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Deux Niçois à Daher !

Odile et Christian Bourgeois , Mercredi, 29 mai 2024

Deux Français en mission de travail au Caire pendant sept mois racontent à l’Hebdo leur riche et émouvante expérience en Egypte et dans les quartiers de la capitale. Témoignage

Deux Niçois à Daher !

Je suis arrivée au Caire avec mon mari Christian, fin septembre 2023, pour une durée de sept mois. Nous faisons partie d’une association nationale dont les membres prodiguent des conseils dans quatre domaines : entreprise, enseignement, santé et social. C’est dans ce cadre que nous avons été missionnés pour promouvoir la culture française au sein de l’établissement scolaire des Frères De La Salle, situé à Daher. Christian enseigne ici le français, tandis que j’anime la vie scolaire et je dispense des formations aux enseignants à la section française.

C’est la gentillesse et la bienveillance des habitants du quartier populaire de Daher qui nous ont le plus surpris … Dès nos premières sorties, les « Welcome to Cairo » ou « Welcome to Egypt » pleuvaient sur nous, accompagnés de larges sourires et de propositions à boire le thé … C’est un quartier où l’on se sent les bienvenus, sans rapport mercantile d’aucune sorte, et qui a une âme. Nous aimons « notre » quartier, on s’y sent bien, comme à la maison … ou presque ! Un peu plus de chiens et chats errants qu’à Nice, mais très rapidement, nous nous sommes rendu compte qu’ils n’étaient pas agressifs … On doit cependant toujours regarder nos pieds en marchant, les trottoirs n’étant pas toujours immaculés et rarement en bon état ! Le plus souvent, nous faisons comme les autochtones, nous marchons sur la route, au milieu du trafic incessant et du son des klaxons qui régissent la circulation. Quelques nouvelles habitudes à acquérir donc mais toujours avec le sentiment d’être les bienvenus et en sécurité. Beaucoup de kiosques et de marchands de fruits et légumes sont à notre porte, nous nous sommes inscrits à une salle de sport au bout de la rue pour continuer à nous entretenir physiquement, le sport en extérieur nous semblant impossible vu la pollution régnante … Nous avons de nombreuses épiceries et même plusieurs petits supermarchés où nous trouvons tout, des coiffeurs, des pressings, des commerces en tous genres, sans oublier la quantité de petits garagistes qui réparent les voitures et les scooters. Nous avons bien sûr des cafés où nous avons bu nos premiers cafés turcs, chai, lamoun et karkadé … sans compter les délicieux jus de fruits fraîchement pressés, pas de problème d’adaptation pour nous et même, nous nous régalons !

Depuis notre arrivée, nous avons sillonné Le Caire en long, en large et en travers ! 162 km à pied le premier mois, en octobre, et depuis, nous parcourons en moyenne 120 km par mois, toujours à pied, pour le plaisir de rencontrer les gens. Nous circulons aussi en métro, Uber, taxis et tok-tok selon les circonstances. Nous avons l’impression qu’en Egypte, tout est possible : il n’y a jamais de problème, que des solutions. Le temps est une notion différente de chez nous et nous apprenons la patience, une bonne école donc !

Une capitale énergisante

Bien sûr que nous avons visité les sites importants du Caire : de Dahchour à Guiza en passant par Saqqara pour les pyramides et la genèse de l’histoire égyptienne (Guiza plusieurs fois pour profiter de l’exposition extraordinaire Now for ever), le Musée égyptien et sa mascotte William, le petit hippopotame en céramique bleue, le Musée copte et le quartier au moins quatre fois pour tout voir, y compris le cimetière grec, le superbe Musée islamique qui couvre toute l’histoire des Fatimides à la période ottomane et celui des civilisations, non moins impressionnant avec sa collection notamment de momies au sous-sol, la Citadelle, son musée et les deux mosquées dans son enceinte, dont la majestueuse Mohamad Ali, Héliopolis et le délirant palais du Baron Empain … Nous n’aurons pas le temps de visiter toutes les mosquées, mais nos coups de coeur vont à la mosquée Ibn Touloun et son minaret en spirale, sans oublier la maison de Gayer Anderson, attenante et à la mosquée bleue, une splendeur.

