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Hesham Sallam : L’existence d’un centre de paléontologie en Egypte est une étape importante

Doaa Elhami, Mardi, 29 octobre 2019

Dr Hesham Sallam, directeur du Centre de paléontologie des vertébrés de l'Université de Mansoura, revient sur le travail de cette institution et son rôle dans le domaine de la recherche, après la participation de l'équipe du centre à la Conférence internationale des vertébrés tenue le 9 octobre en Australie.

Hesham Sallam

Al-Ahram Hebdo : Est-ce que c’est la pre­mière participation de l’équipe scientifique du centre à la Conférence internatio­nale des vertébrés ?

Dr Hesham Sallam : C’est plutôt la première fois, avec 5 recherches. Un nombre considérable présenté par un seul centre. En effet, avant d’y aller, nous avons présenté au comité scientifique de la confé­rence, composé d’experts de tous les types de fossiles, les résumés des recherches. Après les examens, les membres du comité ont admis toutes nos recherches, soit 5.

— Quelle en était la réaction des paléontologues et des experts ?

— Les experts étaient surpris et étonnés non seulement du nombre de recherches, mais aussi du niveau élevé des études présentées et de fossiles découverts. Les paléonto­logues examinaient attentivement les panneaux de nos exposés. Les photos affichées sur les écriteaux ont surpris les scientifiques et leur ont donné envie d’en savoir plus. Nos exposés ont ouvert encore d’infinies discussions parmi la foule et en privé.

— Quelle est l’utilité de cette conférence pour le centre et l’Egypte en général dans le domaine de la paléontologie ?

— Le centre représente l’Egypte et sa bonne réputation dans le domaine de la paléontologie, ainsi que la compétence de ses jeunes chercheurs. D’ailleurs, plusieurs professeurs et chercheurs ont déci­dé de visiter le centre, voir de plus près nos fossiles et participer à leur examen. Plusieurs universités, comme celles du Michigan et de Cambridge, veulent renforcer leur coopération scientifique avec l’Université de Mansoura et le centre.

— Comment le centre a-t-il vu le jour et quels sont ses objec­tifs ?

— Le centre est une unité de recherche paléontologique. J’ai eu l’idée de sa création en 2008, lorsque j’étais à l’université améri­caine de Stony Brook. De retour en Egypte, j’ai décidé de fonder le centre à la faculté des sciences de l’Université de Mansoura. Il est doté des équipements scientifiques les plus modernes pour examiner et traiter les fossiles. Pourtant, le centre n’a été officiellement inau­guré qu’en mai 2019 par la Banque de connaissance égyptienne, en collaboration avec le magazine mondial Springer Nature. Cette inauguration souligne le soutien et l’intérêt accordés par le gouverne­ment aux chercheurs égyptiens. Ainsi, nous avons participé avec 5 recherches à la Conférence interna­tionale sur les vertébrés ce mois-ci en Australie.

Nous organisons des excursions à la recherche de fossiles géolo­giques. Tous les fossiles étudiés proviennent de ces excursions scientifiques organisées par le centre. Ce dernier est ouvert à tout le monde sans exception pour cher­cher des fossiles, mais aussi pour suivre des stages d’entraînement. Le centre de paléontologie, qui a brillamment présenté l’Egypte à la conférence, est une étape impor­tante et efficace pour la création d’un musée international d’histoire naturelle qui exposera l’histoire de la flore, de la faune et de l’eau.

— Le centre a pour objectif de sensibiliser les citoyens à l’im­portance des fossiles. Par quels moyens ?

— A travers les stages qu’on donne, mais surtout à travers nos publications sur les réseaux sociaux. Dernièrement, nous sommes tombés sur une découverte par hasard, quand un ouvrier du quartier de Chaq Al-Teaban, spé­cialisé dans la fabrication du marbre, nous a ramené un bloc de marbre provenant de la région d’Al-Cheikh Al-Fadl à Minya dans la Moyenne-Egypte, sur lequel se trouvaient des dessins. En exami­nant ce bloc, nous avons constaté qu’il renfermait une partie du crâne d’une baleine, une partie de sa mâchoire inférieure. Ce fossile remonte à 40 millions d’années, c’est-à-dire à l’éocène. Pour le centre, ce bloc est un trésor géolo­gique. Je crois que le centre a réussi à sensibiliser les gens, puisque cet homme nous a aidés à avoir ces fossiles, difficiles à trou­ver. Actuellement, le fossile est soumis à des examens et on lui a donné le nom de l’ouvrier qui l’a découvert, à savoir Barakatsetus. Le plus surprenant, c’est qu’après notre retour de la conférence, j’ai reçu un coup de fil de Barakat. Son ami Cherbini a trouvé un nouveau bloc dessiné, lui aussi d’un fossile. J’espère qu’il appartiendra à une nouvelle espèce.

— Quels sont les projets actuels du centre ?

— Nos travaux dans le Désert occidental, surtout dans les oasis de Bahariya, de Kharga et de Dakhla, sont très prometteurs. Ces régions, encore vierges, nous ont donné des fossiles de reptiles qui remontent à 70 millions d’années et de dinosaures de plus de 100 millions d’années. Actuellement, cette collection de trouvailles est en cours d’étude pour la documen­ter et, enfin, la publier dans les journaux internationaux spéciali­sés. J’espère aussi augmenter le nombre de recherches scientifiques à présenter aux prochaines confé­rences paléontologiques internatio­nales.

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