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Les villes historiques du Yémen essuient des bombes

Nasma Réda, Mardi, 26 mai 2015

Les raids de la coalition arabe ont touché la vieille ville de Sanaa. L'Unesco appelle à maintenir la protection du patrimoine au-dessus du conflit.

Les villes historiques du Yémen essuient des bombes

La semaine dernière, la vieille ville de la capitale yéménite, Sanaa, classée sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, a été ciblée de bombardements mas­sifs. Des voix se sont élevées pour arrêter immé­diatement toutes sortes de destructions du patri­moine culturel au monde arabe. En fait, ces attaques ont causé de « sérieux dégâts », ce qui a suscité l’angoisse de tous les spécialistes concernés par le patrimoine. Ces derniers refu­sent de rester « les bras croisés » devant les menaces auxquelles sont exposés les sites antiques en Iraq, en Syrie et maintenant au Yémen, s’indigne le co-secrétaire général koweïtien des musées et des antiquités, Chéhab Abdel-Hamed.

Pour sa part, l’Unesco a appelé toutes les parties au Yémen et dans le monde arabe à protéger le patrimoine culturel de ce pays. L’organisation a fermement condamné les frappes aériennes qui ont visé des zones densé­ment peuplées à Sanaa et à Saada et qui ont causé la destruction de sites historiques. « J’appelle toutes les parties à tenir le patri­moine culturel hors de portée des conflits », a déclaré Irina Bokova, directrice de l’Unesco, s’appuyant sur l’idée que ce patrimoine est dépositaire de l’identité, de l’histoire et de la mémoire de la population yéménite et repré­sente un témoignage exceptionnel de la gran­deur de la civilisation islamique.

La vieille ville de Sanaa a été massivement bombardée, ce qui a sérieusement endommagé de nombreux édifices historiques, notamment le site archéologique de la ville fortifiée préis­lamique de Baraqish. « Ce n’est pas logique que le monde reste impuissant face à la des­truction des monuments et à l’Histoire qu’on efface. En tant qu’archéologues ou respon­sables, on doit réagir autrement que par des condamnations et regrets. Notre histoire arabe et islamique est menacée », lance le ministre iraqien du Tourisme et des Antiquités, Adel Fadh Al-Chirchab.

« Indépendamment du contexte politique, les jeunes, ainsi que tous les citoyens yéménites, doivent protéger leur histoire », appelle Mohamad Al-Kahlawi, secrétaire général de l’Union des archéologues arabes. Un appel que partage la patronne de l’Unesco.

Sanaa, témoin de la civilisation islamique

Edifiée depuis plus de 2 500 ans dans une vallée de montagne à 2 200 m d’altitude, Sanaa est devenue aux VIIe et VIIIe siècles un important centre de propagation de l’islam. Son patrimoine est riche de 103 mosquées, 12 hammams et les 6 500 mai­sons qui datent tous d’avant le XIe siècle. Les maisons-tours aux nombreux étages et les maisons anciennes ajoutent encore à la beauté du site. La vieille ville de Sanaa a fait l’objet d’une grande campagne de restaura­tion lancée par l’Unesco à la fin des années 1980 et au début des années 1990, grâce aux contributions de plusieurs pays.

Le Yémen compte deux autres sites ins­crits depuis l’an 2000 sur la liste du patri­moine mondial : l’ancienne ville de Shibam et son mur d’enceinte (1982) et la ville historique de Zabid (1993).

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