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Ahmad Akram et Farida Osman : Nous faisons de notre mieux, mais personne ne peut garantir la médaille

Doaa Badr, Mardi, 26 avril 2016

Ahmad Akram et Farida Osman sont les vedettes de la sélection nationale. En terminant respectivement 4e et 5e aux Mondiaux 2015, ils seront les stars égyptiennes aux Jeux olympiques de Rio. Double entretien.

Ahmad Akram et Farida Osman
Ahmad Akram et Farida Osman sont les vedettes de la sélection nationale. (Photo : Facebook des athlètes)

Al-Ahram Hebdo : Ces der­nières années, vous avez réali­sé les meilleures performances de l’histoire de la natation égyptienne. Comment l’expliquez-vous?

Ahmad Akram : Je suis très fier de mes performances ces dernières années. Mais il faut savoir que ces résultats sont le fruit de longues années de travail. Depuis que je pra­tique la natation, je suis un système bien précis : je fixe mes buts et je travaille pour les réaliser. Depuis mon enfance, j’ai été un nageur dis­tingué de courte distance au club Ahli. Ce n’est qu’en 2013 que j’ai commencé une nouvelle ère sous la houlette de l’entraîneur Chérif Habib désigné par le club. Il m’a convaincu de commencer à aborder les longues distances. Après avoir remporté la médaille d’or sur 1 500 m à la Coupe d’Egypte en 2013, je me suis spécia­lisé dans les longues distances, et j’ai commencé ainsi mon nouvel élan. Aux Mondiaux juniors 2013, j’ai disputé les finales des 800 m et 1 500 m libre. Une année plus tard, j’ai remporté la médaille d’or sur 800 m libre aux Jeux olympiques de la jeu­nesse 2014 à Nanjing (Chine). Je suis devenu ainsi le premier Egyptien à remporter une médaille olympique en natation. L’année dernière, j’ai ter­miné 4e du 1 500 m libre aux Mondiaux 2015, réalisant ainsi une première dans l’histoire de la nata­tion égyptienne.

Farida Osman : Je suis très heu­reuse et très fière de mes perfor­mances. Grâce au président de la fédération, Yasser Idriss, et au direc­teur technique, Chérif Habib, l’at­mosphère au sein de l’équipe natio­nale était idéale pour réaliser des exploits. Mais il faut savoir que pour atteindre ce niveau, j’ai dû beaucoup sacrifier, car je suis consciente que le succès ne vient pas par hasard. Depuis ma médaille d’or réalisée aux Mondiaux juniors, j’ai fait mes pre­miers pas sur la voie du profession­nalisme. Aux Mondiaux 2013, j’étais classée 7e, et en 2015, je me suis classée 5e. Ces performances signi­fient que je suis sur la bonne voie et que je progresse. La prochaine fois, je pourrai remporter une médaille.

— Votre séjour aux Etats-Unis a-t-il joué un grand rôle dans l’amélioration de votre niveau ?

— Oui bien sûr. En fait, j’ai com­mencé, il y a deux années, mes études à l'Université Caroline du Sud grâce à une bourse. Aux Etats-Unis, le sys­tème d’entraînement est totalement différent, car il permet à l’athlète de bien se concentrer et d’organiser son temps. Je m’entraîne aux Etats-Unis sous la houlette de Mark Bernardino qui est en contact avec mon entraî­neur égyptien, Chérif Habib. Mais il faut savoir qu’au début, j’ai rencontré un problème vu que l’entraînement aux Etats-Unis s’effectue dans de petites piscines. Ce problème m’a dérangé, car je suis un nageur de longue distance. Mais j’ai pu le sur­monter. Cette année, mon niveau a nettement progressé, j’ai pu terminer 2e du 1 650 yards, aux Championnats NCAA, qui regroupent toutes les uni­versités américaines. J’ai pu encore rafler la médaille d’or aux Championnats de Conférence, réali­sant ainsi une première pour mon université américaine.

— En 2013, j’ai commencé une nouvelle étape de ma vie. Après avoir obtenu le bac, j’ai intégré l'Université de Berkeley en Californie. J’ai choisi cette universi­té pour sa bonne réputation en nata­tion et en études. Elle occupe la première place aux Championnats NCAA. Pendant mon séjour aux Etats-Unis, j’ai réalisé beaucoup de progrès en remportant un bon nombre de médailles et en battant à plusieurs reprises mes records per­sonnels, égyptiens, arabes et afri­cains. L’entraînement aux Etats-Unis est vraiment différent. En m’entraî­nant avec les meilleures nageuses du monde, je me sacrifiais corps et âme afin d’être à leur hauteur. Tout cela m’a incitée à faire plus et à améliorer mon niveau. En Egypte, j’étais dis­persée entre l’entraînement et les études, cela sans compter le pro­blème infernal de la circulation, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, où ma vie est bien orga­nisée : à l’université, la natation est considérée comme une matière fai­sant partie des études. J’organise mes cours selon les horaires de l’en­traînement.

— Quel est votre programme de préparation d’ici jusqu’aux JO ? Et quel est votre objectif à Rio ?

— A la fin de mes études aux Etats-Unis, fin mai, je reviendrai en Egypte pour retrouver mon entraî­neur national, Chérif Habib, qui suit mes entraînement aux Etats-Unis. Le 1er juin je disputerai un tournoi international en République tchèque. Ensuite, j’effectuerai un camp de préparation en Hongrie avant de dis­puter un autre tournoi le 3 juillet en République tchèque. Un mois avant les JO, je dois effectuer avec la sélection nationale un dernier camp au Brésil. A Rio, mon but est de dis­puter la finale, puis en finale, tous les nageurs possèdent la même chance de monter sur le podium olympique. Mais j’espère que les médias égyp­tiens arrêteront cette pression qu’ils nous mettent. Nous faisons de notre mieux, mais personne ne peut garan­tir la médaille.

— En mai prochain, je dois dispu­ter plusieurs tournois internationaux aux Etats-Unis comme le Grand Prix de Charlotte, une compétition très importante. Après mes études, je pré­fère rester aux Etats-Unis pour conti­nuer mon programme de préparation avec mon entraîneur à l’université. Durant mon programme, je dois dis­puter 2 ou 3 tournois. Avant les JO, je vais rejoindre le camp de préparation de la sélection nationale qui aura lieu au Brésil. Mon but est de monter sur le podium olympique. Mais avant, il est impératif de disputer la finale, ce qui sera un exploit pour la natation égyptienne.

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