Khan Al-Khalili et ses différents souks n’ont plus de secrets pour nous et bien sûr que nous sommes allés voir les derviches tourneurs. D’ailleurs, nous avons fait la connaissance d’Ismaïl, principal danseur du groupe Tannoura, qui nous a fait connaître le restaurant GAD, juste à côté du complexe Al-Ghouri. Tant de maisons et de complexes à visiter dans le quartier islamique que l’énumération pourrait devenir fastidieuse. Nous aimons aussi aller sur les deux îles au milieu du Nil et lors de notre visite de l’île Al-Roda, du Palais de Manial, sa mosquée et ses jardins, de nombreux couples de mariés se faisaient photographier dans la joie et la bonne humeur. Au sud de l’île, visite intéressante du nilomètre et du musée de l’Astre de l’Orient, Oum Kalsoum. Nous sommes allés plusieurs fois sur l’île de Guézira pour visiter le musée et les galeries d’art moderne, ainsi que l’Opéra et nous promener à Zamalek qui invite à la flânerie. Nous sommes même allés passer une journée à la Nouvelle Capitale administrative pour voir à quoi elle ressemblera lorsque sa construction sera terminée. Le Caire est, à notre humble avis, une capitale où il est impossible de s’ennuyer. Chaque quartier a son style et sa vie propre, comme Maadi, truffé de commerces, restaurants, bars, parcs et où se trouvent le Lycée français et beaucoup d’ambassades et d’expatriés qui y vivent. Tout comme Doqqi, quartier résidentiel et très plaisant, abritant de nombreuses nationalités. Choubra, plus populaire, où nous sommes allés sur les traces de Dalida qui y a vu le jour. L’Egypte est un pays tellement riche en histoire, en art … et ce, réparti sur plus de 5 000 ans ! Impossible de tout appréhender en sept mois, mais nous nous sommes bien immergés ! Seule la langue arabe que nous ne parlons pas nous fait défaut, à notre grand regret, mais nous communiquons avec les sourires et les gestes !

La circulation au Caire continue de nous extasier : un chaos spectaculaire où voitures neuves ou complètement cabossées, camions, minibus et bus pétaradants, charrettes tirées par des ânes ou des chevaux, scooters aux conducteurs sans casques et même vélos circulent sans trop de casse apparemment, incroyable ! Cela me fait penser aux bancs de poissons en mer qui s’alignent et ondulent, évitant les obstacles ! La densité de la population est aussi assez impressionnante même si l’on a les chiffres avant de venir. Une population jeune, de religions différentes qui cohabitent. La bonne surprise fut aussi les vendeurs sur les sites touristiques, qui proposent leur marchandise bien sûr, mais sans agressivité aucune et sans harcèlement si vous déclinez l’offre. Nous avons eu un mois de vacances et en avons profité pour visiter Abou-Simbel, Alexandrie, Port-Saïd, Siwa et Hurghada. Partout, le même accueil cordial et bienveillant. Les Egyptiens qui ne vivent pas tous confortablement, loin de là, sont aimables et toujours prêts à partager ce qu’ils ont ou à vous arranger … Une belle leçon de vie que les Français râleurs feraient bien de venir prendre.

En conclusion, on aime la ville du Caire pour ses habitants tout d’abord, puis pour la diversité de ses quartiers et des trésors qu’ils recèlent, pour le soleil qui y brille presque en permanence, c’est une ville qui pulse, énergisante. Il faudrait juste que les Egyptiens soient plus sensibilisés à l’écologie et commencent, par exemple, à ne plus jeter leurs déchets au sol, n’importe où … Une marge de progrès donc, ce qui est toujours bien !

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