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Virée dans le monde de la paléontologie

Doaa Elhami, Mardi, 29 octobre 2019

Etudiants, touristes, scientifiques ... Le Centre de paléontologie des vertébrés de l'Université de Mansoura attire de plus en plus de visiteurs. Sur place, des chercheurs partagent avec passion leurs découvertes.

Virée dans le monde de la paléontologie
Mansourasaurus, l'emblème du centre. (Photo : Doaa Elhami)

« Comment atteindre le Centre de paléontolo­gie des vertébrés ? ». Une question fréquemment posée à la sécurité de l’Université de Mansoura, que ce soit par des familles, des voyageurs, des étudiants de diverses facultés de l’université ou même des paléontologues étrangers. Il faut aller jusqu’au bout de l’enceinte universitaire, précisé­ment au premier étage de la section de géologie de la faculté des sciences, pour découvrir ce centre. Des jeunes ont les yeux plongés dans leurs microscopes, examinant des spécimens, d’autres sont concentrés devant leurs ordinateurs. Sur la porte vitrée de ce laboratoire de recherche, un gros dinosaure a été dessiné. « C’est Mansourasaurus, notre trouvaille, dont la publi­cation a occupé l’intérêt du monde entier. C’est pourquoi nous l’avons pris comme l’emblème de notre centre », explique Hesham Sallam, fonda­teur et directeur du centre.

Dans des tiroirs et sur des tables, il y a plusieurs fossiles des vertébrés exposés pour les visiteurs. Quant aux armoires, elles conservent des milliers de fossiles, provenant des excursions d’explora­tion organisées par le centre. « Trois groupes de fossiles sont exposés. Des spécimens récents comme le crâne humain, des répliques comme ces mâchoires supérieures et inférieures du Basilosaurus, une baleine dégagée de la Vallée des baleines au Fayoum, datant de 40 millions d’années et dont les fossiles sont actuellement aux Etats-Unis pour être restaurés. Et enfin, des fos­siles originaux sont aussi à découvrir », présente la jeune paléontologue Héba Al-Breezy.

Comprendre notre évolution

Virée dans le monde de la paléontologie
Les fossiles de Barakatsetus, trouvés dans un bloc de marbre. (Photo : Doaa Elhami)

Les plus anciens fossiles du centre datent de 230 millions d’années. En faisant la tournée, le visiteur peut contempler les fossiles des dinosaures qui datent de plus de 100 millions d’années, des singes, des rongeurs, des baleines, des crocodiles, des reptiles comme le serpent, l’ancêtre de la tor­tue et les ancêtres des éléphants de l’éocène.

Parmi les fossiles qui attirent l’oeil du visiteur, ces dents de requins, impressionnantes par leur taille. « Ici, j’ai l’impression d’être dans un monde légendaire et fascinant. De telles créatures, je les voyais dans les films de science-fiction, mais avant de venir, je ne croyais pas qu’elles avaient réelle­ment vécu sur terre », confie Abdel-Rahman, étu­diant en première année de la faculté des sciences, section physique, fasciné par cette première visite du centre.

A travers ces fossiles, on comprend l’évolution de ces créatures au fil du temps. Par exemple, le « Basilosaurus, cette baleine amphibie, a des pattes. Ce fossile nous informe donc de l’évolution de cet animal. D’abord créature terrestre, il est au fil du temps devenu mammifère marin », explique au visiteur la paléontologue Shorouq Al-Ashqar. Pour elle, le paléontologue chanceux est celui qui trouve un fossile d’une créature enterrée immédia­tement après sa mort. A l’exemple d’une tête d’un gros poisson dont la nageoire garde son état d’ori­gine jusqu’à aujourd’hui. « Son enterrement immédiatement après sa mort a aidé à sa bonne conservation », reprend Shorouq Al-Ashqar.

Mohamad, étudiant en première année de la faculté des sciences, section physique, est, lui, attiré vers des blocs de gypse. « Ces chemises de gypse sont fabriquées sur site pour protéger les fossiles et les conserver du changement de leur environnement dès leur découverte », lui explique une paléontologue, Héba Al-Breezy.

A l’aide de photos aériennes et d’une carte géo­logique de l’Egypte, les chercheurs choisissent les endroits où ils veulent concentrer leur recherche. Par exemple, la couche géologique des oasis de Bahariya date de 90 à 100 millions d’années. « On sait alors qu’on peut y trouver des fossiles de dino­saures », souligne Shorouq Al-Ashqar. Avis par­tagé par Héba Al-Breezy. « Cette sélection préa­lable des zones à explorer nous garantit un travail de recherche des os pétrifiés plus efficace sur le terrain », renchérit-elle. Grâce à ces explications, les visiteurs sont plongés dans l’ambiance du tra­vail sur chantier.

A la fin de cette visite, les deux étudiants ont souhaité refaire un tour du centre. Face à leur enthousiasme, les paléontologues leur ont pro­posé de participer au stage d’entraînement de paléontologie, d’une durée de 60 heures. Il s’agit d’une initiation générale accessible aux non-ini­tiés. Pour les paléontologues, ce genre de stage permet de réaliser l’importance que constitue ce patrimoine naturel. C’est un service offert par le centre.

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