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Une nouvelle chance pour Abou-Mina

Nasma Réda, Lundi, 25 juillet 2016

Le site archéologique d’Abou-Mina à Alexandrie a été maintenu sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Une nouvelle chance pour Abou-Mina
(Photo : Unesco)

Cela fait 15 ans que le site d’Abou-Mina est en péril. Cette ville sainte chrétienne située à Alexandrie a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1979 et figure sur la liste en péril depuis 2001. Elle était le sujet des discussions du Comité de l’Unesco lors de sa dernière session en Turquie. Le comité a décidé de maintenir Abou-Mina sur la liste des sites en péril. Après avoir examiné le document présenté par le ministère égyptien des Antiquités, le Comité de l’Unesco a exprimé à nouveau sa préoccupation au vu de l’état de conservation du site archéologique, notant alors que l’Egypte doit prendre des mesures pour protéger le site et le conserver. « Le ministère s’est chargé il y a quelques mois d’étudier l’état de la ville sainte et de ses alentours », explique Khaled Al-Anani, ministre des Antiquités. Selon lui, il y a un projet entamé en 2010 pour le drainage de la nappe phréatique qui couvre une large partie du site, mais qui a du être interrompu il y a quelques années en raison des problèmes de maintenance des équipements de pompage et un manque de ressources financières. Le chef du secteur des projets, Waad Abdel-Al, a souligné que le comité chargé des études des projets présentés au ministère s’est engagé à confier à une entreprise privée la responsabilité des travaux d’abaissement du niveau de l’eau souterraine qui menace le site. « L’entreprise en question entamera dans quelques semaines les travaux avec un coût de 3 millions de L.E. Le contrat prévoit une assurance d’un an pour les équipements de pompage », précise-t-il. Le ministère des Antiquités devra également se charger de maintenir de façon régulière les pompes avec un budget de 900 000 L.E. par an. Il est à noter que le niveau de la nappe phréatique s’est élevé d’une façon remarquable après la panne des pompes de drainage, surtout au cours de l’année dernière. Ce qui a provoqué l’inondation de la tombe du martyr Ménas d’Alexandrie, mort en 296. « Tout cela a eu des répercussions sur les structures de la tombe, ainsi que sur plusieurs édifices, aussi bien en surface que souterrains, de la vieille ville », a ajouté Abdel-Al.

C’est la raison pour laquelle le nouveau projet présenté par le comité au ministère ainsi que par le gouvernorat d’Alexandrie, en coopération avec les responsables du monastère d’Abou-Mina, a tenté de présenter des solutions pour isoler ce site archéologique après le drainage de l’eau souterraine. Il a également mis en avant un projet prioritaire de restauration et de conservation du chantier et de sa basilique. Plus encore, un nouveau musée regroupant les monuments résultant des fouilles archéologiques commencées depuis 1900 devrait prochainement voir le jour. Sur le terrain, la construction d’un centre d’accueil pour les visiteurs a d’ores et déjà commencé.

C’est ce rapport, qui inclut tous ces projets de restauration, de conservation ou de réhabilitation du site, que l’Egypte a présenté au Comité du patrimoine de l’Unesco. Ce dernier a estimé qu’il faut maintenant les mettre en oeuvre. « On doit accélérer les étapes pour pouvoir exécuter le travail et régler tous les points recommandés par le Centre du patrimoine mondial, car notre prochain rapport doit être présenté d’ici le 1er février 2017 afin de l’examiner lors de la 41e session », souligne Waad Abdel-Al. « Le site enregistré sous le numéro 90 à l’Unesco retournera ensuite sur la liste du patrimoine mondial », conclut-il.

La vieille ville historique

Les vestiges du monastère de Saint-Ménas, situé à environ 50 km au sud-ouest d’Alexandrie, comptent parmi les sites historiques les plus importants en Egypte. Ce site est devenu un lieu de pèlerinage pour les chrétiens suite à des actes antichrétiens de l’Empire romain envers saint Ménas qui fut torturé et décapité. La ville a conservé son église, son baptistère, ses basiliques, ses édifices publics, ses monastères et ses ateliers qui datent des premiers temps du christianisme. Selon la légende, le monastère, bâti au IIIe siècle à la mémoire de saint Ménas, cacherait les restes du saint. Vu les dangers menaçant le site, il restera fermé au public jusqu’au jour où tous les travaux seront achevés.

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