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Trois sites égyptiens valorisés par l’ICESCO

Doaa Elhami , Lundi, 07 février 2022

Le Musée égyptien de Tahrir, la cité Chali et le Palais du Baron Empain ont été inclus aux registres du patrimoine de l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO). Focus.

L inscription de ces sites sur les listes de l Icesco permettra de mieux les pr server.
L inscription de ces sites sur les listes de l Icesco permettra de mieux les pr server.

 Le comité du patrimoine de l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO) se réunit périodiquement, étudie les dossiers qu’il reçoit de la part des Etats membres et décide, sur la base des informations contenues dans ces dossiers et l’évaluation d’experts externes, si les sites ou les monuments proposés répondent aux conditions d’inscription sur la liste du patrimoine de l’organisation », lit-on sur le site web de l’ICESCO. Au cours de sa dernière réunion, l’organisation a inscrit trois sites égyptiens sur sa liste du patrimoine. Il s’agit du Musée égyptien de la place Tahrir, la cité Chali dans l’oasis de Siwa et le Palais du Baron Empain dans le quartier d’Héliopolis. Le ministère du Tourisme et des Antiquités avait présenté une demande d’inscription de ces trois sites sur la liste de l’organisation. Le ministère a joint à sa demande un ensemble d’informations, d’images et de films qui montrent l’importance historique et patrimoniale des sites en question. Des photos montrant l’état des trois sites ont également été incluses. « L’inscription d’un site sur les registres du patrimoine de l’ICESCO exige qu’il ait une importance historique, sociale et politique et qu’il témoigne de la créativité humaine », lit-on sur le site de l’organisation. Les trois sites se distinguent par leur particularité.

 

Trois sites égyptiens valorisés par l’ICESCO
L’inscription de ces sites constitue un pas vers l’inscription sur les listes de l’Unesco.

 

Le Musée égyptien, érigé en 1902, est l’oeuvre de l’architecte français Marcel Bourgnon. Il a réalisé ce bâtiment dans le style architectural classique pour y exposer et y conserver les pièces d’antiquité découvertes dans les temples et les tombes de l’Egypte Ancienne. Auparavant, les archéologues se servaient des anciens palais pour présenter les pièces trouvées, comme le palais de Boula ou celui de Guiza. En fait, le Musée égyptien est l’un des premiers au monde. Il a été créé pour exposer les chefs-d’oeuvre de la civilisation de l’Egypte Ancienne. « L’inscription du Musée égyptien sur les registres de l’ICESCO est intervenue après sa restauration globale », annonce Sabah Abdel-Razeq, directrice du musée. Le bâtiment du musée a retrouvé sa grandeur d’autan.

Chali, une architecture écologique rare

La cité Chali dans l’oasis de Siwa a été soumise à une restauration globale. Elle se distingue par son architecture écologique rare. « Tous les bâtiments de Chali, voire de toute l’oasis, sont construits à l’aide d’une pierre locale propre à la région nommée karchive. Il s’agit de la brique crue mélangée à du sel local, substance essentielle du sol à l’oasis », explique Ahmed Kadri, responsable du projet de restauration de la cité. Et de poursuivre : « Ce matériau fait aussi office d’isolant et de climatiseur naturel. Durant la saison d’été, il empêche la chaleur brûlante de pénétrer au sein des constructions, et en hiver, il conserve la chaleur ». Le matériau utilisé dans la fabrication des fenêtres et des portes est aussi local. Il s’agit du bois d’olivier à l’odeur douce qui conserve également la tiédeur du climat. Quant au plafond, il est couvert de tiges de palmiers. Ainsi, les bâtiments, dans leurs moindres détails, sont construits avec des matériaux dérivés de la nature.

Le troisième monument inscrit sur la liste de l’ICESCO est le Palais du Baron Empain qui se dresse majestueusement au quartier d’Héliopolis. Ce palais est unique au Moyen-Orient en raison de son architecture hindoue. En effet, des sculptures de créatures légendaires ornent les portes et les façades du palais. Selon l’archéologue Basma Salem, directrice générale du palais, le bâtiment raconte l’histoire de la construction d’Héliopolis à travers les photos et les panneaux descriptifs qui y sont exposés. « Le palais répond aux critères de l’ICESCO qui cherche à travers ses programmes à valoriser les sites et les monuments du monde islamique et à développer le patrimoine culturel, qu’il soit matériel ou immatériel. L’ICESCO organise des programmes de formation en matière de restauration, de conservation et de gestion du patrimoine. Ces programmes sont destinés au personnel travaillant dans les sites inscrits sur ses registres. C’est un avantage pour les jeunes archéologues qui travaillent au palais », souligne Basma Salem, enthousiaste, qui espère coopérer avec l’ICESCO dans ce domaine.

L’ICESCO cherche à travers l’inscription de ces sites à les mettre en valeur à travers des programmes de restauration, mais aussi à les faire connaître au grand public. « J’espère que l’inscription de la cité Chali et des autres sites sera une sorte de promotion touristique », souligne Ahmed Kadri. « L’inscription de ces sites sur les registres du patrimoine du monde islamique est un pas important pour les inscrire, plus tard, sur les registres du patrimoine mondial de l’Unesco », conclut-il.

 
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