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Réda Al-Wakil : Les lumières de l’Opéra ne doivent jamais s’éteindre

Névine Lameï, Mardi, 08 juillet 2014

L’Opéra du Caire semble revivre. C’est ce qu’affirme son directeur artistique, le basse-baryton Réda Al-Wakil, qui détaille une nouvelle programmation pour les mois à venir. Tonalités mexicaines ou ramadanesques y trouvent une place aux côtés de prestigieux musiciens.

Réda Al-Wakil

Al-ahram hebdo : Le programme estival de l’Opéra signe-t-il le grand retour de cette institution ?

Réda Al-Wakil : Toute une programmation à saveur ramadanesque est présente au théâtre en plein air de l’Opéra du Caire, tout au long du mois de juillet. Plusieurs pays arabes et musulmans y prendront part, avec le soutien de leurs ambassades en Egypte. C’est le cas du Soudan (9 juillet), de l’Indonésie (13 juillet), du Yémen (21 juillet) et de l’Arabie saoudite. Celle-ci participera au festival pour la pre­mière fois, avec notamment le chanteur soufi Mohamad Al-Chérif (22 juillet).

— Le reste de la programmation du mois de juillet semble un peu répétitif, non ?

— Il s’agit simplement de variétés musi­cales, dans le but de répondre à tous les goûts. On invite une large panoplie d’interprètes au style oriental comme Yasser Moawad et son ensemble traditionnel, le chanteur de louanges Mahmoud Al-Tohami, le groupe Charkiyat de Fathi Salama ou la troupe réputée pour ses chants révolutionnaires Eskinderella. Ce ne sont que des exemples d’un menu copieux et très varié, regroupant des stars et des groupes sollicités par le public de l’Opéra.

— Après le Ramadan, le Festival de la Citadelle sera-t-il au rendez-vous, en août ?

— Le Festival musical de la Citadelle, annulé l’été dernier pour des raisons sécuritaires, sera de retour. Sa tenue est prévue du 26 août au 4 sep­tembre, à la Citadelle de Saladin. Il se dote toujours d’une étiquette « populaire » et vise à présenter la musique en dehors des théâtres de l’Opéra, même s’il est géré par celui-ci. C’est un festival qui va jusqu’à ceux qui n’ont pas l’habitude de se rendre à l’Opéra. Nous les invitons à rencontrer leurs chanteurs fétiches, tels Nadia Moustapha (28 août), Mohamad Al-Helw (30 août), Khaled Sélim (29 août), Loay (1er septembre), Ali Al-Haggar (2 septembre), Medhat Saleh (3 septembre), Hakim (4 septembre) ...

— L’Opéra a connu ces derniers temps des moments difficiles à cause des carences budgétaires et des conditions sécuritaires et politiques. Les troupes étrangères s’abste­naient plus ou moins de venir. Cette situa­tion va-t-elle se poursuivre ?

— Ce n’est pas évident pour nous, en tant qu’établissement, de faire venir des troupes étrangères, de les payer en avance afin de les produire sur nos planches et, d’un coup, de supporter les coûts des annula­tions. Ce fut le cas des trois dernières années. Sans comp­ter le manque de sponsors qui souffrent eux aussi de la condi­tion économique précaire.

Mais comme les lumières de l’Opéra ne doivent jamais s’éteindre, nous avons décidé de défier l’instabilité politique. Et nous avons réussi à inviter, dans la grande salle de l’Opéra pour la nouvelle saison 2014-2015, plusieurs troupes étrangères, avec le soutien de la sec­tion des relations extérieures du ministère de la Culture.

En septembre prochain, nous allons accueillir l’Orchestre national de Chine, la troupe folklo­rique Marga d’Uruguay, l’Orchestre sympho­nique de la République tchèque, la troupe Lagoon du Mexique et la troupe nationale de ballet d’Argentine. Le 18 octobre, le violoniste vénézuélien Eddy Marcano sera au rendez-vous. En décembre, ce sera le tour de l’Or­chestre de Munich pour les instruments à cordes. En janvier, le tango argentin. En février, le flamenco de Madrid. En mars, le ballet de Moscou ... Sans oublier la pianiste ukrainienne Anna Shelest, saluée par le New York Times, pour sa « sensibilité ardente et sa touche chaleureuse » ! Son répertoire va du baroque aux compositeurs contemporains.

Par ailleurs, le marionnettiste vénézuélien Mario Calderoni donne, durant la deuxième quinzaine de juillet, à la galerie Salah Taher à l’Opéra, des ateliers pour sculpter des marion­nettes en bois. Deux opéras seront aussi au menu dans une nouvelle mise en scène : Don Giovani en novembre prochain et Al-Trovatore en mai 2015, sous la conduite du maestro ita­lien David Crescenzi .

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