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Amr Al-Tibi : L’Egypte peut faire des répliques qu’on ne peut pas distinguer des pièces originales.

Nasma Réda, Mardi, 29 avril 2014

Pour Amr Al-Tibi, chef du département des répliques des antiquités égyptiennes au sein du ministère des Antiquités, l’Egypte possède les capacités techniques pour réaliser un projet semblable à celui de la reproduction de la tombe de Toutankhamon.

Al-Ahram Hebdo : D’après vous, l’Egypte possède-t-elle les moyens pour faire des répliques aussi parfaites que celle de Toutankhamon ?

Amr Al-Tibi : Le département qui fait des copies des antiquités égyptiennes est récent en Egypte. Il a été fondé en 2010 au sein du ministère, ensuite, les événements politiques ont retardé notre travail. Mais on a pu quand même, au cours de ces trois dernières années, faire la réplique d’une partie importante de la collection du jeune pharaon Toutankhamon (près de 200 pièces). Je suis fier de notre travail. Aujourd’hui, je peux dire avec confiance qu’on peut réaliser un projet semblable à celui exécuté par Factum et qui consiste à reproduire la tombe de Toutankhamon à la Vallée des rois par des Egyptiens talentueux et expérimentés. En fait, nous avons déjà reproduit près de 50 pièces pour l’Académie égyptienne à Rome. Et on prépare une collection pour l’exposer ce mois-ci au Maroc.

Alors, pourquoi ce projet est-il fait par des étrangers ?

— L’exécution de ce projet remonte à 2009, lorsqu’un accord a été signé entre le ministère et la compagnie Factum Arte. Franchement, à cette époque, on ne faisait pas de tels projets en Egypte. Nous n’avions ni l’expérience, ni les équipements nécessaires, ni même les archéologues, les techniciens et les ingénieurs compétents et expérimentés dans ce domaine. Mais la situation a changé aujourd’hui.

Quel intérêt de construire une réplique à l’endroit même de la vraie tombe ?

— Le but est de fermer la tombe originale, ce qui nous permettrait de la restaurer et de l’entretenir pour les générations suivantes. L’installation de la réplique près de la maison de Howard Carter est une bonne occasion pour visiter la maison qui a été dernièrement restaurée et qui est actuellement ouverte au public.

Mais lorsque le touriste arrive à Louqsor, il préfère sûrement visiter les tombes originales...

— Bien sûr cela a un autre goût, mais on n’a pas d’alternatives. Parfois les autorités sont obligées de fermer la tombe pour la restaurer.

— En combien de temps ce travail peut-il être fait ?

— Cela dépend. Vu la richesse de cette tombe du jeune pharaon et sa collection, cela exige quelques années de travail. C’est un travail compliqué. Nous avons pu imiter la collection. Nous avons de bons architectes. Nous avons besoin peut-être de la dernière technologie pour photographier les murs des tombes avec des techniques en trois dimensions.

— Alors avez-vous besoin d’archéologues étrangers ?

— On peut collaborer avec eux au début, afin de profiter de la technologie et de leur expertise. Mais j’ai confiance en les Egyptiens.

— Pourquoi Toutankhamon ?

— Toutankhamon est sans doute le pharaon le plus connu et le plus médiatisé grâce à la découverte de sa tombe, que l’on peut considérer comme l’événement archéologique majeur du XXe siècle, surtout que sa tombe a été trouvée presque intacte.

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