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Omar Gaber : Zamalek a réussi une saison sans faute

Amr Moheb, Mercredi, 30 septembre 2015

La star de Zamalek, Omar Gaber, revient sur l’excellente saison du club cette année, notamment après sa victoire historique contre Ahli. A 23 ans, le jeune milieu de terrain rêve d’évoluer en Europe.

Omar Gaber
Omar Gaber, star de Zamalek. (Photo : Ahmad Chéhata)

Al-Ahram Hebdo : En tant qu’ancien joueur de Zamalek, comment expliquez-vous cette saison exceptionnelle de l’équipe, qui a remporté le doublé et a enfin battu son rival Ahli après 11 ans de défaites successives ?

Omar Gaber : Effectivement Zamalek a réussi une saison sans faute. C’est le fruit du travail de toutes les parties prenantes du club : joueurs, directions technique et administrative. Cette dernière n’a pas lésiné sur les moyens pour offrir toutes les conditions de réussite aux joueurs et au staff technique qui ont pu se concentrer sur l’essentiel. Résultat : nous avons remporté le championnat et la Coupe. Il est clair que Zamalek mérite de remporter d’autres titres cette saison.

Zamalek a battu Ahli pour la première fois depuis 11 ans …

— Tout à fait. C’est merveilleux et mémorable de battre Ahli en finale de la Coupe. Zamalek, qui est un grand club, a montré son véritable niveau. Les choses sont désormais rentrées dans l’ordre.

— Vous avez gagné sur le score de 2 à 0 tout en ratant plusieurs occasions …

— (Il sourit) … Chaque fois que je rencontre des supporters de Zamalek, ils ne ratent pas l’occasion de m’en vouloir pour celle que j’ai loupée en première mi-temps. C’est vrai que c’était une occasion facile, mais mon tir est passé au-dessus de la cage. Franchement, avec un peu plus de réussite, nous aurions infligé une sévère défaite à notre adversaire. Dans ce genre de match, le plus important c’est le résultat et nous avons remporté la Coupe ce jour-là. Notre victoire contre Ahli nous a donné davantage de motivation pour gagner la Supercoupe d’Egypte et la Coupe de la CAF.

— Il y a quelques semaines, vous deviez rejoindre le club français des Girondins de Bordeaux, mais le transfert a capoté pour des raisons financières. Comment avez-vous vécu cela ?

— C’est dommage, car Bordeaux est un club connu en Europe et cela aurait constitué un bon début de carrière sur le Vieux continent. Les Girondins voulaient s’offrir mes services et m’ont invité pour effectuer les examens médicaux. La somme proposée par Bordeaux a été estimée insuffisante par Zamalek qui a demandé qu’elle soit rehaussée de 400 000 euros, à 3 millions d’euros, ce que les Français ont refusé. Je respecte le point de vue de la direction de Zamalek, qui estime que la somme proposée me dévaluait. Certes, je voulais partir, mais pas à n’importe quelle condition. Je ne regrette donc pas d’être encore à Zamalek. Cela m’a permis de vivre des moments exceptionnels. Et puis, il ne faut pas occulter l’impact psychologique qui a suivi la victoire sur Ahli. Cela a redonné espoir aux supporters.

— Avez-vous abandonné l’idée de jouer à l’étranger ?

— Non. Le fait de rester à Zamalek ne veut pas dire que j’ai abandonné l’idée de vivre une expérience européenne dans un championnat plus élevé. C’est le rêve de tout joueur d’évoluer dans un grand club et de découvrir le haut niveau à côté des meilleurs joueurs de la planète. Je pense qu’à 23 ans, mon avenir est encore devant moi. Je rêve de partir jouer en Europe au prochain Mercato.

— D’après vous, qui est le meilleur joueur de Zamalek cette saison ? Les médias sont partagés entre Bassem Morsi, Aymane Hefni, Moustapha Fathi, Mohamad Kouffi et vous-mêmes ?

— Le meilleur joueur c’est l’ensemble de l’équipe. Nous ne réagissons pas de cette manière à Zamalek. L’important pour nous, c’est que l’équipe gagne avec n’importe quel groupe de joueurs sur le terrain. Les remplaçants encouragent les titulaires et leur donnent des conseils pour qu’ils soient au top. Au cours des saisons précédentes, il n’y avait pas cet esprit d’équipe, et l’administration actuelle du club, sous la direction de Mortada Mansour, n’est pas étrangère à ce changement.

— Vous avez eu un problème avec la direction de Zamalek, notamment avec le président du club, Mortada Mansour, suite à votre soutien au groupe des supporters White Knights durant des incidents du Stade de la défense militaire …

— C’est vrai, c’était lors du match Zamalek-Enppi le 8 février dernier et qui a abouti au décès de 22 supporters. C’est une date que je n’oublierai pas. Mais j’ai agi sans mauvaise intention. Je suis Zamalkawi jusqu’au bout et j’aime mon club et ses supporters. J’ai un peu perdu mon contrôle, lorsque ces incidents se sont produits. C’est l’un des moments les plus tristes de toute ma vie : voir mourir des jeunes supporters venus pour nous encourager et nous soutenir. C’est vraiment cruel. J’avais senti que ce n’était pas acceptable de jouer quelques minutes après leurs décès comme si de rien n’était.

— Et l’administration du club vous a reproché cela ?

— Oui, et franchement, elle avait raison. Je suis un joueur professionnel et je devais me concentrer uniquement sur le football qui est mon métier. Le reste est l’affaire de l’administration du club. J’ai retenu la leçon. Toute mon attention est désormais focalisée sur l’aspect technique, et cela m’a servi, puisque j’ai retrouvé une place de titulaire à Zamalek, et Hector Cuper m’a convoqué en équipe nationale.

— A propos de la sélection égyptienne, comment voyez-vous ses chances de qualification à la CAN dans une poule qui regroupe également le Nigeria, sachant qu’il n’y a qu’un seul billet ?

— Je pense que les chances des Pharaons sont très grandes. Je pense aussi que la génération actuelle des joueurs est capable de redonner à l’Egypte sa véritable place sur l’échiquier continental. Pourvu qu’elle tire profit de l’expérience du coach Cuper et de la bonne performance de la plupart des joueurs de cette génération, surtout celle de Mohamad Salah.

— Ton mot de la fin ?

— Je rêve de poursuivre ma carrière en Europe. Je voudrais également voir les supporters revenir aux stades et que l’on revive l’ambiance d’antan. Les supporters sont un acteur très important du football. On joue comme dans une pièce de théâtre dans une salle sans spectateurs ou un film projeté dans une salle de cinéma vide. Cela n’a pas de sens. Le football n’a plus de saveur. J’espère que les choses rentreront rapidement dans l’ordre.

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