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Le cartouche de Chéops retrouve sa demeure

Nasma Réda, Lundi, 18 août 2014

L’Egypte a reçu cette semaine le cartouche rouge de Chéops, arraché l’année dernière à la Grande Pyramide par deux archéologues allemands. Les autorités égyptiennes exigent qu’ils soient sanctionnés.

Le cartouche de Chéops retrouve sa demeure
Le mur où a été arraché le cartouche rouge. (Photo:Ministère égyptien des Antiquités)

Un an après son vol, le cartouche rouge portant le nom du roi Chéops est de retour en Egypte. La pièce a été livrée cette semaine à l’ambassade d’Egypte à Berlin. « Bien que le cartouche volé soit maintenant en route vers sa place originale, les procédures juridiques continueront jusqu’à la condamnation des criminels », affirme Mamdouh Al-Damati ministre des Antiquités. Al-Damati dit apprécier la coopération des autorités allemandes et leur aide précieuse, notamment celle de la ministre des Sciences saxonne, Von Schorlemer.

Cette récupération fait suite aux mesures, notamment juridiques, prises par le ministère pour la récupération de cette pièce illégalement arrachée. Les antiquités égyptiennes sont protégées par la loi numéro 117 de 1983. De plus, les pyramides sont inscrites sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. « Les autorités allemandes, l’Unesco et le ministère égyptien des Affaires étrangères ont déployé beaucoup d’efforts pour assurer le retour de cette pièce. C’est un monument universel qui appartient à l’humanité toute entière », assure Al-Damati.

L’Egypte réclame des sanctions

Le cartouche de Chéops retrouve sa demeure
L'ambassadeur d'Egypte à Berlin et la ministre allemande lors de la récupération du cartouche. (Photo:Site de l'ambassade d'Egypte à Berlin.)

Le vol du cartouche par les chercheurs allemands était tabou dans les milieux archéologiques. Le gouvernement allemand a dernièrement accepté de restituer les pièces volées à condition qu’il y ait une réconciliation entre le ministère égyptien des Antiquités et l’Université allemande où travaillent les chercheurs. Proposition qui a été refusée du côté égyptien, qui exigeait le retour du cartouche sans conditions. Mohamad Ibrahim, ex-ministre des Antiquités, a suivi l’enquête de près avec le procureur général. Il a pris contact avec le ministère égyptien des Affaires étrangères, lui demandant de poursuivre les investigations, pour prouver la culpabilité des deux archéologues allemands et les faire condamner. « Ces deux personnes ont enfreint la loi égyptienne en pénétrant dans la Pyramide sans permission, en arrachant les 5 échantillons et en emmenant des antiquités hors du territoire égyptien. En plus, ils ont eu l’audace de l’annoncer sur Youtube », dit-il. « On ne fait jamais de conciliation officieuse. Tous les contacts sont officiels avec l’ambassade d’Allemagne et le gouvernement allemand », reprend-t-il. Et d’ajouter : « Cet incident ne va pas seulement à l’encontre de la loi égyptienne, mais à l’encontre de la loi internationale et des conventions de l’Unesco ».

Recherchés par Interpol, les deux hommes ont été placés sur la liste de surveillance des aéroports. « Nous ne les lâcherons pas sans sanctions », assure Ali Al-Asfar, ancien responsable au ministère des Antiquités. Un procès est en cours devant la justice allemande.

L’ambassade d’Allemagne au Caire a, pour sa part, dénoncé l’action de ces chercheurs, rappelant que « les vandales ne sont, en aucun cas, associés à l’Institut archéologique allemand ». Les deux archéologues allemands avaient affirmé, il y a quelques mois, que leurs recherches et visites sur le plateau des Pyramides étaient « régulières depuis 2006 ». Ils avaient une théorie à prouver, celle qui consiste à dire que la Grande Pyramide de Chéops est plus ancienne que ce que l’Histoire admet. Pour prouver leur point de vue, les deux chercheurs n’avaient pas hésité à pénétrer sans autorisation au sein de la Pyramide.

Des mesures de sécurité draconiennes ont été prises par les autorités égyptiennes sur les différents sites archéologiques, notamment sur le plateau des Pyramides. Dernièrement, deux touristes russes ont été arrêtés par la police près de la Pyramide de Khéphren pour avoir utilisé des appareils photo sophistiqués. Après les investigations, ils ont été libérés. Pour sa part, Mohamad Chiha, directeur général du site, déclare que suite au pillage, inspecteurs et gardiens ont peur que l’appareil saisi ne soit utilisé pour des travaux de publication scientifiques ou médiatiques. « On organise et réglemente seulement les visites touristiques. L’accès individuel est catégoriquement interdit. Seul le comité permanent des antiquités peut accorder des permissions d’entrée, avec des conditions très strictes, afin de ne pas nuire aux monuments à la valeur inégalable », conclut Mohamad Ibrahim.

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