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Judo, Sameh Moubacher: « Mon objectif est basé sur les jeunes pour assurer la relève »

Marianne Youssef, Mardi, 19 février 2013

Le président de la Fédération de Judo , Sameh Moubacher, présente son plan ambitieux qui vise essentiellement les juniors. Les seniors bénéficieront aussi d’une nouvelle stratégie, afin de rééditer leurs exploits. Entretien.

Judo
L'expérience de Hicham Mesbah renforce la sélection nationale.

Al-ahram hebdo : Quelle a été votre première décision en tant que président de la Fédération égyptienne ?

Sameh Moubacher : Ma première décision ne touchait ni à l’administration, ni à l’aspect technique. Elle s’est centrée sur le fait de réunir la famille du judo, qui a connu de nombreux conflits lors des deux dernières années. C’est-à-dire entamer une nouvelle ère en unifiant les rangs de la Fédération, avant de revoir l’encadrement technique ou la direction au sein des comités et des zones. J’ai présidé la Fédération à deux reprises au début des années 2000. Je suis très conscient de l’importance de travailler en groupe, dans la stabilité et la concentration, ce qui a une influence sur le moral de toute l’équipe de travail. En garantissant cette ambiance, chacun tentera de faire de son mieux pour réaliser l’objectif assigné.

Sameh
Sameh Moubacher
— Plus concrètement, existe-t-il d’autres décisions pour l’organisation de la Fédération ?

— Oui, bien sûr. J’ai essayé de commencer par la base pour être efficace. J’ai revu la direction au sein des comités et des zones pour s’assurer que chaque personne est à sa bonne place. J’ai fait quelques changements. Mais pour l’encadrement technique, j’ai gardé le superviseur général, Yousri Zaghloul, recruté il y a 2 ans, et cela pour que la sélection ne perde pas sa stabilité et sa concentration, surtout qu’elle devra participer à plusieurs compétitions africaines et internationales. La nouveauté réside dans le fait que seul le directeur technique a le droit de choisir les judokas qui participent aux tournois importants. Ce choix sera fait grâce à des éliminatoires, pour offrir une chance équitable à tous les athlètes. Pour mieux expliquer ce point, je dois revenir sur l’ancien système, selon lequel le président et le conseil d’administration de la Fédération choisissaient les athlètes qui devaient participer aux tournois. Ce système avait des lacunes, car ni le président, ni les membres du conseil d’administration ne connaissaient de près les judokas, et par conséquent, plusieurs athlètes talentueux n’ont pas eu la chance de faire preuve de leurs compétences.

— Pour le développement de la discipline, avez-vous un plan précis ? Et quels en sont les points principaux ?

— Certainement, j’ai un plan précis que j’ai discuté durant les conférences de presse tenues avant les élections. C’est un plan que je ne vais sûrement pas effectuer seul, mais c’est toute une équipe qui travaille pour son exécution. Le point le plus important de ce plan concerne les juniors. Pour travailler d’une façon scientifique, on doit commencer par former une base pour la sélection nationale. Cette base est certainement constituée des équipes juniors solides qui contribuent à former de bons athlètes au sommet au bout de quelques années. Donc, mon plan consiste à accorder un intérêt particulier à nos deux équipes juniors, -16 et -18 ans.

On va leur assurer une saison très riche en compétitions africaines et internationales, en vue de dénicher les judokas prometteurs qui peuvent rééditer les exploits du judo égyptien à Rio De Janeiro 2016. En fait, dès mon arrivée à la tête de la Fédération, j’ai commencé à travailler sur ce dossier. J’ai réussi à avoir l’accord de la Fédération africaine de judo pour que l’Egypte accueille les Championnats d’Afrique juniors, qui auront lieu à Charm Al-Cheikh du 4 au 7 juillet prochain. Les juniors participeront également aux Championnats arabes qui auront lieu en Jordanie du 21 au 28 mars prochain. Il faut noter que les stars de l’équipe senior, tels Islam Al-Chahabi et Hicham Mesbah sont relativement âgés, car ils ont 30 ans. Seul Ramadan Darwich (24 ans) a plus de chance de poursuivre son élan. C’est pour cette raison que je voudrais préparer les jeunes judokas à assurer la relève.

— Quel est votre plan pour la sélection senior ?

— Pour le futur proche, j’ai 2 objectifs importants. Le premier est de retrouver les années de gloire du judo. En fait, l’Egypte a été, pendant quelques années, considérée parmi les grandes nations de la discipline après ses excellents résultats sur la scène internationale. Le vrai exploit du judo égyptien a été réalisé grâce à une médaille olympique remportée par Hicham Mesbah aux JO de Pékin 2008. En 2009 et 2010, plusieurs médailles ont été remportées aux Mondiaux par Islam Al-Chahabi et Ramadan Darwich. Mais depuis 2011, la discipline a connu un vrai recul à cause de l’instabilité due aux conflits internes de la Fédération. Je vise à ce que la sélection puisse prouver son bon niveau et faire un fort come-back sur la scène africaine et internationale, surtout après la mauvaise performance de la sélection aux JO de Londres 2012. Pour ce faire, on a commencé un programme de préparation après une semaine de mon élection. Il s’agit du premier regroupement de la sélection après 6 mois de pause. Ce camp sera suivi de 2 autres camps en Tchèque et en Hongrie. En fait, la sélection disputera le tournoi Grand Prix qui aura lieu en Turquie en mars prochain. En avril, elle disputera la 34e édition des Championnats d’Afrique à Maputo. Ensuite, elle disputera en juin les Jeux méditerranéens qui auront lieu en Turquie. Finalement, c’est au Brésil qu’elle participera aux Mondiaux en août. Mon deuxième objectif concerne la réhabilitation des entraîneurs et des arbitres. Ils vont effecteur des stages de préparation, afin d’acquérir plus d’expérience. N’oublions pas que ceux-là ont un rôle primordial dans le développement de la discipline. Ainsi, ils doivent être à la hauteur de cette importante mission.

— Pensez-vous que les seniors aient un niveau leur permettant de rééditer les exploits du passé ?

— Certainement. La sélection renferme des judokas très talentueux et expérimentés tels Islam Al-Chahabi et Hicham Mesbah. Ils ont une expérience qui leur donne beaucoup d’assurance. Ramadan Darwich a également pu atteindre une grande maturité malgré son jeune âge (24 ans). Ces trois judokas sont les plus prometteurs de l’équipe nationale. Ils peuvent réaliser une très bonne performance durant la prochaine période. Les autres athlètes, tels Hussein Hafez, Mohamad Youssef, Ahmad Awad et Mohamad Darwich, sont également des judokas prometteurs, mais ont besoin de plus d’attention pour qu’ils soient en bonne forme.

— Avez-vous débloqué le budget nécessaire pour réaliser ce plan ambitieux ?

— Il faut bien reconnaître que compter sur le budget du Conseil du sport s’avère inefficace pour réaliser toutes mes ambitions. C’est pourquoi je vais avoir recours à un groupe d’économistes pour nous donner des idées en vue de trouver de nouvelles ressources financières pour la Fédération. Actuellement, je n’ai pas d’idée complète de ce qu’on va faire pour résoudre nos problèmes financiers, surtout que le recours à un sponsor s’avère une solution difficile, vu la condition économique critique du pays. Cependant, malgré tous ces obstacles, je suis très motivé pour réaliser mes objectifs.

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