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Aidan Dodson, président de la Société Egyptienne d’Exploration: « L’Egypte risque de perdre une partie de son histoire »

Nasma Réda, Mardi, 02 avril 2013

Aidan Dodson, président de la Société Egyptienne d’Exploration (SEE), insiste sur l’urgence à mener davantage de fouilles archéologique dans le Delta. L’urbanisation ou les eaux de drainage font, en effet, régulièrement disparaître d’anciens vestiges. Entretien.

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l-Ahram Hebdo : Après deux jours de discussions et de présentation des recherches des missions archéologiques, quelles sont les recommandations annoncées ?

Aidan Dodson : Ce ne sont pas des recommandations exigeantes, on ne va pas changer le monde ! Mais, je crois qu’il est utile de nous rencontrer régulièrement pour être au courant du travail des autres. De cette manière les recherches avancent. Pendant ces deux jours, nous avons eu une large palette de locuteurs d’Egypte et de nombreux autres pays qui ont parlé de leurs dernières recherches et de leurs travaux effectués sur le terrain dans le Delta du Nil. Le plus intéressant est que les archéologues parlent différemment du Delta. Après de longues années de recherches, ils tirent la sonnette d’alarme, avertissant les responsables des vrais dangers en Basse-Egypte, surtout dans le Delta du Nil.

— Et quels sont ces dangers ?

— En tête des problèmes, il y a l’expansion démographique, la présence des champs, les méthodes de drainage, et du côté maritime, l’érosion des plages. Tous ces facteurs peuvent détruire en quelques années un important et un essentiel aspect de l’histoire d’Egypte. Cela nécessite l’accélération de nos recherches pour avertir la communauté internationale de ce danger.

— Soutenez-vous donc la décision égyptienne prise en 2002, et réactualisée l’année dernière, de ne plus accepter de nouvelles missions de fouilles en Haute-Egypte pendant 10 ans ?

— Cette décision a sûrement encouragé beaucoup d’archéologues à fouiller dans le Delta, qui a encore besoin d’être exploré. Chaque année qui s’écoule sans qu’un site soit fouillé est un risque. Une superficie peut disparaître du jour au lendemain et l’Egypte risque de perdre une partie de son histoire.

— Comment cela ?

— Avec la construction d’un bâtiment ou plus simplement un coup de pelle sur un terrain qui n’a jamais été fouillé ou exploré … Cela peut effacer une partie de l’histoire du pays.

— Quels sont les projets de la SEE ?

— La SEE met l’accent sur l’importance de telles discussions et celles-ci seront à l’avenir encore plus encouragées. Toutes les discussions et les recherches seront au fur et à mesure publiées en ligne. Cela permettra également de corriger les erreurs ou les données. Enfin la SEE essayera de fixer des rencontres régulières entre les spécialistes pour discuter de leur travail et identifier leurs préoccupations.

— Pensez-vous faire bientôt de nouvelles découvertes ?

— Je reste toujours optimiste. Dans le Delta, comme dans la Vallée du Nil, la terre égyptienne nous cache encore beaucoup de choses. Pas de grands temples, mais de remarquables découvertes qui changeront l’Histoire .

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