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Archives nationales version numérique

Nasma Réda, Mardi, 19 mai 2015

Un bâtiment supplémentaire des Archives nationales a été inauguré cette semaine dans le Vieux-Caire par cheikh Sultan bin Mohamad Al-Qassim, émir de Sharjah aux Emirats arabes unis. Il témoigne d’un pas en avant dans la numérisation des documents anciens.

Archives nationales version numérique

Situé à Fostat, dans le Vieux-Caire, non loin du Musée de la civilisation, le tout nouvel édifice des Archives nationales égyptiennes vient s’ajouter à Dar Al-Kotob (Bibliothèque nationale d’Egypte), qui regroupe les archives nationales et les collections de la Bibliothèque nationale. En fait, les Archives nationales de Fostat ne remplaceront pas Dar Al-Kotob, elles la complètent, vu le nombre important de documents des institutions étatiques.

La superficie totale du site est de 10 000 m2, dont 5 000 donnés par le gouvernorat du Caire, et qui seront consacrés entièrement au stockage des archives. Ces archives sont les témoins de la culture, de l’identité et du patrimoine du pays. Cet édifice imposant devrait attirer des chercheurs de tous les pays. Les Archives nationales égyptiennes comptent parmi les plus importantes au monde avec celles de France, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de Turquie. « La mise en place d’un tel bâtiment répond à deux missions essentielles. La première consiste à conserver et à protéger les documents contre la négligence en les plaçant dans un environnement sain. La deuxième est de rendre les archives accessibles aux chercheurs », note Saber Arab, ex-ministre de la Culture.

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Le montant du projet, qui s’élève à près de 100 millions de L.E., est un don du cheikh Sultan bin Mohamad Al-Qassim, émir de Sharjah aux Emirats arabes unis, qui a aussi offert aux archives près de 7 700 livres. « L’incendie de l’Institut d’Egypte m’a fondu le coeur, c’était un trésor inestimable. J’ai essayé de compenser une partie de cette perte pour l’Egypte », a-t-il dit dans son mot, lors de l’inauguration du bâtiment des archives nationales.

Le bâtiment comporte cinq étages. Les trois derniers niveaux sont consacrés aux dépôts d’archives, comme d’ailleurs partout dans le monde dans ce genre d’établissement. Les deux premiers niveaux comprennent une salle de recherche pour accéder aux cartes et aux documents électroniques. Elle est dotée de 200 sièges, de salles de lecture, d’un petit musée, d’une librairie, d’une salle pour les publications gouvernementales, d’un centre de restauration et d’une cafétéria.

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Quant aux archives, elles sont entrées dans une nouvelle phase : celle du numérique avec des écrans tactiles. Parchemins, cartes, images et fichiers numériques, archives sur microfilms, autant de documents qui retracent l’histoire du pays. Un système d’alarme et de lutte contre les incendies a été mis en place. La climatisation centrale est gérée par des systèmes électroniques, afin de contrôler la température et l’humidité. Pour ce qui est de la sécurité, personne ne peut accéder aux archives papier, hormis le personnel. Tout est conçu de manière à ce qu’il n’y ait pas de négligence ou de vol. Les risques de fuites d’eau sont aussi réduits.

Des documents des XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que de la première moitié du XXe siècle y abondent ; tout chercheur souhaitant effectuer une recherche sur le Moyen-Orient y trouvera sans l’ombre d’un doute des documents uniques. Pourtant, « à partir de la seconde moitié du XXe siècle, les documents font défaut. Les institutions ne nous fournissent pas les fonds d’archives qui ont dépassé les quinze ans et qui doivent faire partie des archives nationales », regrette le ministre de la Culture, Abdel-Wahed Al-Nabawi, qui occupait le poste de directeur de l’Administration centrale des archives nationales.

Deux options

En 2003, l’idée était de choisir entre deux options : la construction d’un nouveau bâtiment d’archives ou la restauration de celui qui existait déjà. « La balance a penché en faveur de la deuxième option en raison de la saturation de Dar Al-Kotob. Mais vers 2030, on aura besoin d’un autre édifice pour faire face à l’accroissement des documents », déclare Al-Nabawi.

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Le bâtiment peut abriter 60 millions de documents pour une capacité de 30 kilomètres linéaires. Il est prévu le transfert de documents de Dar Al-Kotob vers le nouveau site, en plus de 8 600 documents provenant de divers organes administratifs.

« En vue de mettre au point un système adéquat pour la gestion des archives, nous avons fait une étude sur les Archives nationales de France, de Grande-Bretagne, d’Espagne, de Hollande, d’Italie et des Etats-Unis. Et enfin nous avons construit notre bâtiment à nous en apportant notre touche personnelle », renchérit Al-Nabawi. Partant d’une idée selon laquelle une nation sans histoire est une nation sans repères, les archives, facteur mesurant le progrès de l’Etat, sont les reflets des aspects de la vie politique, économique, mais aussi culturelle et identitaire.

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