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Lutte : Gaber introuvable

Doaa Badr, Lundi, 06 mai 2013

En raison de ses déboires avec la fédération, le vice-champion olym­pique, Karam Gaber (84 kg), a décidé de ne pas participer aux Jeux médi­terranéens prévus le 20 juin en Turquie. Etat des lieux.

Gaber
(Photo: AP)

Comme après les Jeux Olympiques (JO), le même scénario se répète avec Karam Gaber : le vice-champion olympique en 2012 et champion olympique en 2004 est introuvable. Personne ne peut joindre cet ath­lète, ni le président de la Fédération, ni le président du Comité olympique égyptien, ni les médias. « J’ai essayé de le contacter, mais son portable est toujours hors champ. Il m’a envoyé un message pour me féliciter après avoir remporté l’élection présidentielle du Comité olympique, puis il s’est volatilisé. Je sais qu’il est en colère à cause de ses problèmes avec la Fédération égyptienne de lutte », confie Khaled Zeine, président du Comité olympique égyptien.

Le meilleur lutteur égyptien a eu des problèmes avec sa Fédération dès la fin des JO, précisément après l’élection du nouveau conseil d’administra­tion de la Fédération présidée par Hassan Al-Hadad. Gaber avait une grave blessure à l’épaule. Il avait besoin d’effectuer une opération chirurgicale. Au début, la Fédération a beaucoup tardé pour lui verser l’argent nécessaire pour l’opération chirurgicale qu’il devait subir en Allemagne. Puis, il s’est avéré que la somme était insuffisante. « En Egypte, le médecin de la Fédération a annoncé à Gaber que sa petite opé­ration coûtera 12 000 euros, mais une fois en Allemagne, le chirurgien lui a confié qu’il a besoin d’une plus grande opération qui coûtera 42 000 euros. Mais la Fédération égyptienne a refusé de payer cette grande somme, ce qui a mis Gaber très en colère. Il pense que la Fédération ne se soucie pas de sa santé, car l’opération à 12 000 euros pourrait le maintenir en forme pendant les 3 pro­chaines années afin de représenter l’Egypte aux JO 2016. Alors que pour sa guérison complète, il doit subir l’opération qui coûte 42 000 euros », déclare Adel Gaber, frère de Karam et son entraî­neur. Ainsi, Gaber, têtu, a pris les 12 000 euros et n’a pas effectué l’opération.

Pour sa part, le président de la Fédération égyp­tienne, Hassan Al-Hadad, a porté plainte contre le chouchou du sport égyptien. En réponse à cette action, Gaber a décidé de ne pas participer aux Jeux méditerranéens qui auront lieu le 20 juin en Turquie, une compétition qu’il aime beaucoup.

« Actuellement, mon frère se trouve dans un très mauvais état psychologique. Il pense que son pays ne s’intéresse pas à sa santé, alors qu’il a refusé à maintes reprises des offres venant d’autres pays pour jouer sous leurs couleurs tels la Turquie et le Qatar », dit le grand frère de Karam Gaber.

Gaber sollicité par d’autres pays

Après la médaille d’argent en lutte gréco-romaine catégorie 84 kg remportée par Karam Gaber aux JO de Londres en 2012, la Turquie et le Qatar ont tenté de le convaincre de prendre leur nationalité, mais il a décliné les deux offres. Ces deux pays ont honoré Gaber à plusieurs reprises en lui offrant des cadeaux au moment où son pays ne lui accordait pas l’intérêt nécessaire.

Ingratitude des siens

La colère de Gaber n’est pas due uniquement à la négligence de sa Fédération, mais aussi aux responsables nationaux. Juste après les JO, le Club olympique d’Alexandrie, en coopération avec le ministère de la Jeunesse, a créé une école de lutte sous le nom de Karam Gaber. Ce dernier en était partenaire avec un grand pourcentage. Mais à l’ou­verture de cette école, le club n’a versé aucun sou, ce qui a exacerbé sa colère. Aujourd’hui, Karam Gaber se trouve quelque part en Egypte loin de toute pression avec sa famille. « Il ne veut plus entendre parler de lutte. Il n’a pris aucune déci­sion pour son avenir. Il a besoin de repos pour étudier ses choix et prendre la bonne décision sans pression », souligne son frère.

Espérons que les problèmes de ce meilleur lut­teur égyptien soient résolus afin de ne pas perdre un champion talentueux comme Karam Gaber. Il est le seul lutteur capable de remporter une autre médaille olympique et des médailles aux Mondiaux pour l’Egypte. Une chose est sûre : Karam Gaber est une légende. En dépit de tous les problèmes, il pourra retourner en force à n’im­porte quel moment

Ce n’est pas une première

Ce n’est pas la première fois que Karam Gaber proteste contre sa Fédération. Cela se produit après chaque JO. Après avoir remporté la médaille d’or et le titre olympique en catégorie 96 kg aux JO 2004, Karam Gaber avait de grands problèmes avec sa Fédération. A l’époque, il a refusé de s’entraîner avec la sélection nationale au Centre olympique de Maadi, exigeant une préparation spéciale pour un champion olympique. Il est resté sans entraînement pendant long­temps. Après son échec aux JO de Beijing 2008, la situation s’est empirée pour lui. Suite aux attaques des médias et à la négli­gence de la Fédération égyp­tienne, Gaber a carrément quitté la lutte pour pratiquer au Japon le K1 Ultuma fighting, discipline qui regroupe tous les sports qui commencent par la lettre K : le karaté, le kickboxing et le kung-fu. Une discipline qui lui rap­porte beaucoup d’argent. Il n’a repris la lutte gréco-romaine qu’un an avant les JO de Londres 2012. A la surprise de tout le monde, il a pu remporter une médaille d’argent à Londres pour annoncer son retour en force et prouver que c’est un athlète excellent. Aujourd’hui, Gaber se retrouve dans la même situation après les JO.

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