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L’histoire égyptienne racontée dans le Delta

Dalia Farouq, Mardi, 24 septembre 2019

Après 19 ans de fermeture et une rénovation complète, le Musée de Tanta, le plus ancien musée régional d’Egypte, a rouvert ses portes. Les visiteurs peuvent y admirer des joyaux antiques représentant toutes les époques de l’histoire égyptienne.

L’histoire égyptienne racontée dans le Delta

Le ministère des Antiquités a rouvert, la semaine dernière, le Musée de la ville de Tanta, dans le gouvernorat de Gharbiya, après 19 ans de fermeture et une rénovation complète. Construit en 1913, le musée de cinq étages abrite plus de 2 000 pièces antiques couvrant toute l’histoire égyptienne, à commencer par les ères préhistoriques, passant par les époques pharaonique et gréco-romaine pour arriver aux ères copte et islamique. « Le Musée de Tanta, fermé depuis l’an 2000, est le plus ancien musée régional d’Egypte. Sa réouverture fait partie du plan du ministère dont l’objectif est de rouvrir les musées fermés dans tout le pays », a expliqué le ministre égyptien des Antiquités, Khaled El-Enany, lors d’une conférence de presse organisée pendant la cérémonie de réouverture du musée. Selon le ministre, les travaux de restauration du musée ont coûté environ 13 millions de L.E. Il a déclaré que la présence d’un tel musée aidera à placer le gouvernorat de Gharbiya sur la carte des destinations touristiques de l’Egypte.

La majorité des 2 000 pièces exposées proviennent de travaux de fouilles et de découvertes archéologiques qui ont eu lieu dans la région du Delta, avec quelques pièces venant du Musée égyptien du Caire. « Le fruit de plusieurs découvertes faites dans le Delta est exposé dans le musée. Les pièces sont présentées de façon thématique pour donner au visiteur une idée complète de l’histoire égyptienne, tout en respectant le contexte historique et topographique de la région », explique Névine Nizar, co-ministre des Antiquités pour les musées et responsable de la muséologie du musée.

L’histoire égyptienne racontée dans le Delta

La région du Delta peut se vanter d’une histoire riche à travers les siècles, puisqu’elle a abrité plusieurs anciennes capitales de l’Egypte, comme Botou— actuellement appelée Tell Al-Faraïne —, qui a été la première capitale politique de la Basse-Egypte à l’époque prédynastique. Saïs aussi était une capitale. Connue actuellement sous la dénomination de San Al-Hagar, la ville a été la capitale de l’Egypte à l’époque de la XXVIe dynastie. Gharbiya abrite aussi beaucoup de sites archéologiques qui ont marqué l’histoire de l’Egypte dans l’antiquité, comme la ville de Qoweisna, où un grand nombre de tombes construites en terre crue ainsi que des nécropoles pour les animaux sacrés ont été découvertes. Sans oublier le plus grand temple du Delta, dédié à la déesse Isis, qui se trouve dans la région de Béhbit Al-Hegara, toujours à Gharbiya.

L’histoire égyptienne racontée dans le Delta

« Le thème le plus important abordé au musée de Tanta est celui des rites funéraires. Au troisième étage, le visiteur trouve des pièces en relation avec les croyances de la vie dans l’au-delà chez les Anciens Egyptiens. Il y a des sarcophages, des bas-reliefs représentant la relation entre le défunt et les différentes divinités, des vases canopes qui servaient à la conservation des entrailles des morts après la momification et des pots de différentes tailles qui étaient utilisés dans la conservation de tout ce dont le défunt avait besoin dans l’au-delà », explique Nizar. Cet étage comprend aussi un ensemble de bateaux, qui étaient d’une grande importance dans la région, puisqu’ils étaient utilisés dans le transport, le commerce et, selon la croyance, dans le trajet vers l’au-delà.

Patrimoine vivant

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Au même étage se trouvent des pièces relevant de l’art copte, notamment des icônes, des tissus et des manuscrits. Quant à l’art islamique, il occupe une grande partie de cet étage, avec des pots en terre cuite, des moucharabiehs, des portes et des tissus ornés par des motifs de l’art islamique et de la calligraphie arabe. « Le trait caractéristique du Musée de Tanta est le mélange entre le patrimoine matériel représenté par les pièces antiques et le patrimoine immatériel représenté à travers l’histoire des mouleds (fêtes religieuses célébrant un saint, ndlr) en Egypte, puisque la ville de Tanta est connue pour la tenue de ces rites religieux populaires », souligne Névine Nizar. En effet, le gouvernorat de Gharbiya célèbre deux fois par an le mouled d’Al-Sayed Al-Badawi, un parent du prophète Mohamad, enterré dans l’une des plus grandes mosquées d’Egypte, qui porte son nom. Le musée présente des banderoles et des éléments graphiques en arabe et en anglais racontant l’histoire des mouleds et leur origine, qui remontent à des rites religieux pharaoniques. Selon Nizar, ce genre de patrimoine populaire est très important, il est connu dans le monde entier et on l’appelle « patrimoine vivant », puisqu’il est pratiqué jusqu’à maintenant.

D'après Nizar, le renouvellement du musée n’a pas été une tâche facile, d’autant plus que le musée se trouve, depuis sa création, dans l’immeuble de la municipalité et que sa construction ne répond pas aux critères modernes des musées. « On a dû faire des changements énormes à l’intérieur du bâtiment », souligne la co-ministre, expliquant que les travaux de rénovation ont inclus la consolidation des bases du bâtiment, la restauration des éléments architecturaux et l’installation de réseaux sanitaires et d’éclairage. « On a installé un nouveau système d’éclairage pour enrichir la muséologie et mettre en exergue les différentes pièces exposées », se réjouit Waad Aboul-Ela, président du secteur des projets au ministère des Antiquités.

L’histoire égyptienne racontée dans le Delta

Pour sa part, Emad Bédeir, directeur du musée, a souligné que le Musée de Tanta présente non seulement des pièces antiques, mais organise aussi des activités visant à sensibiliser davantage les gens à l’importance de la civilisation et du patrimoine de leur pays. « Durant la fermeture, on a continué à organiser les activités culturelles à l’intérieur du musée en coopération avec le ministère de l’Education, de l’Université de Tanta et des centres spécialisés de la société civile. Ces activités seront renforcées avec l’exposition de cette panoplie de joyaux antiques représentant toutes les époques de la civilisation et de l’histoire égyptiennes, aussi riches qu’inspirantes », a-t-il ajouté.

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