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D’autres formes de contes

May Sélim, Lundi, 16 mars 2015

La 5e édition du festival Hakawy (contes) des arts pour les enfants a tenu ses promesses. Dans un style renouvelé, il parvient à aller à la rencontre des plus jeunes et à les faire interagir

D’autres formes de contes
Tetris, Hollande. (Photo: Bassam Al-Zoghby)

La semaine dernière, le centre Hanaguer connaissait une ambiance festive, vive et agitée à l’occasion de la 5e édition du festival Hakawy (contes) des arts pour les enfants. Avec 5 spectacles et de nombreuses activités, le festival a réussi à attirer un public ciblé.

Stimuler l’imagination des enfants et les faire interagir étaient l’objectif de cette 5e édition. Le festival vise, en effet, à faire découvrir les arts de la performance aux plus petits.

Il n’est pas question de raconter des contes comme le suggère le nom du festival. Cette édition 2015 a misé plutôt sur l’expression chorégraphique. Sans les mots et par la danse, on peut aussi tout raconter.

La troupe hollandaise Arch 8 a débuté son spectacle Tetris par un petit show devant le centre Hanaguer, en plein air. Les enfants dansent, jouent avec leurs corps en fonction de l’espace et l’entourage, et jouent avec les enfants. La troupe leur tend les mains, les attirant vers l’intérieur de la galerie pour les amener dans un monde chorégraphique différent.

S’inspirant de la faune et de la flore, les danseurs-interprètes forment, avec leurs corps, des créatures animales. Les mimiques des singes, le glissement des reptiles, la lenteur des vers : des formes complexes et souples exécutées avec précision.

Mais parfois, les machines prennent le dessus. Les danseurs se livrent à mouvements robotiques dans une gestuelle saccadée. Le spectacle devient un rapport à la fois de rivalité et de complémentarité entre les danseurs.

A leur tour, les enfants dansent quelques instants, élancent leurs corps et imitent les scènes du spectacle.

D’autres formes de contes
Tiger Tale, Grande-Bretagne. (Photo: Bassam Al-Zoghby)

Tiger Tale et tabous
Le Barrowland, ballet de d’Angleterre, a, lui, donné une nouvelle version chorégraphique du fameux conte Tiger Tale. Le spectacle était une surprise. Dans un plateau rectangulaire en forme de cage, des cordes et des seaux forment une scénographie riche en détails. L’espace scénique cadre les trois membres d’une même famille qui mènent une vie stricte et routinière.

La danse et les mouvements répétitifs expriment un quotidien lassant. L’intervention d’un tigre vient tout changer. Le danseur en costume orange danse entre les enfants, leur jetant de temps à autre des mandarines. Il importe un certain chaos dans la vie quotidienne de la famille, semant une odeur fraîche de fruits et des couleurs gaies. Une fois le spectacle est terminé, les danseurs ont appelé les enfants à les rejoindre sur scène.

Les clowns dans In Tents (Etats-Unis) et le solo interprète Fred Teppe dans Tuiles (France) s’adressent aussi directement aux enfants et déclenchent des éclats de rire. Les bouffonneries dans le premier et les jeux de jonglerie burlesque dans le deuxième misaient aussi sur l’interaction du public.

Par ailleurs, pour la première fois, l’AFCA, en collaboration avec Bussy Projet et l’ambassade hollandaise au Caire, produisait un spectacle pour des adolescents de 13 à 15 ans : Khomsomiyat (des 500).

« Ce qui m’intéresse dans ce spectacle c’est le processus de création, explique Mohamad Al-Ghawy, directeur du festival, tenu en collaboration avec l’association AFCA. La metteure en scène Sondos Shabayek a tenu plusieurs ateliers de travail dans des écoles pour toucher de près les problèmes des adolescents. A travers leurs propres histoires, le spectacle révèle ouvertement leurs problèmes et leurs appréhensions ».

En résulte un spectacle presque choquant, brisant les tabous d’un public particulier.

Le festival Hakawy tient son pari de dépasser les contes de fées et la narration traditionnelle pour des formes plus contemporaines touchantes et intimes. Aujourd’hui, le spectaculaire, le visuel et le social prennent le dessus l

Le festival sera les 18 et 19 mars à la Bibliothèque d’Alexandrie, Chatbi.

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