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L’Egypte dans le Top 10 des vacanciers français

Dalia Farouq, Mardi, 21 janvier 2020

Les Français reviennent en force en Egypte. Toujours attirés par l'Egyptologie et le Nil, ces touristes se tournent aussi de plus en plus vers la mer Rouge. Analyse.

L’Egypte dans le Top 10 des vacanciers français

Plus de 600 000 touristes fran­çais ont visité l’Egypte en 2019, soit une hausse de 50 % en comparaison avec l’année qui la précède. Ce chiffre fait écho au nombre de touristes français qui avaient voyagé en Egypte en 2010, année record du tourisme égyptien. « C’est vrai que les touristes de toutes les nationalités sont de retour en Egypte, mais la présence des Français a fait un bond considérable. En réalité, cette hausse a commencé depuis 2017, quand la croissance du mouvement du tourisme français vers l’Egypte a atteint 148 %. Mais 2018 a été l’année de la reprise totale du tourisme français en Egypte. Une hausse qui s’est confirmée en 2019 , avec des chiffres proches de ceux d’avant la Révolution », explique Adel Al-Masri, expert du tourisme égyp­tien en France. Selon lui, 2020 s’annonce déjà aussi prometteuse. « Selon les voya­gistes français, le pays est revenu au Top 10 des destinations touristiques prisées par les touristes de l’Hexagone », se réjouit Al-Masri. Avis partagé par Adel Zaki, tour-opérateur spécialiste du mar­ché français, assurant que la roue a com­mencé à tourner avec force sur lemarché français. « Les efforts de promo­tion déployés par le ministère du Tourisme et des Antiquités ainsi que par les profes­sionnels du secteur sur ce marché sont considérables, et les résultats sont satis­faisants », se félicite Adel Zaki. En réali­té, pour attirer de nouveau les passionnés français en Egypte, le ministère du Tourisme et des Antiquités avait lancé une grande campagne de promotion et de communication en France en 2017. Cette campagne était programmée sur trois ans avec un budget de 70 millions de dollars. Elle avait pour objectif de rassurer les visiteurs, et vanter les atouts touristiques de la destination égyptienne, tout en met­tant l’accent sur les sites historiques. « C’est une véritable opération de recon­quête qui a réussi à attirer de nouveau les Français. Cette campagne qui se poursuit focalise d’abord sur l’héritage historique de l’Egypte, soit à travers la tenue d’évé­nements culturels communs, les publicités directes dans les médias et les voyages d’orientation pour les professionnels du tourisme français en Egypte », indique Zaki.

Les Français, eux, sont friands d’his­toires pharaoniques et de découvertes archéologiques. Le grand succès de l’ex­position Toutankhamon — Le Trésor du Pharaon, tenue à Paris en 2019, en est une nouvelle preuve. En effet, elle est devenue l’exposition la plus visitée dans la capitale française, avec près de 1,4 million de visiteurs. Le directeur de l’ex­position, Didier Fusillier, avait alors indi­qué aux médias français que la fascina­tion des Français pour l’Egypte antique était toujours bien « réelle ». D’ailleurs, « plus de 80 % du public de l’exposition étaient français », rappelle-t-il, tout en expliquant : « L'Expédition d’Egypte de Napoléon Bonaparte a façonné une vision très forte que nous avons de l’Egypte. Quand la France a aussi accueilli la momie de Ramsès II, la garde républi­caine était au pied de l’avion. Mitterrand avait choisi une pyramide pour le Louvre. Cet amour de la France pour l’Egypte est ancien (…) ».

Un changement de tendance

Mais les touristes français, connus tou­jours par leur égyptomanie, ont marqué ces dernières années un certain change­ment de tendance, puisqu’un grand nombre d’entre eux, surtout les jeunes, optent actuellement pour des voyages vers les sites balnéaires égyptiens, notam­ment ceux de la mer Rouge. « L’Egypte est, en fait, la destination la plus prisée pour les Français en matière de plongée. Et les voyages à destination de Charm Al-Cheikh devraient fortement augmenter l’hiver prochain », reprend Adel Zaki, assurant que cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’ont négligé ni les croi­sières sur le Nil, ni l’itinéraire touristique culturel. Pour sa part, Hossam Bédeir, membre de la Chambre des agences de voyages, explique que le plan de promo­tion du tourisme égyptien en France comprenait également des mesures visant à rendre le pays plus accessible et à déve­lopper les lignes aériennes. Le gouverne­ment avait alors proposé de faciliter le développement de vols charters. « Leur nombre a beaucoup augmenté au cours des deux dernières années. Des dizaines de vols partent de Paris, Nantes et Lyon à destination de Louqsor, Charm Al-Cheikh et Hurghada », indique Bédeir, ajoutant que les prix compétitifs des séjours sont devenus un atout de plus pour le tourisme égyptien. Bédeir met le point aussi sur un joyau qui devrait s’ajouter aux atouts touristiques de l’Egypte : le Grand Musée égyptien (GEM), situé près des pyra­mides de Guiza. « Ce musée, dont l’inau­guration est prévue cette année, regrou­pera sous un seul toit près de 150 000 pièces antiques. Un trésor qui, avec les autres atouts du pays, assure à l’Egypte un avenir touristique encore plus épa­noui », conclut Bédeir.

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