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Le NMEC élargit son rôle

Nasma Réda, Mercredi, 06 mars 2024

14 nouveaux laboratoires viennent d’être inaugurés au Musée national de la civilisation égyptienne à Fostat (NMEC). Ils sont dédiés à la restauration des monuments et à différents types d’analyses sur l’Egypte Ancienne.

Le NMEC élargit son rôle
(Photo : Ahmad Agamy)

L’ADN, la bioarchéologie, l’archéobotanique, les rayons X et l’unité microscopique sont des exemples des nouveaux laboratoires inaugurés cette semaine au Musée national de la civilisation égyptienne (NMEC) de Fostat, au Vieux-Caire. Il s’agit de 14 laboratoires scientifiques variés, dédiés non seulement à la restauration des monuments mais également aux analyses et aux études. « Avec l’ouverture de ces nouveaux laboratoires, le NMEC continue son rôle d’institution culturelle et scientifique contribuant à la protection du patrimoine », souligne Ahmed Issa, ministre du Tourisme et des Antiquités, lors de l’inauguration des laboratoires, ajoutant qu’ils sont bien équipés et représenteront une source de revenus pour le musée qui cherche à développer et à promouvoir ses activités culturelles depuis son inauguration en avril 2021.

Selon Ahmed Ghoneim, directeur exécutif du NMEC, l’inauguration de ces laboratoires sophistiqués contribue à enrichir le rôle actuel des musées, défini par l’ICOM (Conseil international des musées) au début de 2024 comme des centres éducatifs dynamiques favorisant la curiosité, la créativité et l’esprit critique. « En 2024, nous reconnaissons la contribution des musées à la recherche, en offrant une plateforme pour l’exploration et la diffusion de nouvelles idées », souligne le site de l’ICOM.

« Bien que l’inauguration ait été retardée de plus de dix ans pour des raisons politiques, financières et administratives, elle intervient au bon moment pour soutenir les 250 missions opérant sur différents sites archéologiques dans tout le pays », estime Ghoneim. Il explique que le nouveau laboratoire « mobile », un appareil unique en son genre en Egypte, permet d’effectuer diverses analyses sur site telles que la détection des éléments, la détermination de l’origine et de l’âge des pièces, l’analyse du sol et des couleurs, ainsi que l’examen des métaux lourds sur place.

« Ce dispositif a résolu le problème entre les archéologues concernant la possibilité de prélever un échantillon du site et de l’exposer à un environnement différent de son lieu d’origine », explique Sharaf Mohamed, superviseur des laboratoires scientifiques. « Le nouveau laboratoire de l’ADN aura un impact significatif sur l’étude et l’analyse de plusieurs momies égyptiennes dont les propriétaires n’ont pas encore été identifiés », a déclaré le célèbre égyptologue Zahi Hawas lors de l’inauguration des laboratoires, soulignant que ceux-ci permettront non seulement de dater les momies, mais aussi de déterminer les causes de décès. « Grâce aux analyses par les rayons X et à la technologie moderne utilisée au musée, il n’est plus nécessaire de dérouler les momies pour obtenir des informations. Nous pouvons révéler l’âge, le sexe, les maladies, etc. sans défaire les bandelettes de lin », précise Mohamed.

Au sein du sous-sol bien sécurisé, les salles de laboratoire varient en termes de dimensions et d’équipements. Par exemple, la grande salle de microbiologie comprend plus de 22 appareils et microscopes où les échantillons archéologiques seront examinés afin de déterminer les différents types de micro-organismes et les méthodes les plus efficaces pour le traitement et l’élimination de la contamination microbienne. « Ce laboratoire permet également aux chercheurs de réaliser divers tests liés à l’étude de la microbiologie », souligne-t-il. D’autre part, dans le laboratoire de l’archéobotanique, plus petit que celui dédié à la microbiologie, les échantillons de certaines plantes et graines découvertes lors des fouilles s’accumulent sur les étagères. « Dans ce laboratoire, nous cherchons à identifier les types des plantes anciennes et à les comparer avec les espèces actuelles », explique Essam Mohamed, responsable de ce laboratoire.

Grâce aux nouveaux équipements, les démarches sont désormais plus faciles et plus rapides. Les nouveaux laboratoires, en particulier celui de la bioarchéologie spécialisé dans l’étude des résidus humains pour déterminer les origines humaines, les âges et les taux de mortalité à l’Antiquité, diffèrent des anciens laboratoires des momies royales concentrés principalement sur la momification et les matériaux utilisés. En raison de l’intérêt porté par les archéologues, les chercheurs et les scientifiques aux nouveaux laboratoires, les responsables du NMEC ont assuré que des visites seront organisées pour permettre à ceux qui le désirent de découvrir les moyens et les étapes de sauvegarde et de préservation des monuments avant leur stockage ou leur exposition dans les musées.

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