitta Dicha. Cette élimination s’ajoute aux nombreux échecs de Zamalek cette année.

Il est clair que l’actuel effectif de Zamalek ne correspond pas au grand nom du club. La majorité des joueurs ne sont pas des stars, puisqu’ils viennent de clubs en queue de la compétition locale, à l’image de Mohamad Antar (Assiouti), Ahmad Madbouli (Nasr) et d’autres. Malgré leur talent, ces joueurs ne possèdent pas l’expérience nécessaire pour conduire une équipe de grand nom comme Zamalek, que ce soit dans le championnat ou dans la compétition africaine. La troisième place de l’équipe au championnat, avec 54 points, soit 21 points, derrière Ahli, qui a remporté le titre, est le reflet de la situation actuelle de l’équipe. Rien d’étonnant, puisque seuls deux joueurs, à savoir le gardien Ahmad Al-Chennawi et le milieu défensif Tareq Hamed, figurent parmi les convoqués de la sélection nationale pour son prochain camp de préparation au Mondial 2018 en Suisse.

Le directeur technique de l’équipe, Ihab Galal, avait par ailleurs indiqué, avant le match aller contre Wolaitta Dicha, que la seule chose qui l’inquiétait était le manque d’expérience de ses joueurs. Mais même avec ce manque d’expérience, l’élimination de l’équipe reste une grande surprise. Suite à cette humiliation, Zamalek n’aura pas droit à l’erreur dans sa course pour la deuxième place au classement du Championnat égyptien. Cette deuxième place est l’objectif actuel de l’équipe, afin de se réserver une place lors de la prochaine édition de la Ligue des champions d’Afrique.

Or, la défaite de l’équipe en Coupe de la CAF remet en question sa capacité à terminer à la deuxième place, surtout que le niveau de Wolaitta Dicha est nettement inférieur à celui des équipes en queue du classement de la compétition locale. Des doutes surgissent aussi en ce qui concerne la capacité de l’équipe à remporter la Coupe d’Egypte dont le titre est le dernier possible pour Zamalek cette saison. L’équipe a réussi à se qualifier pour les quarts de finale de cette compétition et ce sera la dernière chance de l’équipe pour sauver sa saison. La défaite de l’équipe aura aussi ses conséquences sur la relation entre Ihab Galal et Mortada Mansour, président du club. Et ce, même si ce dernier a fait porter la responsabilité de cet échec africain au ministre du Sport. Selon Mansour, les interventions administratives du ministre au sein du club sont à l’origine de la débâcle. Mais il est clair que le président du club ne tolérera pas cette défaite et que l’entraîneur de l’équipe se verra critiquer. Si ce dernier reste à son poste, il aura un grand travail à faire pour redresser le niveau d’une équipe en pleine crise.

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