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Il y a toujours une première fois

Névine Lameï, Mardi, 16 décembre 2014

Les plus anciens ateliers d'arts plastiques en Egypte ont vu défiler de grands noms restés inoubliables. D'autres sont tombés dans l'oubli.

Il y a toujours une première fois
Une peinture d'Arturo Zanieri.

La ville d’Alexandrie a connu au fil de son histoire beaucoup plus d’ateliers artistiques que Le Caire. Selon l’ingénieur Hossam Rashwan, collectionneur et chercheur en l’histoire de l’art, le premier atelier de for­mation artistique en Egypte est né à Al-Attarine, un quartier alexandrin mythique. Dirigé par l’artiste italienne Amelia Daforno Casonato, réputée pour ses dessins de fleurs, l’atelier était fréquenté par Mahmoud Saïd (1897-1964), un maître incontestable de la peinture égyptienne. C’est là qu’il a été initié à l’art comme le fait souligner Nesma Attallah, auteure du livre Mahmoud Saïd … Pionnier de l’art égyptien moderne. Ce dernier a également assouvi sa passion pour la peinture en fréquentant, entre 1915 et 1916, l’atelier de l’artiste ita­lien Arturo Zanieri, qui se trouve dans la rue Al-Nabi Daniel, dans le même bâtiment où se trouvait l’atelier du célèbre photographe arménien Alban. Parmi ceux qui ont étudié chez Zanieri, côte à côte avec Mahmoud Saïd, on trouve Ahmad Rassem et Chérif pacha Sabri.

Aux alentours de 1929, les frères Seif et Adham Wanli ont découvert l’art moderne, grâce à l’atelier tenu par un autre peintre italien figuratif et paysagiste, Ottorino Bicchi (1878-1949). Avant, les frères Wanli avaient étudié chez Jules Balint, dans son atelier à la rue Debbana. Puis en 1932, Seif Wanli fut le premier artiste égyptien à fonder un atelier d’initiation aux arts plastiques à Alexandrie.

D’après le livre La Peinture moderne en Egypte d’Aimé Azar (éditions Les Nouvelles, 1961), le peintre et sculpteur slovène Jaro Hilbert (1897-1995) a fondé, en 1928, une première académie libre de beaux-arts. Celle-ci a joué un rôle prépondérant quant au développement de l’art moderne en Egypte. Hilbert a créé également au 42 rue Qasr Al-Nil, vers la fin des années 1950, le premier atelier cairote d’arts plastiques.

Et ce, sans oublier de mentionner le por­traitiste et paysagiste Diran Gabedian (1882-1963), un Egyptien d’origine arménienne, lequel fonda à Choubra un atelier d’art, puis un deuxième à Abdine, à savoir le club Cézanne où il était entouré de ses disciples Abbas Chohdi, Sabri Ragheb et Laïla Ezzat.

Par ailleurs, l’atelier de Hamed Abdallah, dans le quartier de Manial, a vu naître des vétérans de renommée mondiale : Tahia Halim (1919-2003), son épouse, puis Inji Efflaton (1924-1989) dont les peintures font partie de l’histoire des luttes sociales de l’Egypte. « Issue d’une famille aristocra­tique, la mère d’Inji Efflaton, Salha Hanem, a voulu donner à sa fille une formation artis­tique. Montrant à Mahmoud Saïd les dessins de sa fille, il y a éprouvé une grande admi­ration. Vient après la connaissance d’Inji avec Kamel Al-Telmessani qui faisait partie du groupe L’Art et la liberté », témoigne Chirouette Chafeï, collectionneuse et pro­priétaire de la galerie SafarKhan. Selon Les Mémoires d’Inji Efflaton (éditions Al-Saqafa Al-Guédida), c’est de 1942 à 1952 qu’Effla­ton a suivi des cours d’art avec Margot Veillon (1907-2003), dans son atelier-mai­son de Maadi.

Plus tard, dans les années 1970, l’artiste-peintre Samir Fouad a pu s’inscrire aux ate­liers de Ragheb Ayad et Hassan Soliman, deux maîtres incontestés du genre figuratif. Même si ces noms et surtout ces lieux ont aujourd’hui disparu, ils ont marqué l’histoire du pays et celle de la peinture

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