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Une aubaine, mais ...

Dalia Farouq, Mardi, 30 juillet 2019

L’annulation des restrictions allemandes sur Taba est certes une bonne nouvelle pour les professionnels du secteur. Ces derniers craignent cependant de ne pas être prêts à accueillir l’afflux de touristes et attirent l’attention sur leurs multiples maux.

Une aubaine, mais ...
Taba se prépare pour accueillir les touristes allemands.

La région de Taba, autant belle que stratégique pour l’Egypte, doit bien se préparer pour accueillir les touristes allemands et autres. Selon Magued Al-Gamal, président de l’Association des investisseurs de Taba et de Noweibaa, les établissements hôteliers de la région souffrent encore des effets de la crise du tourisme qui a duré plus de 7 ans et qui a commencé à se rétablir l’année dernière à peine. « Un grand nombre d’hôtels a fermé ses portes au cours des dernières années. D’autres, souffrant de la baisse de fréquentation, opèrent avec la moindre capacité depuis des années. Seuls une dizaine d’hôtels, comptant moins de 2 000 chambres, ont pu se maintenir et restent capables de présenter de bons services à leur clientèle. Ce qui est très peu si les Allemands reviennent, et si cela encourage d’autres touristes amateurs de cette région, comme les Russes et les Britanniques, à revenir », déplore Al-Gamal. Selon lui, la raison principale de la clôture de ce grand nombre d’hôtels est évidemment les pertes financières qui ont atteint plus d’un milliard de L.E., engendrées par la crise touristique, mais aussi le fait que ces destinations, pourtant riches et exceptionnelles, fussent négligées au cours des dernières années. « Depuis quelques semaines, on a reçu plusieurs membres du comité du tourisme du parlement qui a vu l’état des lieux à Taba. On a discuté avec eux des problèmes qui entravent le développement touristique ici. Ce comité a promis de présenter les problèmes dont souffre cette région aux responsables du gouvernement, afin de les résoudre le plus rapidement possible », reprend-t-il.

Problèmes d’infrastructures et d’investissements

Sami Soliman, membre de l’Association des investisseurs du Sud-Sinaï, assure que les infrastructures à Taba se sont gravement affectées à cause de longues années de négligence. Le réseau routier reliant Taba aux différents sites touristiques comme Dahab, Nakhl ou Sainte-Catherine est dans un état déplorable. La route médiane qui relie directement Taba au Caire, et qui est de 390 km, est fermée. L’alternative est celle qui longe la côte, mais elle est de 750 km. « Cela signifie que les touristes qui viennent à Taba et qui veulent passer une journée au Caire doivent passer près de 12 heures de route au lieu de 4 heures seulement. Ce qui rend la visite très difficile, surtout avec l’absence des vols directs Taba-Le Caire », explique Soliman.

Les inondations sont aussi un problème majeur, puisqu’elles provoquent d’importants dégâts dans l’infrastructure routière de la région. « L’une des principales routes de Taba, celle de la vallée de Watir, a été fermée il y a 3 ans à cause des inondations, et l’est toujours », raconte Soliman, relevant aussi le problème des points de sécurité du barrage où l’inspection des bus touristiques dure des heures. « On a besoin d’équipements de sécurité modernes et d’un plus grand nombre d’agents de police, afin de terminer rapidement les fouilles qui restent indispensables pour la sûreté des touristes », reprend Soliman.

De son côté, Nadia Chokri, propriétaire d’un hôtel à Taba, assure que « le manque de promotion pour cette région et le refus des banques, même nationales, d’accorder des facilités bancaires aux investisseurs, soit pour préserver l’état des infrastructures touristiques, soit pour poursuivre les projets entamés, sont les principaux problèmes qui affectent le tourisme à Taba et empêchent sa relance », ajoutant que les autorités n’ont pas subventionné le secteur du tourisme à Taba dans sa crise, qui perdure il y a des années. « Ni le ministère des Finances, ni celui du Tourisme n’ont accordé des subventions aux investissements touristiques de Taba, évalués à plus de 15 milliards de L.E. Même les banques nationales se sont retirées de tout financement des projets touristiques. En plus, le gouvernement nous impose de nouveaux fardeaux économiques, comme l’impôt foncier récemment imposé et la grande hausse des prix de l’électricité et du gaz naturel », se lamente Chokri. Selon elle, l’Etat devait subventionner les investisseurs du tourisme dans la région de Taba, soit par des exemptions de certains frais, soit par le report du paiement des dettes par exemple, afin de pouvoir continuer leurs travaux sans fermer leurs portes et garder la main-d’oeuvre. « Reliant l’Afrique à l’Asie, donnant sur quatre pays et possédant de nombreux atouts touristiques, Taba mérite d’être la Riviera égyptienne », conclut Nadia Chokr.

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