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Saint-Bichoy révèle ses secrets

Doaa Elhami, Mardi, 15 août 2017

Les travaux de restauration de l'église Saint-Bichoy à Wadi Al-Natroune ont mis au jour des ornements et des éléments architecturaux, qui enrichissent la valeur historique et archéologique du bâtiment.

Saint-Bichoy révèle ses secrets
La fresque exceptionnelle de sainte Refqa (et de ses enfants). (Photo : Ministère des Antiquités)

Des fresques, des textes coptes, un ancien enbel (élément de culte) et des ornements géométriques de diverses formes ont été récemment découverts à l’église Saint-Bichoy, dans le monastère du même nom situé à Wadi Al-Natroune. « Ces éléments ont été mis au jour lors des travaux de restauration de l’église Saint-Bichoy, la plus ancienne et principale église du monastère. Celui-ci comprend 4 autres églises datées d’époques variées : l’église de l’abbé Benjamin, l’église de Saint-Georges, l’église du martyr Abiskharoun et l’église de l’archange Michaël », explique Ahmad Al-Nemr, superviseur de la documentation des monuments coptes auprès du ministère des Antiquités et membre du bureau scientifique.

Les travaux de restauration du monastère de Saint- Bichoy ont commencé suite aux pluies torrentielles qui s’étaient abattues sur le gouvernorat de Béheira en 2015, notamment dans la région de Wadi Al- Natroune, et avaient gravement endommagé les monastères historiques de Souriane, Baramos et Saint-Bichoy. Le ministère des Antiquités, en coopération avec les administrations des trois monastères, avait alors mis sur pied un projet de restauration architecturale.

En enlevant les couches d’enduits dans l’église de Saint-Bichoy, les restaurateurs ont progressivement mis au jour des fresques, dont une qui orne les murs de l’autel. Il s’agit d’une peinture multicolore représentant probablement trois saints et l’archange Michaël. Le peintre copte a dessiné chaque saint dans un rectangle séparé : deux à l’est de l’autel et deux à l’ouest. Auréolé, le premier saint a une barbe longue et dense, sa tunique est rouge. Le deuxième rectangle représente peut-être un ange ailé tenant un bâton dans sa main droite et un récipient dans sa main gauche. « Le même ange est répété à l’ouest de l’autel, où il est dans un meilleur état de conservation », explique Al-Nemr. La scène est ornée de calligraphies coptes. « On ne pourra voir la beauté de la scène qu’à la fin des travaux de restauration. On pourra alors identifier les personnages dessinés », ajoute Al-Nemr.

Une autre fresque de grande importance enjolive le mur ouest de l’église de Saint-Bichoy : celle de sainte Refqa et de ses enfants. Portant une robe rouge ample, Refqa entoure ses enfants de son bras gauche. Les enfants — Agathon, Boutros, Yohanna, Amon et Amona — sont dessinés en petite taille par rapport à leur mère. « Cette fresque exprime l’amour profond de la mère pour ses enfants. Elle les embrasse avec tendresse », explique le superviseur. La petite famille, originaire de Qos en Haute-Egypte, a été persécutée et a trouvé la mort sous le règne de l’empereur tyran Dioclétien. Au-dessous de la scène se trouvent des inscriptions en langue copte.

Fresques et éléments architecturaux

Saint-Bichoy révèle ses secrets
Les fresques attendent une restauration fine pour reprendre leur beauté. (Photo : Ministère des Antiquités)

Par ailleurs, les travaux de restauration ont permis de mettre au jour des peintures représentant des croix de plusieurs formes sur les murs de l’église. Ces ornements ont été réalisés au fil des siècles à partir du VIIIe siècle, époque de la construction de l’actuel monastère de Saint-Bichoy, jusqu’au XIIIe siècle. Outre ces fresques et ces peintures, les restaurateurs ont dégagé un ancien enbel en détruisant l’un des murs des nouvelles annexes dressées dans la cour de l’église. L’enbel se compose de plusieurs marches en briques. « Le moine montait dessus et y déposait la Bible pendant la prière », reprend le superviseur. Sur le plan architectural, des niches ornées de motifs botaniques et géométriques formant des cailles et des poissons ont été découvertes. « Ce style d’ornementation était répandu durant l’époque mamelouke, peut-être pendant le règne de Mohamad Al-Nasser Ibn Qalaoun, dont la période était connue pour la restauration d’églises et de monastères », déclare Mohamad Abdel-Latif, conseiller du ministre des Antiquités pour les monuments islamiques et coptes. Enfin, les travaux de restauration ont mis au jour des escaliers qui mènent au toit de l’église et des vitres qui entouraient le col de la coupole. Ces découvertes reflètent la richesse de l’église principale du monastère de Saint-Bichoy, qui a été soumise à plusieurs travaux de restauration entre l’époque de la construction des ermitages au Ve siècle et le XXe siècle.

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