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Un Megri en cache certainement un autre !

Houda El-Hassan, Mardi, 13 janvier 2015

Le musicien Nasr Megri n’a pas manqué de surprendre agréablement son public, avide de variétés maghrébines. Son dernier album Winek ? (où es-tu ?) vient de sortir. Un succès.

Un Megri en cache certainement un autre !
Nasr Megri reprend les chansons de son père, en autodidacte.

Nasr Megri. Il s’agit ici de la nou­velle coqueluche du public marocain, âgé de 7 à 77 ans. Cela fait des mois que ses affiches publicitaires décorent les grandes artères de Casablanca et de Rabat. Son nom court les rues et les bancs des collèges et lycées. Il fait également parler de lui sur les chaînes de télévision et à la radio. A quelques détails près, ses débuts nous rappellent ceux d’un cer­tain Hassan Megri, ex-membre phare du groupe oujdi des frères Megri, qui n’est autre que son père.

Qui parmi vous se souvient de ce groupe musical aux mélodies douces et entraînantes, à la fois marocaine et frenchy ? Younès, Hassan, Mahmoud et Jalila, qui ont fait le tour du monde avec leurs chansons Lili Touil (ma nuit est infinie) et Dam di dam dam, une chanson rappelant vaguement les douces balades musicales françaises des années 1970 ? Aujourd’hui, le « Megri junior » a décidé de faire renaître les chansons de son père, de ses oncles et de sa tante, en y ajoutant sa touche personnelle, à savoir ses propres compositions, inspirations artistiques et paroles puisées dans son vécu.

Ces derniers temps, les chansons principales de son album Winek ? (où es-tu ?) sont diffusées en boucle par les radios marocaines, dans les centres commerciaux, les cafés, les restaurants et les moyens de transport en commun.

Hymne à la nostalgie

Un album riche en notes et en sensa­tions. C’est le moins que l’on puisse dire du nouveau-né de Megri. Winek ? met en scène un jeune homme qui décide d’aller à la recherche de son premier grand amour qu’il a perdu de vue dans des circonstances inhabi­tuelles, depuis de longues et désas­treuses années. Poétique, sentimentale, gaie, entraînante et très rythmée, la chanson concilie, avec brio, mélodies gypsy, raï et salsa. Maxour Lejnah (les ailes brisées), elle, décrit le quotidien d’une jeune âme vagabonde sans armes et sans issue. Déboussolée, pen­sive mais véhémente, cette personne décide de se remettre en question pour aller au-delà de ses peines.

Les autres chansons de l’album s’inscrivent dans ce même élan, à savoir celui des scènes vécues, déjà vues, mille fois chantées, mais qui réussissent à créer une sensation agréable chez l’auditeur. Sans aucun doute, cet album, sorti tout récemment, est fait pour cartonner durant l’été pro­chain, mais il commence déjà à faire vibrer les festivaliers marocains.

« Travailler en collaboration avec mon père. Quoi de plus avantageux pour ma carrière ? », témoigne-t-il, avant d’avouer qu’il ne sait plus com­ment prendre cette question que lui pose un journaliste sur deux : « Je ne me prends pas pour un autodidacte, j’ai grandi au sein d’une famille d’ar­tistes. Je serais complètement ingrat, si je ne lui reconnaissais aucune assis­tance, mais j’ai du mal à me faire à l’idée selon laquelle j’en tirerais pro­fit … ».

Effectivement, à le voir chanter sur scène au festival des Oudayas (à Rabat) ou à la Villa des Arts de Casablanca, son talent saute aux yeux, plaît à l’âme et gâte les sens. Sa voix est mélodieuse et témoigne de la sensi­bilité de l’artiste confirmé qu’il est et qu’il envisage de rester le plus long­temps possible.

« Je ne fais que commencer. Mes rêves sont innombrables, mais je sais garder les pieds sur terre. J’aspire, sur­tout, à me faire connaître dans mon pays et pourquoi pas ailleurs, mais le plus important à mes yeux c’est de réus­sir à bien représenter la famille Megri, et il s’agit ici d’une responsabilité pour le moins grande. En 2015, j’envisage de me concentrer sur ma tournée maro­caine, mais aussi sur les préparatifs de mon prochain album », nous avoue-t-il, avant de conclure : « Mais mon rêve le plus fou, c’est d’être encore là dans 20, 30 ou 40 ans » .

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