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Les légendes du Nil

Amira Samir , Lundi, 21 août 2023

Le début de la nouvelle année hydrologique en Egypte correspond à la crue annuelle du Nil. Le fleuve a de tout temps rythmé la vie des Egyptiens et a été une source d’inspiration de nombreux mythes pharaoniques.

Les légendes du Nil
Une scène de pêche sur le Nil gravée sur les murs d’une tombe à Saqqarah.

Le 15 Août, les Egyptiens célèbrent chaque année la fête de la crue du Nil. La célébration de cette journée à travers les époques montre l'importance du Nil dans la vie des Egyptiens. De nos jours, la célébration de cette journée comporte de nombreux aspects, notamment la marche de bateaux colorés couverts de fleurs sur le cours du Nil et la tenue de spectacles artistiques et aquatiques pour montrer la grandeur du fleuve.

En Egypte Ancienne, au cours de ce jour appelé Wafä Al-Nil (fidélité du Nil), les Egyptiens jetaient la plus belle fille, ornée de bijoux et de vêtements luxueux, dans le Nil pour épouser le dieu Habi dans l’autre monde. La légende dit qu’une fois, il ne restait plus de belles hormis la fille du roi. Ce dernier fut donc profondément attristé par le sort de sa fille, qui serait jetée dans le Nil. Mais la jeune fille avait une servante qui l’aimait beaucoup. Cette dernière l’a cachée et a fabriqué une poupée en bois de la même taille que la jeune fille et qui lui ressemblait au niveau de la forme du corps. Quelques minutes après le début de la cérémonie, cette servante a jeté la poupée en bois dans le Nil sans que personne vérifie l’affaire. La cérémonie s’est terminée et la jeune fille est retournée chez son père le roi. Depuis, une poupée en bois est jetée chaque année dans le Nil pour célébrer le fleuve. « Les Anciens Egyptiens organisaient une grande fête du Nil à cette époque de l’année où le déluge arrivait, apportant avec lui le limon, l’eau et beaucoup de bonnes choses. Ils avaient l’habitude de choisir la plus belle fille et de la jeter dans le Nil pour être l’épouse de Habi lors d’une grande cérémonie dirigée par le roi et les hommes d’Etat supérieurs, comme preuve de leur gratitude pour le Nil. Avec le temps, une poupée en bois ou en argile, à l’époque islamique, était jetée dans le Nil », explique Layla Saleh, spécialiste d’histoire et d’archéologie.

Les larmes d’Isis

De nombreux autres mythes et légendes pharaoniques sont liés à la crue du Nil. Selon une autre légende, la crue du Nil et son déclin étaient liés à la mort et à la résurrection d’Osiris qui a été tué par son frère Seth à cause de la jalousie. Son corps a été coupé en 40 morceaux et jeté dans le Nil. Cependant, sa femme, Isis, a réussi à trouver et à collecter des parties de son corps, et grâce aux pouvoirs magiques qu’elle possédait, Isis a réussi à ramener Osiris et à avoir un enfant de lui, Horus, qui a grandi dans un champ de papyrus du Delta, loin de son oncle malveillant Seth. Le Nil est également un thème principal dans les chants et les hymnes de l’Egypte Ancienne. « Le Nil est la nourriture et les provisions de l’Egypte. Il permet à chaque personne de vivre. L’abondance est sur son chemin, et la nourriture est sur ses doigts. Et quand il revient, tous les gens se réjouissent », indique un hymne écrit par les Egyptiens de l’antiquité dans un texte littéraire, pour souligner la gratitude pour le fleuve du Nil, qui a donné la vie et l’immortalité aux Egyptiens.

Le Nil est décrit également comme le fleuve de la vie. Le célèbre historien grec Hérodote a résumé la grande importance du fleuve pour les Egyptiens à travers l’histoire en disant : « L’Egypte est le don du Nil ». Les Anciens Egyptiens organisaient leur vie quotidienne en fonction des hauts et des bas niveaux de ses eaux et d’un calendrier correspondant aux trois saisons du Nil : le déluge, l’agriculture et la récolte.

Sirius, l’étoile la plus brillante, repère astronomique

Autre récit : la saison des crues commence avec l’apparition de l’étoile la plus brillante (Al-Shaary Al-Yamaniya ou Sirius), son apparition signifie aussi le début d’une nouvelle année égyptienne qui apporte prospérité et fécondité. D’autres légendes disent que Khnoum (à tête de bélier) est le seigneur de l›eau qui apporte la prospérité et que Habi (qui signifie « heureux » dans l’ancienne langue égyptienne) contrôle la crue du Nil.

Une autre légende raconte comment le pharaon Djoser a sauvé son pays d›une famine de sept ans due à la sécheresse lorsqu›il rêva que Khnoum venait le voir en se plaignant que son temple sur l'île d'Eléphantine était vieux et avait besoin de réparations. Quand il se fut réveillé, Djoser se rendit sur l›île et trouva le temple en très mauvais état, alors, il décida d›en construire un nouveau à sa place. Dès que le nouveau lieu de culte avait été érigé, la famine a pris fin.

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