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Le prix PEN décerné à Naji

Lundi, 04 avril 2016

Ahmad Naji, condamné récemment à deux ans de prison pour avoir « détruit les valeurs sociales » dans son roman intitulé Istékhdam Al-Hayah (l’usage de la vie), vient de recevoir le prix PEN.

Le prix PEN décerné à Naji

L’Organisme de littérature et des droits de l’homme a toujours décerné son prix de la liberté d’écrire aux écrivains derrière les barreaux, de l’Arabie saoudite à Cuba. Fondé en 1987, le prix est dédié aux écrivains « qui ont lutté courageusement face aux adversaires pour le droit à la liberté d’expression ». « Le cas Naji est emblématique en ce qui concerne la montée de la répression de la liberté artistique en Egypte et du mépris flagrant des protections constitutionnelles au détriment des riches traditions culturelles du pays », a déclaré la directrice exécutive de PEN, America Suzanne Nossel, à l’Associated Press la semaine dernière. « Le PEN souhaite que ce prix incitera les écrivains, les lecteurs, les avocats et le monde des leaders à pratiquer une pression sur l’Egypte afin de libérer immédiatement Naji et de cesser de traiter la créativité comme un crime ».

L’emprisonnement du jeune écrivain égyptien (30 ans) en février pour « outrage à la pudeur » fait suite à la publication dans une revue littéraire d’un chapitre de son roman L’Usage de la vie contenant des scènes d’amour explicites, et référant à l’usage des drogues. La plainte contre Naji remonte à 2014 lorsqu’un lecteur du chapitre du roman publié dans la revue littéraire Akhbar Al-Adab avait déclaré que les scènes sexuelles explicites ont provoqué chez lui une baisse de tension et des palpitations cardiaques, ce qui l’a incité à porter plainte. La justice se saisit de l’affaire, un tribunal de première instance acquitte l’écrivain, mais le Parquet fait appel et le 20 février Naji est finalement condamné à deux ans de prison ferme pour « atteinte à la pudeur ». Cette affaire a suscité une vague d’indignation dans la presse et sur les réseaux sociaux, et de nombreuses revues et des sites électroniques ont annoncé leur soutien inconditionné à Naji. La revue Akhbar Al-Adab affiche une dédicace dans ses numéros hebdomadaires en soulignant sous la photo du jeune écrivain : « Tous nos numéros sont dédiés à Naji jusqu’à sa sortie de prison ». De même, la revue libanaise en ligne Al-Modon a choisi la photo de Naji comme profil sur sa page Facebook avec les fameux hashtags #Ahmed_Naji et #Contre_l’emprisonnement_de la fiction.

Le PEN honorera Naji le 16 mai lors de sa cérémonie annuelle à Manhattan (New York). La porte-parole de PEN, Sarah Edkins, a dit à l’AP que la personne qui recevra le prix à la place de Naji n’est pas encore déterminée.

Parmi les autres prix annoncés par le PEN : J.K. Rowling pour avoir inspiré les enfants et les invité à la lecture, Dr Mona Hanna-Attisha et Lee Anne Walters pour leurs efforts en exposant la contamination par le plomb dans l’eau à Flint, Michigan. Le PEN mentionne également Michael Pietsch, PDG du groupe de livres Hachette, pour sa lutte contre la censure.

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