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Le grand défi des escrimeurs égyptiens

Mirande Youssef, Lundi, 16 mai 2016

A l’approche des JO de Rio, l'Hebdo passe en revue, dans une série d’articles, les disciplines qui prendront part à cet événement. L’escrime sera l’une des disciplines phare des prochains Jeux pour l’Egypte, qui entend bien rééditer son exploit de Londres 2012 et remporter une médaille.

Le grand défi des escrimeurs égyptiens
L'escrime cherche à rééditer l'exploit de Londres 2012.

8 escrimeurs représenteront l’Egypte aux JO de Rio dans les trois épreuves (fleuret, épée et sabre) hommes et dames en individuel et en équipe. Ils ont décroché leurs tickets olympiques à travers nombreux tournois auxquels ils ont participé depuis 2015. En fleuret hommes, il s’agit du vice-champion olympique Alaa Aboul-Qassem, Mohamad Essam, Tareq Fouad et Mohamad Hamza. En fleuret dames, il s’agit de Noura Mounir. En épée, Alaa Ayman est le seul épéiste qui a réussi à assurer sa qualification olympique. Quant au sabre, il s’agit de deux sabreurs, Mohamad Amer Afifi et Nada Hafez. Quatre autres escrimeurs ont pu valider leurs billets olympiques à travers des tournois qualificatifs. Ainsi, 12 escrimeurs égyptiens seront présents aux JO de Rio, soit le même nombre qu’à Londres 2012.

En fait, la qualification olympique se fait à travers le classement mondial des pays. A chaque compétition depuis 2015 et jusqu’en juillet 2016, les équipes récoltent des points selon leur classement final. Les 20 premières sélections dans chaque épreuve se qualifient directement pour les JO. Puis la première équipe de chaque continent aura un ticket. Le même système est appliqué en individuel. L’équipe de fleuret a assuré sa qualification en se classant 8e au niveau mondial. « L’équipe de fleuret a réalisé un exploit en se plaçant 8e. C’est une première dans l’histoire de l’équipe, dont le meilleur résultat était une 15e place. C’est une équipe très compétente qui a le potentiel de faire des résultats prometteurs », explique Medhat Al-Bakry, superviseur général de la sélection. Quant aux deux autres épreuves, à savoir le sabre et l’épée, les escrimeurs ont assuré leur qualification en se classant 1er au niveau africain.

En fait, l’escrime égyptienne a réalisé son premier exploit olympique grâce à l’escrimeur Alaa Aboul-Qassem. Ce dernier a réalisé une première dans l’histoire de l’escrime égyptienne et africaine en remportant une médaille d’argent en fleuret. Depuis, tous les regards se sont dirigés vers cette discipline qui n’est ni connue, ni répandue en Egypte. Pour être à la hauteur de cet exploit, la Fédération a commencé, après Londres 2012, à élaborer un programme de formation de quatre ans pour bien préparer la sélection. La Fédération a accordé une grande attention au champion olympique, Alaa Aboul-Qassem. Après Londres 2012, la Fédération a fait de son mieux pour le soigner, car il souffrait d’une blessure aux épaules. « Ayant achevé son traitement aux Etats-Unis en 2014, il s’entraîne actuellement dans un club français aux frais de la Fédération. L’entraînement en France, l’une des grandes nations de la discipline, lui a permis d’améliorer sa technique de jeu et d’acquérir de l’expérience. Ainsi, il a fait une saison assez bonne 2015 en raflant deux médailles d’or aux Jeux africains, une en individuel et l’autre par équipe. Il est actuellement 19e au niveau mondial », ajoute Bakry.

Un autre plan de travail intensif a été élaboré pour les trois autres équipes. La première démarche prise était le recrutement d’un nouvel expert polonais, Adam Kasaboski, avec le but d’introduire les méthodes d’entraînement mondiales et améliorer le niveau des escrimeurs. « Mais la démarche la plus importante a été le recrutement d’un psychologue en vue d’améliorer la technique de concentration des escrimeurs, qui était l’un des points faibles de la sélection », explique Gamil Al-Zeftawi, membre de l’encadrement technique de la sélection. Et de poursuivre : « C’est un système appliqué dans les grandes sélections, car l’escrime est une discipline qui nécessite une bonne technique et pas seulement de la vitesse et de la force physique. La concentration est aussi requise ».

Selon lui, l’équipe de fleuret est bien placée pour réaliser un exploit à Rio. « On compte beaucoup sur la sélection de fleuret qui est la plus forte. Les meilleurs actuellement sont Alaa Aboul-Qassem et Tareq Fouad. C’est leur deuxième participation olympique, et ils sont les plus expérimentés de la sélection », ajoute Zeftawi.

Dans l’épreuve de l’épée, tous les espoirs portent sur Ayman Alaa qui a brillé en 2015. Il a réalisé un vrai exploit en se classant à la 7e place de la Coupe du monde qui s’est achevée en avril dernier à Rio.

Pour être à la hauteur, les trois équipes bénéficieront d’une préparation de taille. La Fédération a élaboré un programme riche avec des stages et des tournois en perspective. « L’exploit de Londres 2012 nous fait porter une grande responsabilité, voire un défi pour revoir l’escrime égyptienne sur le podium olympique », assure Al- Bakry.

A cet effet, la Fédération est parvenue à un accord avec la sélection française pour que les trois équipes égyptiennes passent un mois à partir du mois de mai dans un camp avec la sélection française, en vue de disputer avec elle les Championnats de France. « C’est une occasion pour nos escrimeurs de jouer contre des adversaires très solides. Cela nous permettra de faire une évaluation et de connaître les lacunes des trois équipes, afin d’y remédier », ajoute Al-Bakry. Les trois équipes passeront les deux mois avant les JO de Rio dans des stages en Espagne, à Moscou, aux Etats-Unis, en Hongrie et en Italie.

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