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Karim Abdel-Gawad et Ranim Al-Wélili : Histoire d'une réussite

Chourouq Al-Chimy, Mardi, 27 septembre 2016

Les Egyptiens Karim Abdel-Gawad, n°6 mondial, et Ranim Al-Wélili, n°5 mondiale, se sont imposés à l'Open Al-Ahram de squash. Une première pour les dames égyptiennes et pour Abdel-Gawad. Ce tournoi, créé en 1996, était organisé cette année après 10 ans d'interruption. Entretiens exclusifs.

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Ranim Al-Wélili : « Le titre de l’Open Al-Ahram annonce mon retour »

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Al-Ahram Hebdo : Remporter le titre de l’Open Al-Ahram figurait-il dans vos objec­tifs ?

Ranim Al-Wélili : En général, je n’accorde pas beaucoup d’importance à mon classement mondial ou à mon total de points. De même, je ne planifie pas pour remporter les titres. Pourtant, ma mission principale dans les compétitions est de gagner tous mes matchs, voilà pourquoi je me concentre match par match. En ce qui concerne l’Open Al-Ahram, je rêvais depuis mon enfance de participer à ce tournoi et d’être sacrée championne. En fait, j’ai perdu l’espoir de réaliser mon rêve car la suspension de l’Open Al-Ahram a coïncidé avec le début de ma carrière professionnelle. A vrai dire, je voulais à tout prix remporter le titre et j’ai réussi.

— Avant que votre niveau ne régresse, vous étiez le n°1 mondial. Ce titre vous permettra-t-il un meilleur classement ?

— Je dois d’abord dire que je suis très heureuse et fière de ce titre. C’est un exploit qui m’a donné beau­coup de confiance en moi-même, surtout que cette vic­toire survient en début de saison. Elle marque une nouvelle étape de ma carrière. Avant l’Open Al-Ahram, j’ai disputé deux tournois : l’Open de Hongkong, mais j’ai été éliminée dès les premiers tours. J’ai également disputé l’Open de Chine lors duquel j’ai atteint les quarts de finale. Donc, le tournoi d’Al-Ahram annonce mon retour. En fait, l’Open Al-Ahram a toujours été un moyen de se relancer pour les joueurs égyptiens comme Ahmad Barrada, Amr Chabana et Omar Al-Borollossi. Il a bouleversé leur carrière en squash et a créé une énorme base pour cette discipline en Egypte. Ce tournoi revêt donc une importance particulière pour promou­voir ce sport en Egypte et attirer la nouvelle génération vers ce sport. Je remercie infiniment la Fondation Al-Ahram et Amr Mansi, directeur de l’Open, pour leurs efforts à organiser de nouveau cet événement. Ils ont dû faire face à de grands défis sécuritaires et financiers pour mener à bien l’organisation de cette compétition.

— Quel a été votre parcours lors de cette compéti­tion ?

— Lors du premier tour, j’ai joué contre l’Indienne Joshna Chinappa, actuelle n°10 mondiale. J’avais fait sa rencontre à l’Open du Qatar 2014 où elle m’a élimi­née malgré ma très bonne forme, et alors que j’étais classée n°1 mondiale. Je voulais donc à tout prix gagner ce match et j’ai réussi à la battre sur le score de 3 à 0. Ensuite, j’ai joué contre l’Américaine Amanda Sonhi, actuelle numéro 7 mondiale, qui est une joueuse très solide. Elle est actuel­lement l’une des parfaites joueuses du circuit féminin. C’était un match très difficile, mais je l’ai battue sur le score de 3 à 1. En demi-finales, j’ai joué contre la surprise de l’open, l’Anglaise Sarah Jane-Perry, actuelle numéro 14 mondiale. Elle n’a pas seulement battu la Française Camille Serme, l’une des favorites du titre, mais aussi battu en quarts de finale la légende pakistanaise Nicol David. Mais atteignant la demi-finale, je pense qu’elle était épuisée. Et je l’ai battue sur le score de 3 à 0. En finale, j’ai rencontré ma compatriote Nour Al-Cherbini, championne du monde et actuelle n°1 mondiale. Je me suis beaucoup concen­trée dans ce match. Et je me suis imposée sur le score de 3 à 1.

— Vous avez un problème de concentration en plein match. Avez-vous résolu ce problème ?

— Le manque de concentration était la cause principale de la régression de mon niveau et par la suite de mon classement mondial. Mais, j’ai fait de mon mieux pour résoudre ce problème. Actuellement, je me suis fixé comme but de retrouver mon ancien style de jeu et mon esprit de combattante. Cette victoire m’aidera à faire un pas en avant vers mon objectif principal cette saison : retrouver ma place au sommet du classement mondial.

— Selon vous, quels sont les meilleurs joueurs de cette édition ?

— Les noms sont nombreux. Mais je peux citer l’Egyptien Karim Abdel-Gawad qui a remporté le titre. Il a réussi un excellent parcours. Il a démontré un très haut niveau et une bonne technique de jeu.

