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Un site exceptionnel

Amira Samir, Mardi, 25 septembre 2012

Tell Al-Amarna est le nom moderne donné au site où Aménophis IV (Akhenaton, 1372-1354 av. J.-C.) fit bâtir sa capitale, en l'an IV de son règne. Petite histoire.

Tell Al-Amarna se trouve aujourd’hui dans le gouvernorat de Minya, en Moyenne-Egypte, sur la rive gauche du Nil. Elle est la seule ville de l’Egypte antique dont on possède une connaissance détaillée, notamment à cause du fait qu’elle fut désertée peu de temps après la mort d’Akhenaton, pour ne plus jamais être occupée.

En l’an IV de son règne, Aménophis IV abandonne Thèbes et ses divinités. Il échange son ancien nom pour celui d’Akhenaton et part s’établir sur un nouveau territoire.

Son règne a témoigné d’une révolution à la fois politique, religieuse, littéraire et artistique. Sa nouvelle ville comprenait le grand temple d’Aton, le palais royal et la nécropole, répartie en trois groupes de tombes. Les principaux édifices et les tombes étaient ornés de scènes illustrant la vie familiale du pharaon et ses idées religieuses. Elles sont exécutées dans un style naturaliste, très libre, rompant avec l’art traditionnel de l’époque.

Visité de temps en temps par des voyageurs et des collectionneurs au XVIIIe siècle, puis par les savants de l’Expédition d’Egypte, le site fut exploré dès le XIXe siècle par des missions archéologiques britanniques et allemandes. C’est sur ce site que la mission archéologique allemande de la Deutsche Orientgesellschaft (dirigée par Ludwig Borchardt) explora l’atelier du sculpteur de Touthmosis où elle découvrit le fameux buste de la reine Néfertiti, qui se trouve aujourd’hui à l’Ägyptisches Museum de Berlin.

Tell Al-Amarna reste surtout célèbre pour ses tablettes en cunéiformes, qui retracent les échanges de correspondance entre l’Egypte et l’Asie. Les lettres d’Amarna sont rédigées en akkadien cunéiforme, langue des relations diplomatiques de l’époque.

Tell Al-Amarna constitue un cas exceptionnel dans l’archéologie égyptienne, tant par son caractère éphémère que par son importance historique et la richesse des informations de toutes sortes qu’elle peut apporter. Outre les temples et les tombes, on découvre une ville avec des palais, des résidences de notables, des maisons plus modestes, un quartier pour les ouvriers … Il s’agit d’un vaste ensemble dont la fouille progressive permet de mieux appréhender l’urbanisme pharaonique dont les trop rares témoignages n’ont encore intéressé que peu de spécialistes

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