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Mondial 2018 : Les Pharaons au pied de la montagne

Karim Farouk, Mardi, 04 octobre 2016

La sélection égyptienne affrontera le Congo le 9 octobre en début de la dernière phase des qualifications de la Coupe du monde de football 2018. Une nouvelle aventure que les Egyptiens espèrent réussir pour mettre fin à 28 ans d'absence.

Mondial 2018 : Les Pharaons au pied de la montagne
Le milieu Mohamad Al-Nenni est l'un des principaux pilliers de Cuper pour atteindre la Coupe du monde. (Photo : Reuters)

La sélection égyptienne entamera sa campagne de qualifications pour la Coupe du monde 2018 en affrontant son homologue congo­laise, dimanche prochain, au stade New Kintele de Brazzaville. Les hommes d’Hector Cuper essayeront de mettre fin à une longue traversée du désert et de se hisser au niveau de l’élite mondiale pour la première fois depuis le Mondial d’Italie de 1990. « Se qualifier pour la Coupe du monde ce n’est pas seulement un rêve, c’est devenu une réelle demande du public. Nous possédons tous les outils : des joueurs qui évo­luent dans les meilleurs clubs euro­péens et qui réalisent des perfor­mances impressionnantes, et un cadre technique de haut niveau », déclare Khaled Abdel-Aziz, ministre de la Jeunesse et du Sport.

Mais rien n’est encore joué. Les Pharaons sont capables du meilleur comme du pire. Alors qu’ils domi­naient le continent et ont remporté 4 titres de Coupe d’Afrique des nations en l’espace de 12 ans (1998, 2006, 2008, 2010), ils ont succombé lors des qualifications pour la Coupe du monde face à des équipes infé­rieures, telles que la Tunisie en 1998, le Sénégal en 2002, la Côte d’Ivoire en 2006 et l’Algérie en 2010. Toutes les excuses ont été avancées : expé­rience, mentalité, manque de joueurs des transférés en Europe et système de qualifications défaillant.

Pour corriger les erreurs du passé, la Fédération égyptienne de football a embauché le célèbre technicien argentin Hector Cuper, ancien entraîneur de Valence et Inter Milan, en mars 2015, avec pour objectifs de qualifier les Pharaons à la Coupe d’Afrique des nations 2017 et à la Coupe du monde 2018. Mission partiellement accomplie, après que l’Egypte s’est qualifiée à la CAN grâce à la victoire contre le Nigeria et la Tanzanie en phase de poule. Maintenant, il est temps de passer aux choses sérieuses. Les Pharaons ont bénéficié d’un tirage au sort assez clément en se trouvant dans le groupe E aux côtés du Congo, qui vit des années de vaches maigres depuis son unique titre africain en 1972, de l’Ouganda, au palmarès vide, et du Ghana, bête noire des Egyptiens qui l'ont privé du ticket pour le Mondial du Brésil en 2014, suite à une humiliante défaite de 7-3 sur l’ensemble des deux matchs de barrage (6-1 à Accra et 1-2 au Caire). « Ce groupe est le meilleur pour nous en comparaison des autres groupes. Il est inutile de se soucier des résultats du passé. Les choses sont différentes maintenant, je ne vous garantis de battre ni le Ghana, cette fois-ci, ni n’importe quelle autre équipe, mais ce que je vous promets c’est que nous sommes tous concentrés et nous travaillons dur pour atteindre la Coupe du monde. Nous devons croire en nos capacités », a déclaré Cuper.

Mais la donne a radicalement changé pour les Pharaons au début de ces qualifications au Mondial 2018. L’Egypte – septuple cham­pionne d’Afrique – n’est plus l’équipe qui règne en maître sur le continent. Depuis leur triplé histo­rique en CAN entre 2006 à 2010, le Onze national a raté trois éditions consécutives de la compétition la plus prestigieuse du continent, sans compter leurs déconfitures répéti­tives lors des qualifications au Mondial. L’équipe est actuellement à la 53e place mondiale, alors qu’elle avait intégré le top 10 entre juillet et décembre 2010 (ndlr : 9e position en juillet, août, septembre et décembre 2010). L’Egypte, qui était souvent la favorite des grands tournois, va ainsi découvrir le revers de la médaille : jouer en tant qu’outsider dans l’ombre du grand favori les Black Stars du Ghana et se retrouver à chaque fois testée par des adversaires rêvant d’écraser l’un des grands du continent noir pour en tirer quelques éclats. Le Congo, sous la houlette de Pierre Lechantre, et l’Ouganda correspon­dent parfaitement à ce profil. Prudence est requise lors de ces matchs avant d’affronter le princi­pal rival ghanéen, car seul le vain­queur du groupe se qualifiera à la phase finale. « Nous respectons tous nos adversaires, et à présent, nous sommes entièrement concen­trés sur le match du Congo. On va jouer chaque match comme si c’était un match décisif pour la qualification. Nous affrontons 3 pays et pas seulement le Ghana », a fait savoir Cuper avant le départ pour Brazzaville.

