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A Alexandrie, une église datant du IVe siècle

Nasma Réda, Dimanche, 04 août 2019

Le ministère des Antiquités a annoncé ces dernières semaines trois remarquables découvertes dans différents endroits du pays : Béheira, Alexandrie et Minya. Explications.

A Alexandrie, une église datant du IVe siècle
Vue générale du site. (Photo : Ministère des Antiquités)

Des vestiges d’une église datant du IVe siècle, richement décorée de polychromes multicolores, ont été mis au jour début juin par une mission polonaise opérant sur le site archéologique alexandrin de Maréa depuis plus de seize ans. « A la fin de la dernière saison de fouille, lors des travaux de nettoyage de la basilique qui a fonctionné du Ve jusqu’au VIIIe siècle, déjà découverte depuis plusieurs années, nous avons trouvé un reste de mur, et l’on a suggéré qu’il s’agissait des traces archéologiques probablement les plus anciennes de la basilique », a déclaré Krzysztof Babraj, directeur de la mission polonaise, du Centre d’archéologie méditerranéenne de l’Université de Varsovie, à Maréa. Selon lui, les travaux ont abouti à une petite église de 24 m de long et 15 m de large, qui est formée de trois nefs. « Apparemment, cette église a été détruite suite à un fort tremblement de terre et la basilique l’a remplacée », ajoute-t-il.

Parmi les trouvailles, la mission a récem­ment découvert des pots brisés, des lampes à l’huile et des récipients en verre, qui servaient comme flacons de parfum et d’autres en céra­mique que les experts examinent toujours, estimant qu’ils datent probablement de la deuxième moitié du IVe siècle. Par ailleurs, suite à des études détaillées, les archéologues affirment que les amphores trouvées, qui ser­vaient probablement à stocker le vin, ont été exportées de Chypre et d’Antioche (aujourd’hui Antakya en Turquie).

« C’est l’une des plus anciennes fondations chrétiennes découvertes en Egypte jusqu’à présent », indique Babraj, assurant que les décorations polychromes montrent que cet édifice a connu des temps de gloire. L’analyse architecturale montre, selon le directeur de la mission, qu’au moment de la décision d’agrandir l’église, certains éléments ont été réutilisés à d’autres endroits, « c’est le cas de certaines colonnes, par exemple », dit-il.

D’après les 150 ostraca trouvés, la mission a découvert les secrets administratifs de la construction de cette grande basilique datant du Ve siècle. Celle-ci était importante pour les pèlerins du monastère d’Abou-Mina (dit saint Ména). Ayant des dimensions de 49 m de long et 47 m de large, elle était la deuxième plus grande du pays après celle d’Alexandrie.

Parmi les représentations sur les vestiges des murs figurent des croix équidistantes ins­crites dans un cercle, celles-ci, à distance égale, sont dites grecques. Selon les égyptolo­gues, ces modèles architecturaux de cette vieille église devraient être recherchés non seulement en Egypte, mais surtout en Grèce. « Notre découverte est très importante car nous ne connaissons pratiquement pas de vestiges pareils d’églises ni à Alexandrie ni ailleurs en Egypte. Aujourd’hui, on peut s’imaginer à quoi elles pouvaient ressembler, c’est pourquoi il est si important de pour­suivre les recherches que nous venons de commencer dans cette ancienne église », indique Babraj.

Maréa est une ville portuaire située à envi­ron 45 km au sud-ouest d’Alexandrie sur le lac Mariout. Elle a été fondée à l’époque d’Alexandre le Grand et s’est développée à partir du IIIe siècle av. J.-C. jusqu’à la fin de la période byzantine au VIIIe siècle. C’était un port dans lequel les marchandises prove­nant des profondeurs de l’Egypte, transpor­tées par le Nil et le lac, étaient transbordées sur des navires.

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