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Voyage au coeur des métiers de l’Egypte Ancienne

Doaa Elhami , Mercredi, 24 avril 2024

Le Musée égyptien du Caire a inauguré, le 18 avril, une exposition de trois mois sur les métiers et les industries de l’Egypte Ancienne. Tournée.

Voyage au coeur des métiers de l’Egypte Ancienne
(Photo : Doaa Elhami)

Le Musée de Tahrir organise une exposition incluant une trentaine de pièces représentant sept métiers de l’Egypte Ancienne. Inaugurée la semaine dernière, l’exposition intitulée Métiers et industries de l’Egypte Ancienne doit durer trois mois. Inédites, les pièces, exposées pour la première fois au grand public étaient conservées dans les dépôts du Musée égyptien. « Cette exposition porte sur les premières industries humaines et qui existent encore de nos jours, ces métiers sont considérés comme un patrimoine », souligne le professeur Ali Abdel-Halim, directeur général du Musée égyptien. En effet, la tenue de cette exposition s’inscrit dans le cadre des festivités organisées à l’occasion de la Journée internationale du patrimoine, célébrée le 18 avril de chaque année. Selon Moemen Othman, directeur général du secteur des musées au ministère des Antiquités, le thème de cette exposition est d’une ultime importance. « Elle met l’accent sur les techniques anciennes et leur développement au fil de l’histoire. Ces techniques recèlent encore de nombreux secrets et sont aussi importantes que les découvertes », souligne-t-il.

De la préhistoire à la basse-époque

Les pièces exposées retracent l’histoire des métiers de l’Egypte Ancienne depuis la préhistoire et la période prédynastique jusqu’à l’âge gréco-romain, en passant par l’Ancien, le Moyen et le Nouvel Empires, ainsi que la basse-époque. Les pièces sont fabriquées de divers matériaux et sont de différentes tailles et formes. Il y a de la poterie, des pièces en verre, en bois, en osier, en cuir. Il y a aussi des bijoux et du textile. « Certains de ces métiers anciens ont vu le jour pour la première fois sur le territoire égyptien. L’Egypte par exemple est le premier pays au monde à connaître la fabrication du lin », explique l’égyptologue Loutfi Abdel-Hamid, directeur adjoint du Musée égyptien pour les affaires archéologiques. Et d’ajouter que l’ancien Egyptien fabriquait en lin les vêtements, mais aussi les linceuls, ce qui explique pourquoi des fragments de linceuls sont présentés aux visiteurs dans le cadre de l’exposition. Le verre, come le lin, a vu le jour pour la première fois en Egypte.


La poterie, un métier que les Anciens Egyptiens maîtrisaient. (Photo : Doaa Elhami)

« Le silicium est densément présent dans le sable égyptien. Il est utilisé dans la fabrication du verre pur. L’homme premier a exploité cette matière dans la fabrication d’oeuvres de formes et de tailles variées », reprend l’égyptologue. Il ajoute que les artistes de l’Egypte Ancienne ont excellé dans la fabrication du verre coloré en mélangeant des oxydes bleus et jaunes pour obtenir la couleur verte. « Les Anciens Egyptiens étaient des chimistes incontournables. Leur habileté est claire dans ces petits flacons dorés et incrustés d’ivoire, d’argent et de pierres semi-précieuses présents à l’exposition », indique Loutfi Abdel-Hamid. Le visiteur peut contempler des bijoux datant des époques préhistoriques et prédynastiques comme ces colliers finement enfilés, malgré leur fragilité et leurs petites dimensions. Il y a aussi des bracelets en ivoire, matière dure à façonner, reflétant la technique raffinée de cette époque reculée. Les Anciens Egyptiens utilisaient des poinçons pour trouer les coquilles. La vitrine des bijoux expose des assiettes renfermant de petits cailloux et de petites pièces. « Les restaurateurs du musée ont beaucoup travaillé pour rendre à ces colliers et ces bracelets leur forme d’origine », affirme Loutfi Abdel-Hamid.

Poteries et objets en cuir

L’exposition offre aussi au visiteur des pièces de poterie qui remontent à l’Ancien Empire (2647-2150 av. J.-C.). Parmi celles-ci il y a un récipient qui était consacré à la bière. « Nous avons des scènes qui décrivent les étapes de fabrication de la bière montrant des femmes égouttant la bière dans des récipients, dont celui qui est exposé », explique Abdel-Hamid. Il affirme que l’exposition offre au visiteur des récipients en faïence peints de motifs botaniques et géométriques.


Un récipient funéraire de la basse-époque utilisé dans l’embaumement. (Photo : Doaa Elhami)

L’exposition renferme également quelques objets en cuir, dont les plus anciennes laisses de chien. « Ces laisses ont été fabriquées avec finesse pour ne pas nuire aux animaux », explique Ali Abdel-Halim. Malgré toute cette richesse, l’égyptologue considère les objets en bois comme les véritables chefs-d’oeuvre de l’exposition. Les outils utilisés pour couper les arbres, comme la hache et les ciseaux, sont parmi les plus importants exposés. « Les Anciens Egyptiens modifiaient la forme des haches et des ciseaux afin de faciliter la fabrication de certains objets qui variaient en taille et qui étaient destinés soit à la vie quotidienne ou à l’au-delà », reprend Abdel-Halim. Une chaise, un petit bateau et un repose-tête rare sont exposés. « Cette pièce a une forme unique. Elle représente le signe hiéroglyphique Akhet, symbole de la levée du soleil et du retour de la vie », ajoute Abdel-Halim. Et d’ajouter : « Cette vitrine octogonale est l’une des plus anciennes exposées au Musée égyptien ». Pour lui, cette vitrine est sans conteste le chef-d’oeuvre de l’exposition, vu sa forme peu commune de nos jours. C’est pourquoi elle occupe le centre de la salle d’exposition.

L’exposition, qui s’inscrit dans le cadre des festivités de la Journée internationale du patrimoine, coïncide également avec la Fête du travail célébrée le 1er mai de chaque année.

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