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Un voyage mythique à nouveau possible

Amira Samir, Mercredi, 03 octobre 2012

La reprise des croisières entre Le Caire et Louqsor met en avant les villes et les vestiges de la Moyenne et de la Haute-Egypte. Pour des questions de sécurité, elles n’étaient jusqu’à maintenant que peu fréquentées par les touristes.

Escapade

Suite à une décision du ministère du Tourisme, les longues croisières en Egypte ont repris après une suspension de plus de 18 ans pour des raisons sécuritaires. Les touristes pourront désormais avoir accès à une partie importante de l’histoire de l’ancienne Egypte. Les longues croisières sur le Nil ont longuement été des activités touristiques très prisées.

La Moyenne-Egypte, qui s’étend du sud du Caire au nord de Louqsor, est le cœur historique du pays. Les villes de cette région comprennent de nombreux monuments anciens et vestiges archéologiques.

Durant la suspension des croisières, les touristes la survolaient en avion ou la traversaient avec le train de nuit. Cette région a été marquée par un chaos touristique durant de longues annéespour des raisons de sécurité. Depuis 1994, seule la portion du fleuve entre Louqsor et Assouan était accessible et desservie par les navires de croisière, alors que les gouvernorats de la Moyenne et de la Haute-Egypte étaient des zones évitées par les tour-opérateurs.

Il était alors difficile pour le touriste étranger de se rendre aux sites archéologiques de Tel Al-Amarna, Abydos ou Bani Hassan sans surveillance policière. Les choses ont actuellement changé et les touristes peuvent désormais apprécier ces trésors archéologiques, toujours protégés par la police. « Le rétablissement de la sécurité est la clé de la reprise du tourisme en Egypte. Toutes les croisières sont sécurisées en collaboration avec le ministère de l’Intérieur », a assuré Hicham Zaazoue, ministre du Tourisme.

Les trésors Moyenne-Egypte

Pendant ce séjour de 15 jours allant du Caire à Louqsor, le voyageur pourra admirer les paysages insolites longeant le Nil ainsi que des bourgades intactes depuis 2 000 ans.

Située à 240 km au sud du Caire, Minya, capitale administrative et universitaire de la Moyenne-Egypte, jouit d’une atmosphère agréable. Ce gouvernorat comprend des vestiges importants laissés à l’abandon, mais qui témoignent d’une prospérité passée.

« Minya est un excellent point de départ pour découvrir les sites archéologiques de la région. C’est le point de départ pour les visites de Bani Hassan, Tel Al-Amarna, Touna Al-Gabal et Hermopolis », souligne Abdel-Rahmane, guide touristique.

Bani Hassan est la nécropole type du Moyen Empire. Creusée dans la falaise calcaire bordant la rive est du Nil, on peut y explorer une belle série de peintures relatives à la vie quotidienne, aux arts et aux métiers des Egyptiens de l’Antiquité.

A Tel Al-Amarna, capitale d’Akhenaton, les touristes pourront aussi découvrir deux types de tombeaux creusés dans la pierre dont les murs décrivent des scènes de la vie quotidienne datant de la première révolution monothéiste d’Aton.

Le chemin vers Tel Al-Amarna passe par la ville de Mallaoui qui possède un petit musée renfermant des objets découverts lors de fouilles dans la région. Au nord-ouest de Mallaoui, Touna Al-Gabal est constituée de chapelles et de tombes ptolémaïques et romaines. Le monument le plus ancien de la région est une stèle marquant la frontière de la cité royale d’Akhenaton. Les vestiges de la célèbre Hermopolis se trouvent à 8 km de Mallaoui. Dès les premières dynasties, le site devint un important centre religieux.

Après Minya, la croisière s’arrête àAssiout, anciennement appelée Saout, la plus grande ville de la région. Une des plus importantes attractions est la nécropole des princes d’Assiout ainsi que deux sites associés au voyage de la Sainte Famille en Egypte (Deir Dronka et Deir Al-Mouharraq).

« Le marché couvert de la ville a son charme. Il y reste quelques vieux khans (hôtels pour les marchands étrangers de l’époque, ndlr) à découvrir. Les maisons blanches de la ville, les minarets et les avenues de palmiers forment un ensemble agréable », estime Abdel-Rahmane.

A 130 km au sud d’Assiout se trouve la belle ville de Sohag, point de départ de la visite de deux grands monastères coptes de la région : Deir Al-Ahmar (le monastère rouge) et Deir Al-Abyad (le monastère blanc).

Sur l’autre rive, à Akhmim, se trouve la fabuleuse statue de la belle Merit Amon (fille de Ramsès II), considérée comme la plus grande statue jamais trouvée en Egypte. Akhmim est aussi un centre de tissage qui produit les soies les plus fines de tout le pays. Cet artisanat remonte à l’époque pharaonique.

La croisière se poursuit au sud de Sohag où se situe la ville d’Abydos, étape importantede la croisière entre Le Caire et Louqsor. Dédiée à Osiris, Abydos était La Mecque des Egyptiens de l’Antiquité, qui essayaient de la visiter au moins une fois dans leur vie ou d’y être enterrés.

Les vestiges de plusieurs complexes religieux subsistent jusqu’à nos jours. Le plus complet et le plus visité est celui de Seti 1er, deuxième pharaon de la XIXe dynastie.

L’ancienne Thèbes, à Louqsor, est la destination finale de cette traversée au cœur de l’ancienne Egypte.

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