Une équipe rajeunie

Mondial 2018 : Les Pharaons au pied de la montagne

Dès qu’il avait été nommé à la barre, Cuper a annoncé que ses choix seront basés sur des joueurs capables de porter le maillot de l’Egypte pour au moins trois années à venir. C’est ainsi qu’il a procédé à un rajeunisse­ment du noyau de l’équipe et favo­risé plutôt les vedettes montantes. La moyenne d’âge de son onze de départ a baissé jusqu’à 26,2 (voir équipe type page 23) avec 2 joueurs seulement dépassant le cap des 30 ans, à savoir le talentueux meneur Abdallah Al-Saïd et le latéral gauche Mohamad Abdel-Chafi. Contrairement à ses prédécesseurs, le technicien argentin possède une large palette de joueurs évoluant dans de grands clubs européens avec en tête de sa légion Mohamad Salah, qui fait chanter le public de l’AS Rome (Ita), le milieu de terrain et moteur de l’Arsenal (Ang) Mohamad Al-Nenni, le talentueux ailier de Stoke City (Ang) Ramadan Sobhi et les latéraux Omar Gaber (Fc Bâle, Sui) et Ahmad Al-Mohammadi (Hull City, Ang).

Pourtant, les résultats des der­nières rencontres amicales ont lais­sé des doutes sur la qualité du groupe, qui a terminé par un nul 1-1 à domicile face à la Guinée avant de s’incliner face à l’Afrique du Sud 1-0 à Soweto. Des performances qui ont suscité un mécontentement de quelques responsables. « Tous les moyens ont été mis à la disposition du cadre technique qui reçoit un grand salaire hors norme, compte tenu des circonstances économiques du pays (ndlr : Cuper a un salaire mensuel de 70 000 dollars). Je sais que rien n’est garanti dans les com­pétitions sportives, mais aucune excuse ne sera acceptée en cas d’échec », a garanti le ministre de la Jeunesse et du Sport. Toutefois, la loi d’un match amical n’est pas la même que celle des matchs à enjeux, et Cuper possède un bilan impressionnant sur les matchs offi­ciels : 4 victoires, 1 défaite et 1 nul en qualifications de la CAN 2017 et de la phase préliminaire du Mondial 2018. « Ne soyez pas pessimistes après cette défaite contre l’Afrique du Sud. Nous n’avons pas bien joué, mais nous avons pu tirer des leçons. Je demande au public d’avoir confiance en nos qualités et de ne pas oublier le bon travail que nous avons fait tout au long des derniers mois », a assuré Cuper suite à la défaite face à l’Afrique du Sud.

Ces matchs amicaux n’ont fait que confirmer les bases sur lesquelles Cuper s’appuiera : un schéma de 4-2-3-1 qui repose sur une solide défense bien fermée, la vitesse de flèche de Salah pour percer les défenses adverses, l’efficacité de Bassem Morsi en pointe d’attaque et la clairvoyance du meneur Al-Saïd pour orchestrer le jeu. La seule défaillance pour Cuper avant ce match contre le Congo est la bles­sure de Rami Rabia qui vient casser le duo de défense Rami Rabia-Ahmad Hégazi. Ce dernier fait partie des joueurs sélectionnés pour le match, mais reste à voir si son jeu après presque trois mois sur la touche n’en sera pas affecté. Le trio de Zamalek Ali Gabr, Islam Gamal et Ahmad Dwidar a été sélectionné pour remplir le banc de touche, au cas où. Une lacune qu’on espère ne pas être fatale pour les Pharaons face au Congo. En qualifications, les débuts sont déterminants pour tout le reste du parcours.

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