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Mamdouh Oda : Un énorme travail nous attend

Doaa Elhami, Lundi, 29 août 2016

Mamdouh Oda, directeur général du département de la gestion des crises et des catastrophes, récemment créé, explique sa mission pour la préservation du patrimoine égyptien.

Mamdouh Oda : Un énorme travail nous attend
Mamdouh Oda : Un énorme travail nous attend

Al-Ahram Hebdo : Quand le département général de la gestion des crises et des catastrophes a-t-il été mis en place ?

Mamdouh Oda : Le département a officiellement été mis en place en janvier 2016, mais l’idée de sa créa­tion remonte à 2012 lorsque l’un de nos collègues a fait un stage de ges­tion des risques d’origine humaine et naturelle en Italie avec la société Akrom (société internationale pour la préservation des musées). De retour en Egypte, il a animé des formations qui ont réuni une trentaine de per­sonnes de divers secteurs du minis­tère. Ces formations ont été renouve­lées afin qu’il y ait un nombre suffi­sant de personnes qualifiées pour couvrir tout le pays.

Avant la création du département, un groupe intitulé « Equipe de sau­vegarde du patrimoine égyptien » a été créé. Il a notamment travaillé au Musée islamique, après l’attentat à l’explosif qui l’a frappé en janvier 2014.

L’équipe a pu isoler et protéger les pièces antiques tout en documentant les étapes de leur travail sur CD, qui ont été transmis à l’Unesco. L’équipe a aussi opéré à Wadi Al-Natroun, où certaines salles d’anciennes églises ont été fortement affectées par les inondations torrentielles qui ont eu lieu en novembre 2015. Cette équipe de travail est le noyau fondateur de la création de ce département.

Quel est l’objectif du départe­ment ?

— Son objectif est d’évaluer les risques auxquels sont exposés les monuments importants du patri­moine égyptien et d’éviter les risques, en mettant en place diffé­rentes solutions, que ce soit pour les musées ou les sites archéologiques. Ainsi, en cas de crise, on peut direc­tement faire face aux problèmes qui surviennent. La formation du person­nel ministériel est une étape primor­diale. Elle comprend des archéolo­gues, des restaurateurs ou encore les agents de sécurité des musées ou des chantiers. Il est également important de former un certain nombre de per­sonnes pour qu’elles puissent faire face à une situation de crise.

Quel genre de crise ou de catastrophe le département traite-t-il ?

— En principe il y a deux types de catastrophes : naturelle et humaine. Les catastrophes naturelles varient entre les tremblements de terre, les inondations, les changements clima­tiques, le niveau d’humidité, les effets nocifs des zones de bord de mer, à l’exemple de la Citadelle de Saladin, dressée sur l’île du Pharaon à Taba. Le dossier de ce site sera bientôt présenté à l’Unesco pour être enregistré comme site à protéger. Le rapport comprend l’état du bâtiment et son environnement, mais aussi les effets nocifs de la mer sur la cita­delle. La composition de ce rapport détaillé nécessite par exemple l’in­tervention de notre département.

Pour les catastrophes d’origine humaine, surgissent en premier lieu le terrorisme et ses dégâts destruc­teurs, à l’exemple de l’attentat qui a eu lieu devant le Musée islamique du Caire, ou l’incident du musée de Mallawi à Minya, en Moyenne-Egypte. Les fouilles clandestines et les incendies représentent aussi de grandes menaces, comme le prouve le palais Al-Mosafer Khana, l’un des joyaux de l’architecture islamique, victime d’un immense incendie.

Depuis la création officielle du département, quelles sont les missions déjà accomplies ?

— Nous avons agi au monastère souriane à Wadi Al-Natroun, où nous avons restauré les murs fissurés, subissant l’humidité et la salinité des lieux. Nous avons également recons­truit la coupole du monastère. Notre équipe travaille en ce moment à la réhabilitation des réseaux électrique et sanitaire. Nous avons aussi fait une évaluation des dangers qui menacent le Musée copte, comme l’eau de pluie, et avons modifié les planches qui recouvraient le patio où se trouvent les colonnes et des chapi­teaux de pierre. Nous sommes égale­ment intervenus au Musée égyptien, où nous avons restauré le sistrum coloré du plafond. Les tombes des bâtisseurs des pyramides, construites de brique crue, ont aussi été consoli­dées et recouvertes d’un film protec­teur.

— Quels sont les sites priori­taires ? et pourquoi ?

— La ville cosmopolite d’Alexan­drie, la Côte-Nord et Wadi Al-Natroun sont nos trois priorités actuelles. Les deux premières sont exposées à l’humidité et aux effets de la Méditerranée qui fragilisent les monuments. Nous avons déjà entamé une carte d’évaluation des risques pour les sites archéologiques alexan­drins, y compris les musées. En réa­lisant cette carte, nous avons décou­vert l’état déplorable de plusieurs sites importants. La même chose s’est produite pour les sites de Wadi Al-Natroun qui ont besoin d’un réa­ménagement global afin de lutter contre les prochaines pluies torren­tielles. Un énorme travail nous attend et le département a besoin de moyens, d’outils et d’un dépôt pour accomplir cet énorme travail.

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