Karim Abdel-Gawad : « Jouer sur le site des pyramides était mon rêve d’enfance »

Al-Ahram Hebdo : Vous avez remporté le titre de l’Open Al-Ahram de squash. Comment évaluez-vous cette performance ?

Karim Abdel-Gawad : Il faut savoir d’abord que je suis le deuxième joueur égyptien à remporter ce titre après l’ancien joueur de squash Ahmad Barada, vainqueur de l’Open Al-Ahram en 1998. Ce tournoi doté de 100 000 dollars est mon premier titre important sur le circuit de squash. En outre, en 1996, date de la création de l’Open Al-Ahram, j’avais seulement 12 ans. Mon rêve était de faire partie de ce tournoi prestigieux et de jouer dans le court en plexiglas sur le site des pyramides. Et voilà que mon rêve a vu le jour, car non seulement j’ai pu participer au tournoi mais j’ai réussi à remporter le titre. Une performance qui me réjouit. En fait, le premier tour s’est disputé dans le complexe de squash. Mon seul objectif en disputant ce premier tour était de me qualifier pour les quarts de finale juste pour pouvoir jouer un match aux pyramides.

— Pensez-vous que cette victoire change votre avenir ?

— Bien sûr, j’ai pris confiance en mes capacités grâce à cette victoire. A vrai dire, ce titre représente une vraie relance de ma carrière. En ce qui concerne mon classement mondial, je pense que mon classement va s’améliorer. Je passerai de la 6e à la 4e place au classement mondial PSA du mois d’octobre. Je ne ménage pas les efforts pour atteindre mon objectif qui est de maintenir mon niveau de jeu durant la saison qui vient de commencer.

— Pouvez-vous nous décrire votre parcours lors de cette édi­tion ?

— A mon avis, les tours préliminaires étaient très durs, bien que j'ai joué contre l’Ecossais Greg Lobban, n°39 mondial. J’étais très tendu car je voulais à tout prix gagner et me qualifier pour les quarts de finale. C’est fait. J’ai réussi à gagner sur le score de 3 à 1. Ensuite j’ai joué contre mon compatriote Tareq Moëmen, actuel n°11 mon­dial avec qui j’ai l’habitude de jouer. J’ai pu le battre sur le score de 3 à 0. En demi-finales, j’ai joué contre mon compatriote Omar Mosaad, actuel n°3 mondial. C’est un joueur très fort qui dispose d’une très bonne technique de jeu. Je me suis bien préparé à cette rencontre et j’ai fait de mon mieux afin de terminer le match le plus vite possible pour ne pas lui donner la chance de gagner. J’ai pu réaliser mon plan et je l’ai battu sur le score de 3 à 0. Je crois que ma victoire en finale est due essentiellement au fait que je n’ai pas gas­pillé mon effort en jouant de longs matchs en quarts et en demi-finales. En finale, j’ai joué contre mon compatriote Ali Farag, actuel n° 10 mondial qui a, à peu près, le même âge que moi ainsi que le même niveau de jeu. On a joué l’un contre l’autre plus de 100 matchs en catégorie juniors. En catégorie seniors, il m’a battu lors des deux dernières rencontres. Raison pour laquelle, j’ai insisté pour le battre cette fois-ci. En finale, j’étais si concentré que j’ai oublié que je disputais la finale et je l’ai battu sur le score de 3 à 0.

Comment évaluez-vous l’Open Al-Ahram ?

— L’open a réalisé un grand succès. Il suffit de dire que ce tournoi est disputé dans le plus bel endroit, à savoir les pyramides. Ce succès est un message adressé au Comité olympique que le squash mérite d’être inscrit comme sport olympique. Le retour de l’open après 10 ans d’absence avec des primes qui s’élèvent à 100 000 dollars n’est qu’un début. Je suis certain que la prochaine édition sera à la hauteur des 8 plus grands tournois annuels comme l’Open du Qatar et celui de Hong Kong dotés de 150 000 dollars. Ce tournoi regroupera aussi le plus grand nombre de joueurs étrangers du top mondial.

— Tous les joueurs étrangers du top 10 n’ont pas participé à cette édition. Qu’en pensez-vous ?

— En fait, les joueurs étrangers du top 10 disputaient l’Open des Etats-Unis qui se tenait durant la même période. Des rumeurs ont circulé que ces joueurs n’ont pas participé pour des raisons sécuri­taires. Ce qui n’est pas vrai. Ils ont déjà assisté au mois d’avril dernier à l’Open d’Al-Gouna et parti­ciperont le mois prochain aux Championnats du monde individuel à Wadi Degla.

Quelles ont été d’après vous les stars de ce tournoi ?

— Le joueur Youssef Soliman, 18 ans, a montré un vrai talent. C’est un joueur égyptien qui a inté­gré directement le tournoi principal grâce à une Wild Card (carte d’invitation). Il a très bien joué contre le très expérimenté joueur allemand Simon Rosner, actuel n°12 mondial. Et ll a pu quand même arracher un set. Ce match s’est terminé en faveur de Rosner sur le score de 3 à 1. C’est un très bon résultat pour ce jeune joueur.

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