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Al-Mezawaqa, joyaux du désert

Nasma Réda, Samedi, 09 novembre 2013

Renforcer l'attrait des safaris en y ajoutant une dimension culturelle : c'est l'objectif de la rénovation des tombes exceptionnelles de Pedoubastis et Petosiris à Dakhla.

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Dakhla, la plus vaste des oasis du gouvernorat d’Al-Wadi Al-Guédid (la nouvelle vallée) dans le désert occidental, est l’objet d’un vaste chantier archéologique. Couverte de palmeraies et de cultures diverses, l’oasis est une suite de petits villages traditionnels compo­sés de maisons en terre lui donnant tout son charme.

A 900 km du Caire, l’oasis de Dakhla se distingue aussi par ses tombes Al-Mezawaqa, qui veut dire en arabe « ornée » ou « décorée ». Plusieurs d’entre elles ont subi des travaux de restauration mettant en valeur un patrimoine oublié, mais situé au coeur d’une zone touristique majeure connue pour ses safaris.

Lors de l’inauguration de deux tombes rénovées, Mohamad Ibrahim, ministre des Antiquités, a précisé les objectifs d’une telle restauration : « Ce gouvernorat représente plus de 44 % de la surface totale de l’Egypte. J’appelle les touristes à venir jouir tant de la beauté naturelle et du cli­mat de la région que de ses vestiges historiques et culturels ». Une manière de ne pas limiter l’attrait d’Al-Wadi Al-Guédid à ses immenses déserts.

Les tombes des grands prêtres Pedoubastis (le don de Bastet) et Petosiris de l’époque gréco-romaine, désormais ouvertes au public, sont l’une des preuves de la richesse culturelle de la région.

Le projet de restauration, qui a duré 6 ans, a aussi permis l’ouverture d’un centre regroupant des bureaux administratifs, une cafétéria et une salle d’exposition virtuelle pour un coût total de 3,2 millions de livres.

Une tombe datant de la XXIIIe dynastie

La tombe de Pedoubastis, ou Pelusis, remonte à la XXIIIe dynas­tie (818-793 av. J.-C.). Elle se com­pose d’une chambre unique décorée d’inscriptions funéraires aux cou­leurs vives et de deux cavités desti­nées à placer les sarcophages. Le style architectural de la tombe est plus proche du style égyptien que gréco-romain, style dominant dans la tombe de Petosiris. Une scène réa­liste d’un cortège funéraire où la momie est transportée sur un chariot nous est parvenue dans un état remarquable.

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Un peu plus loin se trouve la tombe de Petosiris, (le don d’Osiris), qui a vécu à la fin de la XXXe dynas­tie. Petosiris était considéré comme un sage. Sa tombe est composée de deux chambres jumelles. Sur les parois, des scènes funéraires mon­trent les rituels de l’époque. Dans la première est peint un corps d’homme à tête de faucon, probablement Horus, et Petosiris portant une toge, un pallium, des sandales et tenant un papyrus dans sa main.

La seconde est consacrée aux dieux Ibis (Thot), Horus, Osiris et Anubis qui sont montrés à travers différentes scènes, toujours accom­pagnés de Petosiris. Les scènes d’of­frandes et de momifications sont toujours au premier plan.

« Bien que les traits du visage et les vêtements de Petosiris soient gréco-romains, sa position de prière est purement égyptienne », explique Ali Al-Asfar, vice-directeur du sec­teur des antiquités au sein du minis­tère.

Les travaux de restauration effec­tués par des équipes d’archéologues égyptiens consistaient largement en « la collecte d’inscriptions présentes dans les deux tombes, le nettoyage des murs et le renforcement des ter­rains autour des tombes. Le travail le plus difficile était de préserver le parterre qui, par endroits, est parse­mé d’inscriptions colorées. Il fallait éviter que ces sols soient abîmés par les visites », précise Mohamad Al-Cheikha, chef du secteur de res­tauration au ministère des Antiquités. « Les travaux ont été longs, car il fallait s’assurer de la solidité des plafonds ainsi que des terrains autour des tombes », ajoute-t-il.

Le ministre des Antiquités espère maintenant que ces travaux permet­tront un regain d’intérêt touristique pour la région. Il souhaite faire ins­crire les deux tombes sur la carte touristique de l’Egypte.

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