Dimanche, 21 avril 2024
Al-Ahram Hebdo > Arts >

Mama Africa n’est pas un mythe

Houda Belabd, Lundi, 03 février 2014

La Fondation marocaine ONA réserve le début de l’année 2014 à la célébration du richissime patrimoine du continent noir. Elle a, récemment, organisé une exposition intitulée « African Emerging Photography ». Et le reste des événements suivra.

Mama Africa n’est pas un mythe
Le continent noir à l'honneur au Maroc.

La vieille « Mama Africa » doit être fière de sa progéniture marocaine ! Depuis la nuit du nouvel an 2014, concerts aux rythmes afro-gitans et expositions de photographie du continent noir se poursuivent à la Villa des arts de Casablanca et celle de Rabat.

La dernière en date est de loin la plus consistante et la plus prisée par le public. « African Emerging Photography » se veut un sacré rendez-vous avec les fans de la photographie. Cet événement se veut, avant toute chose, une ode au melting-pot panafricain qui regorge de somptuosité et de pluralité. Soucieuse de l’aspect humain et interculturel de l’événement, l’équipe de la Fondation des arts a tout fait pour le mener à bien.

Mais sans l’assistance du ministère de la Culture du Mali, cette célébration ne serait peut-être pas sortie des limbes ! Preuve en est cette belle sélection de douze jeunes photographes présentés lors des dernières éditions des Rencontres de Bamako. Aussi, le pays du bambou ainsi que les « Biennales de Bamako » confirment-ils le rôle joué par la Villa de la Fondation dans la découverte et la reconnaissance de la photographie africaine.

« Nous donnons la mesure de l’effervescence et du renouveau permanent de la scène photographique africaine, avec notamment l’émergence d’une nouvelle génération qui invente ses propres codes expressifs pour raconter, interpréter et essayer de transformer le monde », indique Nawal Zerrouki Saada, responsable de communication à la Fondation ONA.

Dynamisme et grâce sont les maîtres mots de cette exposition, à en croire la magnificence de ses paysages romanesques dignes d’un interminable voyage dans l’espace et dans le temps. « Il faudrait aussi savoir que la nouvelle génération des photographes africains subsahariens est caractérisée par une bonne dose de créativité. De même, à l’ère des réseaux sociaux, la concurrence entre photographes du monde se fait de plus en plus dure », ajoute Zerrouki Saada.

De ce fait, Abdoulaye Barry (Tchad), Mohamed Camara (Mali), Nestor Da (Burkina Faso), Fatoumata Diabate (Mali), Husain et Hasan Essop (Afrique du Sud), Baudouin Mouanda (Congo Brazzaville), ainsi que tant d’autres ont brillé de mille feux lors de cette exposition collective itinérante qui sillonnera bientôt les villes du nord du Maroc, à commencer par Tanger.

La variété des sujets et des langages choisis par les artistes révèle leur engagement et la recherche de nouvelles formes artistiques. Ce beau panorama propose de découvrir les tendances et la richesse de la photographie contemporaine africaine dans un langage à la fois incisif et poétique.

En outre, l’exposition « African Emerging Photography » se poursuivra jusqu’au 29 mars à la Villa des arts de Rabat, jusqu’au 29 mai à la Villa des arts de Casablanca et jusqu’au 28 juin à la galerie Delacroix de Tanger.

Toujours dans le cadre de la célébration de l’année de l’Afrique, la Fondation ONA organise une série de concerts « Rythmes africains » à la Villa des arts de Casablanca et de Rabat.

Un brin de littérature …

En marge de l’événement, un cycle intitulé « Contes venus d’Afrique », dédié aux amoureux de la littérature africaine d’expression francophone, vient accentuer ce rendez-vous avec la pluralité artistique africaine. « Chacun pose un regard original sur le réel et nous révèle des approches singulières qui vont à contre-courant des imaginaires figés », souligne-t-on dans le communiqué de presse. Le cycle, qui a commencé le mercredi 29 janvier, est animé par le duo sénégalais Babacar Boye et Yahya Diebate. Toujours pour célébrer l’Afrique, un panel de films africains sera projeté, parmi lesquels il y a lieu de nommer La Pirogue de Moussa Touré, L’Absence de Mama Keita, Au nom du Christ de Roger Gnoan M’Bala et Yeelen (signifiant lumière en malinké) du réalisateur malien Souleymane Cissé .

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique