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Alain Zivie : Je suis fier de Maïa

Nasma Réda, Mardi, 29 décembre 2015

Pour l'archéologue français Alain Zivie, l'ouverture de la tombe de Maïa, qu'il a lui-même découverte en 1996, est un grand événement. Sa mission doit effectuer de nouveaux travaux à Memphis pour dévoiler les secrets du Nouvel Empire.

Alain Zivie
Alain Zivie, l'archéologue français.

Al-Ahram Hebdo : Vingt ans après la découverte de la tombe de Maïa, celle-ci sera enfin ouverte au public. Comment trouvez-vous cette décision ?

Alain Zivie : Je suis très fier de la décision des autorités égyptiennes d’ouvrir la tombe de Maïa au grand public. Fier, non pas pour une gloire personnelle, mais plutôt pour Maïa. Car lorsque nous avons découvert la tombe en 1996, il y avait trop d’ambiguïtés autour de cette personne, mais aujourd’hui, l’image est beaucoup plus claire. A présent, la tombe est ouverte au public, mais elle ne peut pas recevoir plus de quatre ou cinq personnes à la fois. Il y a tout le temps des gens qui viennent pour visiter le site, que ce soit des professionnels ou des amateurs passionnés de l’épisode amarnien et du règne de Toutankhamon.

— Pendant vos travaux de fouilles, avez-vous trouvé d’autres momies que celles des chats ?

— En 2001, lors des travaux de nettoyage et de soulèvement des momies de chats, qui se trouvaient en abondance, nous avons trouvé le squelette d’un lion. C’est le premier squelette complet trouvé dans une tombe antique. C’est l’un des joyaux de cette tombe de Maïa.

— Les lois appliquées aux missions étrangères opérant en Egypte exigent que celles-ci publient leurs travaux. Où en êtes-vous ?

— J’ai publié un ouvrage scientifique intitulé « La Tombe de Maïa, mère nourricière du roi Toutankhamon et grande du harem ». L’ouvrage, qui décrit bien l’intérieur de la tombe, fait 220 pages colorées avec plus d’une centaine d’illustrations, plans, dessins et photos. J’ai donné dans ce livre mon avis sur les inscriptions incomplètes. Cet ouvrage fait partie d’une série de livres intitulée Les Tombes du Bubasteion à Saqqara.

— Le travail dans la tombe a donc pris fin ?

— Concernant la tombe de Maïa, c’est fini. Mon travail d’archéologue à l’intérieur de la tombe est terminé. Mais il reste les études archéologiques qui ne finissent jamais.

— Que représente Maïa pour vous ?

— Maïa est un personnage historique, une « grande dame » qui jouit non seulement d’une féminité évidente et d’un charme sensuel, mais du respect de son entourage aussi. Cela se voit clairement sur les murs de la tombe. J’ai fait une étude minutieuse des décors et des inscriptions. J’ai essayé aussi de m’approcher de la personnalité même de Maïa afin de connaître son identité.

— Quelles seront les prochaines étapes pour votre mission ?

— La mission française va fouiller encore d’autres tombes toujours dans la falaise. Je crois qu’il y a encore beaucoup à découvrir.

Alain Zivie en quelques lignes

Alain Zivie est président et fondateur de l’Association Hypogées créée à Paris en 1999 et dont l’objectif est de soutenir, développer et faire connaître les recherches scientifiques. L’archéologue français a d’abord travaillé, à la fin des années 1970, avec la Mission archéologique française de Saqqara, avant de fonder en 1986, avec le ministère des Affaires étrangères, la Mission archéologique française du Bubasteion, dont il dirige les travaux à Saqqara. Depuis 2001, il est vice-président de la Société française d’égyptologie. Il a fait d’exceptionnelles découvertes à Saqqara. Zivie est l’auteur de très nombreuses publications scientifiques, dont La Tombe de Pached à Deir Al-Madina, Découverte à Saqqarah, Le Vizir oublié, Les Tombeaux retrouvés de Saqqarah et Lost Tombs of Saqqara. En plus de deux ouvrages récents : La tombe de Maïa et La tombe de Thoutmes (le peintre qui a sculpté le buste de Néfertiti, et qui côtoie la tombe de Maïa).

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