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L'« oasis perdue » surprend les archéologues

Nasma Réda, Mardi, 03 juillet 2018

Une mission égypto-américaine a mis au jour une carrière, une nécropole, des stèles et des vestiges d'habitations dans le désert près d'Al-Kab, en Haute-Egypte. Des découvertes qui viennent jeter une nouvelle lumière sur cette région, qu'on pensait inhabitée.

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Une mission archéologique égypto-américaine de l'Université de Yale opérant sur le site d'Al-Kab à Edfou, en Haute-Egypte, a mis au jour une carrière d'où est extrait le silex utilisé pour la fabrication d'ustensiles en pierre au cours de différentes époques. Cette découverte a eu lieu dans le cadre de travaux d'études archéologiques dans la région désertique de Bir Oum Tenidiba, près de la ville d’Al-Kab, à Edfou, à 83 km au sud de Louqsor. Al-Kab est le nom arabe du site anciennement dédié à la déesse Nekhbet, souvent appelée « dame de la vallée ».

« La mission a également trouvé plusieurs stèles, sur lesquelles sont gravées des inscriptions qui datent du début de l'histoire pharaonique », souligne Ayman Achmawi, chef du secteur des monuments égyptiens au ministère des Antiquités. Il ajoute que la mission a en outre découvert plusieurs graffitis en différentes écritures sur les stèles et sur les rochers de quelques collines de la région. « On a trouvé des graffitis en hiéroglyphes, hiératique et démotique,remontant à la période prédynastique et s'étendant jusqu'à l'ère copte », précise Achmawi. Ces inscriptions ne s'inscrivent pas seulement dans le cadre du culte à la déesse Nekhbet, mais ont aussi été laissées par des voyageurs qui ont passé par ce site.

Selon Achmawi, ces importantes découvertes jettent une nouvelle lumière sur cette région appelée « l'oasis perdue » ou « l'ancien puits » dans le désert oriental du pays, qui est un site archéologique très important dans l'histoire égyptienne. « On a longtemps pensé que cette région était inhabitée et qu’elle était donc vide de toutes tombes ou de témoignages historiques, mais avec cette découverte, tout peut changer », assure-t-il.

Les débuts de l'écriture

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Pour sa part, le chef de la mission égypto-américaine, John Coleman Darnielen, de l'Université de Yale, a déclaré que la mission avait trouvé trois rochers d'art rupestre portant des scènes importantes qui remontent aux dynasties Nagada II et Nagada III (vers 3500-3100 av. J.-C.), ce qui prouve la succession et l'interaction des styles artistiques et culturels dans le désert oriental et tout au long de la vallée du Nil. « La scène la plus impressionnante date probablement de 3300 av. J.-C. Elle représente des animaux, notamment un taureau, une girafe, un mouton et des ânes », déclare le chef de mission. Il précise que cette scène fournit des indices importants sur la religion ainsi que sur l'écriture symbolique avant même l'invention de l'écriture hiéroglyphique. « Ces images expliquent comment nos ancêtres ont commencé à écrire », dit-il.

A part ces inscriptions, la mission a découvert une nécropole qui renferme plusieurs tombes remontant à l'époque tardive et à l'époque gréco-romaine. Suite aux études préliminaires effectuées sur quelques tombes, Darnielen a révélé qu’une d'entre elles appartenait à une femme âgée entre 25 et 35 ans. Au sud du site archéologique rocheux, la mission a par ailleurs trouvé des vestiges d'habitations remontant à l'époque romaine. « Ces logements renferment de nombreuses pièces de céramique, qui remontent probablement à une époque entre l'an 400 et l'an 600 », souligne Darnielen. Les études et les fouilles de la mission se poursuivent pour découvrir d'autres secrets de la région antique d'Al-Kab.

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