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Yasser Idriss: «Les années à venir seront consacrées à la préparation des sélections pour les JO 2016 »

Marianne Youssef, Lundi, 04 mars 2013

Natation. Yasser Idriss, président de laFédération élu pour un deuxième mandat, met l’accent sur sa nouvelle stratégie de travail visant à poursuivre la progression de la discipline. Entretien.

Yasser Idriss
Yasser Idriss

AL-AHRAM HEBDO : Après votre réélection à la tête de la Fédération égyptienne de natation, quels seront les dossiers prioritaires ?

Yasser Idriss : Les dossiers sont nombreux, mais je voudrais attaquer le côtéadministratif parallèlement àl’aspect technique. J’ai effectuéquelques changements au niveau de la direction. Du point de vue technique, mon but est de former des sélections solides dans toutes les catégories d’âge. Réélu pour un deuxième mandat, je voudrais revoir le système de travail habituel qui est de se préparer juste avant les grandes compétitions. Mon ambition est de consacrer les quatre prochaines années àpréparer les nageurs et nageuses afin qu’ils soient prêts aux JO de Rio De Janeiro.

Comment évaluez-vous le niveau de la sélection nationale ? Avez-vous un plan précis pour son développement ?

—La sélection nationale renferme des nageurs et des nageuses très prometteurs, qui ont besoin d’une bonne formation pour décrocher des médailles. On peut citer par exemple Chéhab Younès, 22 ans, qui possède un talent exceptionnel et qui promet un bel avenir. Il y a aussi Farida Osmane qui a réaliséde grands exploits. Mais ces talents ont besoin d’une grande attention pour qu’ils deviennent professionnels. Voilàpourquoi on vient de recruter il y a quelques jours le spécialiste américain Gabriel Mazurkiewicz. Sa mission est de préparer la sélection àune saison riche en compétitions africaines et internationales. Elle va participer au tournoi international Swim Cup Eindhoven aux Pays-Bas au mois d’avril prochain. Ce tournoi est d’une grande importance, car il est qualificatif aux Mondiaux de Barcelone en juillet prochain.

Natation
La championne du monde junior, Farida Osmane, jouit d'un programme de préparation spécial.
—Avez-vous un plan spécial pour la formation de Farida Osmane ?

—Oui, bien sûr. La Fédération a un programme spécial pour cette vedette qui a rejoint la sélection nationale àl’âge de 12 ans, vu ses grandes performances. Cette nageuse a pu rafler un grand nombre de médailles malgréson jeune âge. En 2010, elle a remportéla seule médaille d’or égyptienne lors des Championnats d’Afrique seniors. En 2011, elle a également remportéla seule médaille d’or aux Jeux africains sur 50 m, et la première médaille d’or égyptienne aux Championnats du monde juniors àPérou en 50 m papillon. Farida a réalisépar ces médailles la meilleure performance de l’Egypte dans l’histoire de la natation.

Farida a besoin d’un grand intérêt de notre part pour poursuivre son parcours. Elle suit un programme technique spécial depuis un an avec l’Ukrainien Vladimir. La Fédération lui permettra de participer àune saison riche en compétitions afin d’acquérir plus d’expérience. Elle voyagera aux Etats-Unis pour poursuivre ses études universitaires après la fin de ses études secondaires cette année. Elle aura la chance de poursuivre un entraînement plus professionnel.

— La sélection junior bénéficiera-t-elle d’un programme spécial ?

—La sélection junior est la plus importante car c’est la base qui nous aide àdécouvrir les nageurs prometteurs. On a deux sélections juniors -16 et -18 ans. Mon plan consiste àleur permettre de disputer un bon nombre de tournois. Ces compétitions ont un double objectif. Le premier est qu’elles nous aident àdénicher les nageurs talentueux et le deuxième est de les aider àacquérir de l’expérience. Pour ce faire, on fournira aux juniors une saison très riche. Ils participeront aux Jeux méditerranéens àRome en juin prochain. En juillet, ils disputeront le Championnat arabe qui aura lieu en Jordanie. Les deux tournois les plus importants sont les Championnats d’Afrique qui auront lieu en Egypte en septembre prochain et les Mondiaux en octobre prochain.

— La natation est une discipline très connue et très populaire en Egypte. Pourquoi n’a-t-elle pas réalisé de réels exploits ?

—Il est vrai que la natation est une discipline très populaire en Egypte. Le nombre des pratiquants est de 10 000. Ajoutons aussi que la natation a de nombreux fans qui aiment suivre ses compétitions et les nouvelles de ses stars. Mais comme c’est le cas de tous les sports individuels, la natation a besoin de beaucoup d’entraînement et d’endurance pour maîtriser les techniques. Le système éducatif égyptien représente un obstacle, car il ne permet pas au nageur de se consacrer àce sport sans négliger ses études. Ce n’est pas le cas dans les pays européens ou aux Etats-Unis oùles écoles offrent aux athlètes l’opportunitéde s’entraîner quelques heures durant la journée scolaire. Ils suivent un mode de vie qui crée des champions.

La natation en eau libre a réalisé quelques exploits, mais elle a connu un certain recul ces dernières années. Comment justifiez-vous cela ?

—C’est vrai. Les années 2006-2007 étaient des années de gloire pour la natation en eau libre. Le vrai exploit était effectuépar Mohamad Al-Zanati qui a réaliséla meilleure performance égyptienne de tous les temps en remportant une médaille de bronze en 25 km aux Championnats du monde 2007. Il a également occupéla 2e place au classement mondial, ce qui était un exploit pour la natation égyptienne en eau libre. Il était le premier Egyptien àdisputer les Jeux Olympiques (JO) àla première édition d’eau libre aux JO de Pékin 2008. N’oublions pas le nageur Mazen Aziz, 22 ans, qui a remportéla médaille d’or aux Championnats d’Afrique deux années successives 2009-2010.

Mazen s’entraîne actuellement aux Etats-Unis sous la houlette de l’entraîneur américain Rick Walker. Il a un talent qui lui permet de faire des exploits àl’avenir. Mais il faut préciser que cette discipline a fait son entrée aux Jeux olympiques en 2008 àPékin. Après l’intégration de cette discipline aux JO, plusieurs nations ont commencéàs’intéresser àla natation en eau libre, ce qui a rendu la concurrence plus serrée et plus difficile.

Au niveau africain, il y a la Tunisie et l’Afrique du Sud qui ont des sélections très fortes et qui ont pu réaliser des exploits olympiques comme le champion olympique tunisien, Ossama Mellouli, qui a remportéla médaille d’or de l’épreuve du 10 km en eau libre aux Jeux olympiques de Londres. Vu la difficultéde la concurrence, la Fédération étudie la désignation d’un spécialiste étranger. Mais ce dossier est encore en étude.

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