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Tombe de Toutankhamon : Le mystère bientôt élucidé

Rana Gohar, Lundi, 04 avril 2016

La tombe de Toutankhamon a été scannée pour la seconde fois cette semaine par une équipe d'experts américains. Les résultats seront annoncés le 8 mai.

Tombe de Toutankhamon : Le mystère bientôt élucidé
Les experts américains avec le ministre des Antiquités lors du scan de la tombe de Toutankhamon.

Le mystère de la tombe de Toutankhamon préoccupe les égyptologues, alors que le jeune pharaon allongé dans sa vitrine royale scrute en silence ce qui se passe autour de lui de l’autre bout de la salle. Les habitants de la Vallée des rois ont vécu une nuit pas comme les autres jeudi passé. Le nouveau ministre des Antiquités, Khaled Al-Anani, était présent sur les lieux en compagnie de l’ex-ministre Mamdouh Al-Damati qui a exprimé sa joie parce que « le périple qu’il avait commencé continue sous le nouveau ministre ».

Il y avait égale­ment des journalistes, des camera­men, et des reporters de chaînes télé­visées du monde entier devant les portes du tombeau de Toutankhamon attendant les résultats du second scan pour vérifier la théorie de l’égyptolo­gue britannique Nicolas Reeves qui espère toujours trouver la sépulture de Nefertiti. Une équipe américaine travaillant pour le National Geographic a effectué des travaux de scanning à l’intérieur de la tombe après les heures de visite de la région de la Vallée des rois du jeudi soir au vendredi matin. Les premiers indices du scan effectué par radar portent à croire qu’il y a encore beaucoup à déchiffrer à l’intérieur de la tombe royale. Eric Berkenpas, l’ingénieur qui a effectué les travaux de scanning, a déclaré que « les résultats des tra­vaux finaux seront annoncés dans le délai d’une semaine ». Selon Berkenpas, plus de 40 scans ont été effectués par l’intermédiaire d’un radar relié à deux antennes, l’une d’une fréquence de 400 mégahertz et l’autre de 900. Et d’ajouter que deux experts s’attellent actuellement à ana­lyser aux Etats-Unis les informations et les lectures enregistrées.

Un projet scientifique

Mais on remarque cette fois qu’il y a une sorte de réserve de la part de tous ceux qui assistaient à l’événe­ment. Et personne n’a soufflé le nom de Nefertiti pendant les discussions. Même le ministre des Antiquités a tenu à plusieurs reprises à annoncer que pour lui, il s’agit « purement d’un projet scientifique qui a besoin d’être soumis à des recherches et des études plus approfondies ». Il a annoncé : « Nous ne cherchons pas des chambres fermées (comme pour faire allusion à la théorie de Nicolas Reeves), mais nous expérimentons une théorie scientifique », ajoutant que d’autres scans seront effectués à la mi-avril pour s’assurer des résul­tats, mais cette fois de façon verti­cale au-dessus de la tombe alors que les deux fois précédentes le scan avait été effectué de façon horizon­tale sur les parois internes de la tombe. Il a ajouté que des discus­sions auront lieu sur les résultats des scans qui seront dévoilés le 8 mai prochain au cours d’une rencontre organisée par le Grand Musée du Caire autour de Toutankhamon. La rencontre réunira un grand nombre d’égyptologues intéressés par le jeune pharaon. Les membres du comité scientifique formé par le ministre des Antiquités pour super­viser les travaux de fouilles à l’inté­rieur de la tombe expliqueront aux médias toutes les mesures prises depuis le début des travaux, et une discussion ouverte sera engagée à laquelle seront invités les chercheurs égyptiens et étrangers. Pour ce qui est de l’égyptologue Nicolas Reeves qui était à l’origine de la théorie de la présence du tombeau de Nefertiti à l’intérieur d’une chambre secrète, il a cette fois gardé le silence, tout en attendant les résultats du scan pour prouver la justesse de sa théo­rie. Quant au Dr Mamdouh Al-Damati, ex-ministre des Antiquités et l’un des plus enthou­siasmés par l’idée de la présence d’un secret derrière les murs du tom­beau, il a déclaré que les indices préliminaires du scan ne contredi­saient en rien les résultats de celui effectué en novembre dernier. Mais les résultats doivent être soumis à davantage d’analyses. « Nous atten­dons les résultats finaux avant d’ef­fectuer tout nouveau pas ».

11 heures de travail

L’équipe américaine a travaillé pendant 11 heures d’affiliée à l’inté­rieur du tombeau. Le Dr Yasser Al-Chayeb, professeur de méca­nique des roches à l’Université du Caire, a déclaré que la recherche à l’intérieur du tombeau ne peut accepter une erreur. C’est pourquoi différents radars sont employés pour les scans afin de prouver ou nier la présence de chambres ou d’espaces derrière les murs nord ou ouest du tombeau. Il a ajouté que l’appareil utilisé pour le scan vertical à la mi-avril est hyper-sophistiqué et peut détecter jusqu’à 40 mètres de pro­fondeur. En ce qui concerne le conte­nu du rapport de l’expert japonais qui a scanné des murs du tombeau en novembre dernier, et selon lequel des matières organiques et métal­liques existeraient derrière le mur, Dr Al-Chayeb a déclaré qu’il n’était pas convaincu de la capacité d’un radar à détecter la présence de telles matières derrière un mur et qu’il ne savait pas quelle était la base scienti­fique dont s’est servi Hirokazu Watanabe pour avancer ses résultats. Selon Al-Chayeb, si l’expérience du recours au radar réussit, un scan pourra être effectué sur toute la Vallée des rois quitte à réaliser de nouvelles découvertes et dévoiler de nombreux secrets cachés dans cet endroit.

Dr Abbas Mohamad Abbas, pro­fesseur à l’Institut national des recherches astrologiques et géophy­siques et membre de l’équipe égyp­tienne de travail, s’estime satisfait des résultats préliminaires des scans effectués à l’intérieur du tombeau. Et cela en raison de l’appareil employé qui est très sophistiqué. Ce qui veut dire que les résultats sont rassurants puisque les scans ont été effectués de façon correcte ; l’ingénieur améri­cain a pris en considération la nature du sol dans la Vallée des rois, ainsi que la nature des roches. Abbas, pour sa part, n’a pas manqué d’ex­primer plusieurs réserves en ce qui concerne les résultats des scans de l’expert japonais parce qu’il ne dis­pose pas d’assez d’informations sur le radar japonais et sa composition. De plus, les résultats sont codifiés et ne peuvent être analysés qu’à travers l’appareil même.

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