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Le beach-volley sort de l’ombre

Marianne Youssef, Mardi, 21 juin 2016

A l’approche des JO de Rio, l’Hebdo passe en revue, dans une série d’articles, les différentes disciplines qui prendront part à cet événement. Le beach-volley (volley de plage) a, pour la première fois, décroché un billet pour des JO.

Le beach-volley sort de l’ombre
L'équipe de beach-volley ira pour la première fois aux JO de Rio.

23 heures au club Al-Seid à Doqqi, au Caire. Les 5 vol­leyeuses, qui for­ment l’équipe nationale de beach-volley, s’échauffent pour commen­cer l’entraînement. Les 5 volleyeuses sont Farah Al-Chaféi, Farida Al-Asqalani, Nada Moawad, Doaa Al-Ghobachi et Randa Radwan. Il s’agit de leur deuxième séance de la journée et elle dure deux heures. La première séance commence à 17h et dure une heure et demie. Entre les deux séances, les joueuses prennent leur « iftar », repas de rupture du jeûne du Ramadan. Avec le sable comme terrain de jeu, on se croirait au bord de la mer ... et c’est juste­ment celle qui manque. Les vol­leyeuses se déchaussent pour fouler pieds nus le terrain. Deux vol­leyeuses s’opposent à deux autres pour disputer un match ; elles s’en­traînent sur les techniques d’attaque et de défense. Ici, contrairement au volley-ball classique où l’équipe se compose de 6 joueurs, en beach-vol­ley, l’équipe compte seulement deux joueurs. « Parmi les 5 volleyeuses, deux seront choisies pour représen­ter l’Egypte à Rio », annonce Ahmad Abdallah, l’entraîneur de l’équipe.

Pour se qualifier, cette équipe a réussi un parcours très solide qui a commencé en 2015 et a pris fin en avril 2016. « La qualification s’est faite en trois phases. On a dû dispu­ter trois éliminatoires, et on a réussi à se classer 2e au niveau africain, devancé par le Rwanda. C’est un vrai exploit pour cette jeune équipe qui a affronté 10 équipes africaines très solides comme le Maroc, le Rwanda et l’Afrique du Sud », ajoute Abdallah. Selon le système de quali­fication, seules les deux premières équipes au niveau africain décro­chent leur ticket olympique.

Equipe dames en 2012

L’histoire du beach-volley égyp­tien a commencé en 1996 par une équipe d’hommes. Toutefois, aucune bonne performance au niveau afri­cain ou international n’a été réalisée, car tout l’intérêt était accordé au volley-ball classique. Ce n’est qu’en 2012 qu’une équipe féminine est formée à la suite de la décision de la Fédération internationale de volley-ball de renoncer au port obligatoire des maillots de bain en compétition. Les volleyeuses ont donc le choix de porter un tee-shirt et un short. « Pour des motifs religieux, certains pays arabes ont présenté une demande à la Fédération internationale pour un changement concernant le port des maillots de bain jugé en désaccord avec leurs traditions culturelles et religieuses. Dès lors, certains pays arabes et africains ont commencé à intégrer ce sport », explique Abdallah.

C’est alors que l’équipe égyp­tienne a été sélectionnée parmi les volleyeuses les plus distinguées des différents clubs sportifs. Au début, l’équipe comptait uniquement deux volleyeuses. En 2014, l’équipe a atteint 5 membres. Le premier exploit de cette équipe était en 2015 en se classant 5e aux Championnats d’Afrique. Elle a pu également se classer 2e aux Jeux arabes la même année. « Leur dernier exploit était une 2e place aux éliminatoires afri­caines. Une performance qui a sur­pris la fédération, surtout que cette équipe n’a pas bénéficié d’un grand intérêt. Dès lors, la fédération a décidé de leur accorder plus d’atten­tion », explique Essam Moawad, directeur technique de l’équipe. Il ajoute que ce sport a besoin d’une promotion au niveau des clubs pour accroître le nombre de ses prati­quants. « Ce sport n’est pratiqué que dans trois clubs au niveau de la capitale, à savoir le club Al-Seid, Héliopolis et le Centre de jeunesse de Guézira », explique-t-il.

Apparition à Santa Monica

Le beach-volley a fait son appari­tion à Santa Monica en Californie dans les années 1920 en tant qu’une distraction familiale. Le premier tournoi officiel a été organisé aux Etats-Unis en 1947. Dans les années qui suivent, le jeu atteint quelques pays d’Europe comme la Lettonie et la Bulgarie. A partir des années 1970, le nombre de compétitions augmente, et la discipline commence à connaître un certain essor. Ce n’est qu’à partir de la fin des années 1990 que ce sport connaît une grande popularité et une exposition média­tique, notamment grâce à son intro­duction au programme des Jeux olympiques, d’abord comme sport de démonstration en 1992 à Barcelone puis comme sport olym­pique à part entière en 1996 à Atlanta.

Après avoir assuré la qualification aux JO, la Fédération égyptienne a mis en place un programme de pré­paration qui a commencé au début du mois de juin. « L’équipe doit organiser deux camps fermés au club Al-Seid en juin et en juillet. Ensuite, elle effectuera un camp en Espagne, et l’autre au Brésil, une semaine avant les JO », dit Moawad.

A Rio, il est certain que les chances de l’équipe ne seront pas très grandes étant donné la forte concurrence des meilleures nations du monde. Les trois premières places sont monopo­lisées par les grands pays de la disci­pline tels que les Etats-Unis, le Brésil et l’Allemagne. « Notre équipe est encore très jeune. Elle n’a pas encore acquis l’expérience nécessaire. Il faudra quelque temps pour que les volleyeuses arrivent à leur maturité. Sans oublier qu’il s’agit de leur première participation internationale. Cette équipe dispute donc cette édition pour acquérir de l’expérience et non pour décrocher des médailles », conclut Moawad.

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