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Judo: Un bon début

Marianne Youssef, Lundi, 28 janvier 2013

Après une longue pause, la nouvelle Fédération élue fin décembre dernier élabore un programme intensif pour améliorer les performances de cette discipline lors de la nouvelle saison.

Judo
Le judo égyptien à l'instar de Ramadan Darwich espère de retrouver sa forme en 2013. (Photo: Reuters)

C'est au Centre olympique de Maadi que la sélection nationale de judo reprend la première phase de sa préparation après une période de pause de 6 mois. Ce camp, qui a commencé le 15 janvier dernier, dure un mois. Il sera suivi de deux camps en Tchèque et en Hongrie durant 2 semaines en février prochain. Lors de ces deux camps, la sélection disputera des matchs amicaux avec d’autres sélections, comme celles de la France, d’Allemagne, de Biélorusse et de Tchèque. Pour évaluer son niveau, la sélection disputera le tournoi Grand Prix qui aura lieu en Turquie en mars prochain. Toutes ces étapes entrent dans le cadre de la préparation de la sélection à une saison riche en tournois africains et internationaux.

En avril prochain, elle disputera la 34e édition des Championnats d’Afrique qui se dérouleront à Maputo, au Mozambique. Ensuite, elle disputera au mois de juin les Jeux méditerranéens qui auront lieu en Turquie. Finalement, c’est au Brésil qu’elle participera aux Mondiaux en août. En effet, ces compétitions sont d’une grande importance, afin de prouver que la sélection a pu reprendre son niveau et qu’elle est capable de rééditer les exploits du passé. « La sélection tente de revenir en force sur la scène africaine et internationale, après la débâcle de Londres due à l’instabilité dont a souffert la Fédération en 2011 et 2012. Pour réaliser cela, la sélection a besoin d’une bonne préparation et d’une grande stabilité. Et c’est ce que je fais dès mon arrivée à la tête de la Fédération il y a un mois », explique Sameh Moubacher, nouveau président de la Fédération. Il ajoute qu’il faut déployer beaucoup d’efforts, car la concurrence dans ces tournois sera très rude avec la présence des meilleurs du classement du monde tels que le Hollandais Henk Grol, le Japonais Takamasa Anai et le Russe Sergei Sanmoilovich. Ils détiennent tous un palmarès plein de médailles mondiales et olympiques.

L’Egypte, une grande nation de la discipline

En effet, depuis quelques années, l’Egypte est considérée parmi les grandes nations de la discipline après ses excellents résultats sur la scène internationale. Les années de gloire ont commencé aux Mondiaux 2007, lorsque Hicham Mesbah (-90 kg) et Ramadan Darwich (-100 kg) ont décroché chacun une médaille de bronze. Le vrai exploit a été réalisé en 2008, lorsque le judo égyptien a remporté la seule médaille olympique aux JO de Pékin 2008 par Hicham Mesbah. En 2009, Islam Al- Chahabi (+100 kg) a remporté une médaille de bronze aux Mondiaux. En 2010, ce dernier a également remporté la médaille de bronze aux Championnats du monde.

Pourtant, depuis 2011, la discipline a été témoin d’un vrai recul à cause des conflits internes entre le président de la Fédération et le conseil d’administration. Ce qui a entraîné le changement du président de la Fédération à 2 reprises. D’ailleurs, les judokas étaient en désaccord avec leur Fédération, car elle a refusé une liste de revendications en rapport avec l’augmentation et la régularité de leurs salaires et primes. Le pire était les conflits qui ont éclaté entre les judokas et l’ancien président de la Fédération, Essam Rachad.

Ce dernier a licencié Bassel Al- Gharabaoui de son poste d’entraîneur des judokas qui font partie du projet des meilleurs athlètes, financé par le comité national du sport. Il a nommé Yousri Zaghloul pour entraîner toute la sélection. Cette situation a perturbé les judokas qui ont refusé la décision de la Fédération et ont continué à s’entraîner avec leur entraîneur Bassel Al-Gharabaoui. Face à ce refus, la Fédération a éloigné tous les judokas qui n’ont pas respecté cette décision. « Ces conflits ont affecté en profondeur le niveau de la sélection, sans compter que de nombreux tournois et camps ont été annulés. Cela était très remarquable aux JO de Londres, où les trois judokas les plus favoris pour remporter des médailles, tels Ramadan Darwich, Eslam Al- Chahabi et Hicham Mesbah ont été éliminés dès le premier tour », assure Yousri Zaghloul, directeur technique de la sélection.

Une nouvelle ère se présente

Aujourd’hui, la nouvelle Fédération tente d’entamer une nouvelle ère en unifiant les rangs de la sélection dans le but d’instaurer la stabilité qui permettra aux judokas de faire leur come-back sur la scène internationale et de reprendre leur esprit de combat.

« On va commencer une nouvelle ère basée sur le dialogue entre la Fédération et les judokas. On veut satisfaire leurs demandes. Nous commencerons par régler le problème des salaires, afin de les encourager à revenir en force et de leur faire sentir que la Fédération leur accorde l’intérêt qu’ils méritent », explique Moubacher. Il ajoute que la Fédération appliquera la transparence dans toutes ses décisions concernant tous les athlètes. « On va mener des essais pour former l’équipe nationale qui va disputer les importants tournois, et cela dans le but de donner une chance à tous les athlètes pour dévoiler leur talent », note-t-il. Ce n’est pas tout. La nouvelle Fédération élue a commencé à mettre en oeuvre un plan ambitieux pour le développement de la discipline.

Ainsi, un plan pour la réhabilitation des entraîneurs et des arbitres sera mis en oeuvre pour être à la hauteur de leur mission. « Tous les entraîneurs doivent effecteur des stages à l’étranger pour avoir un niveau international et connaître les nouvelles techniques d’entraînement. Pour travailler d’une façon scientifique, l’encadrement technique sera composé d’un directeur technique d’un niveau international, d’un nutritionniste et d’un psychologue. Cela figurait parmi les demandes des judokas », explique Ihab Mouchir, membre du conseil d’administration de la Fédération. En outre, pour le futur proche, l’objectif essentiel de ce plan est de former des sélections solides dans toutes les catégories d’âge. Pour le réaliser, la Fédération donnera un intérêt particulier à la sélection des jeunes, car elle formera une base pour la sélection nationale.

« C’est la sélection des jeunes qui va contribuer à avoir une large base et une bonne variété, ce qui aide au développement de la discipline et par la suite, à celui de la sélection nationale. Pour réaliser cela, on va accorder une attention particulière à la sélection des jeunes (-16 ans), car cette catégorie d’âge va nous aider à former de bons athlètes », ajoute Mouchir.

Un plan ambitieux, mais qui a besoin de temps pour porter ses fruits. Le vrai défi sera à Rio De Janeiro en 2016.

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